Un projet scientifique mené par un consortium incluant Ifremer, l’IUEM, Esprit Nature et Bretagne Vivante s’est mis en place grâce à des fonds verts en 2025 et 2026 pour étudier la nacre d’Atlantique (Atrina fragilis) sur sa génétique, sa reproduction et son écologie.
D’après nos connaissances actuelles, ce grand mollusque bivalve, autrefois commun, n’existe plus que sous forme de population relictuelle aux Glenan. Son déclin aurait été provoqué par la pêche aux arts trainants (drague et chalut) et potentiellement la pollution provenant de nos bassins versants (Cf dernier Penn Ar Bed). À travers une démarche de science participative, les chercheurs de ce projet sollicitent l’aide du public dont les estranologues de Bretagne Vivante pour signaler des individus afin d’affiner leur distribution géographique. Les objectifs du projet sont les suivants :
Les premiers résultats nous encouragent à nous appuyer sur les signalements de tout à chacun via les sciences participatives en poursuivant des campagnes d’enquêtes de terrain et dépôt des affiches d’information « Avis de recherche » auprès des usagers de la mer et du littoral (Pêcheurs ; plongeurs, pêcheurs à pied de loisir etc.). Ils mettent en lumière que l’espèce semble affectionner les herbiers de zostère et les sables grossiers.
Au niveau des résultats génétiques, le séquençage ciblé réalisé par l’Ifremer en 2025 sur une trentaine d’échantillons montre une très faible diversité génétique (parfois une seule mutation) entre les individus côtiers (Glénan) et ceux de grande profondeur (>100 m, mer Celtique et Golfe de Gascogne). Cela prouve qu’il s’agit d’une seule et unique méta-population d’Atrina fragilis.
A l’issue de cette fin de projet fond vert, on constate que sur les 21 individus vivants côtiers identifiés depuis 2020, 15 proviennent des herbiers de Saint-Nicolas et Drenec aux Glénan (71,4%). La baie de Morlaix constitue le second pôle avec 4 individus vivants (19,0%), suivie par Ouessant et la mer d’Iroise avec 2 individus vivants (9,5%) (Cf Penn Ar Bed n°260). Il conviendrait de comprendre pourquoi la nacre se plait davantage aux Glenan qu’en rade de Brest ?
La dernière plongée faite sur site avec des plongeurs de l’Ifremer en juillet 2026 a également mis en évidence que la prospection à marée basse semble être le meilleur moyen de visualiser la nacre d’Atlantique.
Mais deux années de projet, cela passe vite et nous espérons vivement prolonger l’aventure de la nacre d’atlantique à travers un projet testant des stratégie de restauration en s’appuyant sur les modèles de l’huitre platre.
Abel Zempleni, Ifremer
Les pistes que nous envisageons sont les suivantes :
Article rédigé par Virginie Antoine et Iwein Le Frapper
Photos de : Matthias Huber, ifremer