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L'Hirondelle de fenêtre

Avec l’arrivée de l’été, les façades des maisons bretonnes s’animent d’un ballet familier : l’Hirondelle de fenêtre est de retour. Reconnaissable à son croupion blanc éclatant visible en vol et à son ventre immaculé, elle est la plus urbaine de nos hirondelles, celle que l’on croise au-dessus des rues, des places et des toits, virevoltant entre deux allées et venues au nid. Sa silhouette et sa façon de voler évoquent plus un Martinet noir miniature.

Espèce coloniale et sociable, elle construit ses nids de boue sous les avancées de toits et les corniches, parfois en colonies denses où les nids se touchent et se chevauchent. 

En Bretagne, l’espèce est présente dans les villes et villages de toute la région. Mais ses effectifs ont reculé de 33 % en dix ans à l’échelle nationale, et la tendance bretonne suit la même direction. L’Hirondelle de fenêtre, si familière, est en train de disparaître sous nos yeux.

✍️ Nom scientifique : Delichon urbicum 

📏 Taille : 13–15 cm 

🍏 Régime alimentaire : insectivore 

🏠 Habitat : milieu urbain et périurbain, villages, falaises rocheuses 

🥚 Reproduction : 2 à 3 nichées par saison (3 à 5 œufs), d’avril à septembre ; niche en colonie sur les façades extérieures 

🌿 Statut Liste rouge : LC en Bretagne · NT (Quasi-menacée) en France 

🛡Protection : Espèce intégralement protégée en France

📷 Y. LeBail

 

Une citadine née de la pierre

À l’origine espèce rupestre, l’Hirondelle de fenêtre nichait sous les surplombs des falaises rocheuses, des sites qu’elle occupe encore localement en Bretagne, notamment sur le littoral. Mais depuis des siècles, elle a fait des bâtiments humains son habitat de prédilection : avant-toits, corniches, embrasures de fenêtres, ponts. Contrairement à l’Hirondelle rustique qui s’installe à l’intérieur des granges et étables, elle a besoin d’un accès direct au milieu aérien et niche toujours à l’extérieur.

Son nid, maçonné par les deux adultes avec des boulettes de boue mélangées à de la salive, forme un demi-hémisphère fermé dont l’entrée est ménagée dans la partie haute. Ce ciment naturel ne se craquèle pas au séchage. Pérenne, le nid peut être réoccupé de nombreuses années. La fidélité au site de nidification est forte, mais pas forcément au partenaire : les couples ne sont pas systématiquement fidèles d’une année sur l’autre.

Une chasseuse des hauteurs aux nidifications prolongées

L’Hirondelle de fenêtre se distingue de ses cousines par son régime alimentaire très aérien. Elle se nourrit du plancton aérien : la petite entomofaune volante qui occupe l’espace jusqu’à plus de 50 mètres de hauteur. On la voit ainsi souvent chasser haut dans le ciel, aussi bien au-dessus des villes que des forêts, des plans d’eau ou des campagnes agricoles. Par ce comportement, elle se rapproche davantage du Martinet noir que de l’Hirondelle rustique, qui chasse plus près du sol.

Migratrice transsaharienne, elle revient en Bretagne courant avril, un peu plus tard que l’Hirondelle rustique qui arrive dès fin mars. Son départ en migration postnuptiale intervient courant septembre. Sa saison de reproduction s’étend d’avril à septembre, avec 2 à 3 nichées, une durée nettement plus longue que celle de l’Hirondelle rustique ou de rivage.

Comment la distinguer des autres Hirondelles ?

En vol, l’Hirondelle de fenêtre se reconnaît immédiatement à son croupion blanc bien visible, absent chez les autres Hirondelles. Son dessus est noir bleuté, son ventre blanc immaculé, et sa queue courte et peu fourchue mais sans les longs filets de la Rustique. Posée, ses pattes courtes sont emplumées de blanc, autre caractère distinctif.

Des menaces qui s’accumulent

Le déclin de l’Hirondelle de fenêtre tient à trois facteurs principaux. La raréfaction des insectes volants, due aux pesticides et aux changements climatiques, réduit ses ressources alimentaires en période de reproduction. Les conditions de migration et d’hivernage se dégradent en Afrique subsaharienne sous l’effet des sécheresses et de la désertification. Enfin, et c’est la menace la plus directe en Bretagne, les sites de nidification disparaissent : les enduits et peintures modernes n’offrent plus de prise aux nids de boue, la boue elle-même se raréfie dans nos villes imperméabilisées, et les nids font de plus en plus souvent l’objet de destructions, pourtant strictement interdites par la loi.

Agir pour l’Hirondelle de fenêtre

Depuis 2022, le GEOCA, VivArmor Nature, la LPO Bretagne et Bretagne Vivante animent ensemble la démarche « Agir pour les hirondelles et martinets » : recensement des nids, comptages participatifs et sensibilisation du grand public. Juin est le cœur de la saison de reproduction : le moment idéal pour participer !

👉 Participez à l’enquête hirondelles et martinets et rejoignez un comptage participatif près de chez vous