Le Gravelot à Collier Interrompu

Nom latin : Charadrius alexandrinus - Non breton : Nouelig pikous - Nom anglais : Kentish plover

 

Comment le reconnaître ?

Le Gravelot à collier interrompu est une espèce de petit limicole côtier de la famille des Charadriidae. Il se distingue des autres espèces de gravelots adultes par son collier sombre, interrompu sur la poitrine, ses pattes et son bec de couleur sombre.

 

Découvrez la carte d'identité du Gravelot à Collier Interrompu sur Oiseaux.net

  

Régime alimentaire

Le gravelot à collier interrompu se nourrit principalement sur la laisse de mer, en haut de plage. Il y capture des invertébrés tels que des vers marins, de petits mollusques et crustacés mais également des coléoptères, diptères et autres insectes ou araignées. La laisse de mer est composée de débris végétaux et de restes animaux échoués en haut de plage lors des pleines mers de vives eaux. Cette « laisse de mort » est aussi une « laisse de vie » active à l’origine des chaînes alimentaires littorales où se développent les proies consommées par le gravelot. De nombreuses autres espèces d’oiseaux viennent se nourrir. 

Source : Communauté d'agglomérations Royan atlantique

 

 

 

  

Où l’observer ?

Les habitats de nidification du gravelot en Bretagne

Comme ailleurs en France et en Europe occidentale, la répartition du gravelot à collier interrompu en Bretagne est essentiellement littorale. Il occupe les côtes basses. On le rencontre essentiellement au niveau des massifs dunaires où il niche sur le haut de plage, au niveau des laisses de mer, sur les cordons de galets, sur le haut des prés-salés et les bancs coquilliers. Il niche aussi localement sur la dune fixée à végétation rase, sur des pelouses aérohalines en haut de falaises maritimes, des marais endigués, des îlots voire dans des cultures arrières littorales au sol sableux.

 

Les sites de nidification en Bretagne

Les principaux sites de nidification en Bretagne sont, du  nord au sud, la baie du Mont Saint-Michel, le sillon de Talbert, le massif dunaire de Keremma, la baie d’Audierne et le Pays bigouden, les plages du sud Finistère de Mousterlin et les dunes de Trévignon, l’archipel des Glénan, le massif dunaire de Gâvre-Quiberon, la presqu’île de Rhuys et les îles du Mor Braz. 

 

La reproduction

Vers le 20 mars : 

  • Retour de migration des gravelots les plus précoces sur les sites de reproduction

De début avril à mi-mai : 

  • Premières pontes : l'incubation dure environ 26 jours (23 à 29 jours)

De mai à juillet : 

  • Les poussins quittent le nid quelques heures après l'éclosion et peuvent s'en éloigner de plusieurs kilomètres. 
  • L'élevage des poussins dure quatre semaines après la reproduction (entre 27 et 31 jours) jusqu'à l'envol. 
  • Les couples en échec effectuent des pontes de remplacement. 

De juin à octobre : 

  • Les regroupements post-nuptiaux précèdent le départ vers les quartiers d'hivernage méridionaux. 

Les individus les plus précoces arrivent en Bretagne vers le 20 mars. L’arrivée des adultes reproducteurs sur les sites de nidification s’échelonnent jusqu’en juin. Les premières pontes sont déposées à partir de la mi-avril. La ponte compte généralement trois œufs (1 à 4). Certains couples arrivent à mener à terme deux couvées au cours de la même saison de reproduction. En cas d’échec, les gravelots peuvent réaliser jusqu’à trois pontes de remplacement. L’incubation des œufs dure environ 26 jours (23 – 29 jours) et est assurée par les deux partenaires. Les poussins sont nidifuges, c’est-à-dire qu’ils quittent le nid quelques heures seulement après l’éclosion, s’éloignant parfois de plusieurs kilomètres de leur lieu de naissance. Les premiers jours ils recherchent chaleur et sécurité auprès des adultes. Ils prennent leur envol après quatre semaines d’élevage, généralement sous la conduite du mâle, tandis que la femelle entame éventuellement une nouvelle couvée, pas forcément avec le même partenaire ni sur le même site.

 

Rassemblements post-nuptiaux, migration, hivernage

Dès la mi-juin des rassemblements postnuptiaux de gravelot à collier interrompus sont observés sur les plages de Bretagne. Les effectifs maximum sont atteints courant septembre avant de décliner jusqu’à fin octobre. Ces regroupements précèdent la migration vers les quartiers d’hivernages situés dans le sud de l’Europe et en Afrique occidentale. Récemment, de plus en plus d’individus restent dans l’ouest de la France toute l’année. Le retour vers les zones de nidification européennes se fera dès le mois de mars et se poursuivra jusqu’en juin pour les individus les plus tardifs.

Cette espèce migratrice est cosmopolite. Son aire de distribution européenne s’étend de la Scandinavie au pays riverains de la Méditerranées et de la mer noire.

 

  

Cris d’alarme et aile cassée : soyez attentif au comportement des gravelots sur la plage !

Écoute le cri

« Tuit… Tuit ». Un gravelot se tient droit devant vous et émet à intervalles réguliers un « tuit » d’alarme, entre deux courbettes nerveuses et un bref envol. Les poussins, encore incapables de voler, réagissent immédiatement à ce signal en prenant les pattes à leur cou puis en se dissimulant dans la laisse de mer. Éloignez-vous au plus vite vers le bas de la plage (sur le sable mouillé).

Si le gravelot mime d’avoir l’aile cassé, c’est qu’il cherche à attirer votre attention vers lui pour vous éloigner de sa couvée et vous attirer à l’opposé de ses poussins. Dans ce cas encore, éloignez-vous sans tarder et en faisant très attention où vous posez les pieds car les poussins, plaqués au sol et immobiles, se confondent à merveille dans la laisse de mer.

  

 [VIDÉO] 

Quel sont les effets du dérangement sur le Gravelot et sa nichée ? 

 [VIDÉO]

3 conseils simples de Bretagne Vivante pour protéger les gravelots ? 

  

  

Comment se portent les populations de gravelots à collier interrompu en Bretagne ? Bilan 2020

 

La Bretagne hébergeait jusqu’au début des années 2010 entre 13 et 17 % de la population nicheuse française (contre 30 % en 1984). À l’échelle régionale, ses effectifs ont diminué de 43 % entre 1984 et 2013 (291 à 165 couples). L'érosion des effectifs nicheurs semble stagner. En effet,  les effectifs de Gravelot à collier interrompu nicheurs s'élève environ 230-235 couples en 2020 sur l'ensemble de le Bretagne (contre 224 en 2019 et 235 en 2018).

Les effectifs hivernants bretons représentent 6,4 % des effectifs nationaux hivernants en 2020.

L’espèce est confrontée à plusieurs menaces :

  • développement sans précédent des activités humaines sur le littoral,
  • prédation de la faune sauvage (corvidés, renard, etc.),
  • auxquels il faut désormais ajouter les changements globaux (réchauffement climatique, montée des eaux, érosion de la frange littorale, etc.).

Toutes ces menaces peuvent compromettre de façon irréparable la réussite d’une nichée et influencer inéluctablement la dynamique de la population. L’étroite bande côtière, dont la surface libre ne cesse de décroître, est le théâtre toute l’année d’une fréquentation humaine en forte augmentation où se côtoient à la belle saison, période de nidification du Gravelot et activités humaines récréatives. L'équilibre nécessaire est parfois difficile à trouver malgré des campagnes de sensibilisation et la récente médiatisation de l'espèce. 

L'action de Bretagne Vivante : conserver, protéger et responsabiliser 

La Bretagne se doit d’assumer une importante responsabilité dans la préservation de cette espèce et de ses habitats à fort intérêt patrimonial. Ainsi, depuis 2011, Bretagne Vivante anime et coordonne des actions avec l'aide de ses partenaires, ayant un objectif  double :

  • Conserver et renforcer la population bretonne de Gravelot à collier interrompu et ses habitats.
  • Responsabiliser les gestionnaires et les collectivités locales et les inciter à devenir autonomes sur la problématique de la conservation des hauts de plages.

Bretagne Vivante et ses partenaires locaux mènent ainsi des actions de suivi des population (comptage individuel des oiseaux adultes ou poussin, recensement des nids et suivi des poussins, baguage d'individus, etc.) mais aussi d'information et de sensibilisation des citoyen.nes afin de mieux partager l'espace avec ces oiseaux rare et menacée. 

  

2020, année particulière ? 

Au printemps 2020, la France a été confinée à domicile du 17 mars au 11 mai. Ce contexte inédit  laissait présager le meilleur pour la saison de reproduction des oiseaux du littoral et notamment les gravelots à collier interrompu. Les espoirs et questionnements étaient nombreux : la période de tranquillité allait-elle être bénéfique pour la reproduction du Gravelot à collier interrompu  ?  L'espèce allait-elle recoloniser des espaces désertés car trop fréquentés ? Dans quelle mesure le respect du confinement, puis des règles du déconfinement, allaient-ils jouer sur la conservation de cette espèce ? Quels seront les impacts de la médiatisation de cette espèce sur le changement de comportement des usagers des plages ? 

Pas réponse unique, mais des situations différentes selon les départements. Le bilan 2020 ci-dessous revient en détail sur le sujet. 

Bilan régional 2020 - Suivi de reproduction du Gravelot à collier interrompu - Bretagne

Ce qui est certain, c'est que l'attention et la prise de conscience des humains que leurs plages préférées étaient aussi le lieu de vie d'autres espèces a été et est toujours bénéfique. Le partage des espaces naturels est indispensable pour protéger certaines espèces menacée comme le Gravelot à collier interrompu. 

Aller plus loin :Comment protéger le Gravelot à collier interrompu ? Guide pratique à l'usages des gestionnaires (mais pas que)