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Gestion des goélands urbains

Adopter une stratégie cohérente de gestion des goélands urbains

Les populations de goélands chutent depuis 30 ans. Le nombre de couples en milieu urbain augmente progressivement depuis les années 1970, sans pour autant compenser la disparition des couples en milieu naturel.

Depuis les années 1990, les communes réalisent des campagnes de stérilisation des œufs pour inciter les goélands à partir. Les suivis menés notamment par Bretagne Vivante démontrent que cette méthode est inefficace pour remplir cet objectif, malgré son coût élevé. Au contraire, la stérilisation entraîne un étalement de la population vers des secteurs encore non-utilisés par les goélands, augmentant de fait les conflits.

Il en résulte des difficultés de cohabitation en ville entre humains et goélands, car les méthodes de gestion actuellement déployées ne prennent pas correctement en compte la présence des goélands. La présence des goélands en ville est inéluctable, il faut donc avoir une gestion visant la cohabitation plutôt que le rejet. Une gestion cohérente tiendrait en quelques points :

·    Limiter l’accès des goélands aux ressources alimentaires anthropiques, en améliorant la gestion des déchets et en adoptant les bons comportements.

·    Sensibiliser les habitants au sujet de la présence des goélands pour répondre à leurs interrogations et ne pas forcément la voir comme une contrainte, mais comme une opportunité de connexion à la nature.

·    Mettre en place une gestion différenciée des populations urbaines, avec des zones que les goélands ne doivent plus être incités à exploiter (e.g. zones résidentielles) et des zones où les goélands doivent pouvoir se reproduire sans être dérangés, là où se concentre la majorité de la population de la ville.

·    Intégrer la présence des goélands aux plans d’urbanisme, au stade de la planification des constructions ou des travaux, sur le plan architectural ou avec des aménagements légers.

·    Limiter leur installation au cas par cas si un risque d’atteinte à la santé et/ou la sécurité publique est démontré, et si ce risque ne peut pas être pris en compte d’un point de vue architectural et qu’il ne peut pas être empêché par la limitation de l’accès à la ressource alimentaire.

Dérogation à la protection stricte des espèces : des conditions rarement respectées

 Les goélands sont des espèces protégées au sens de l’article L411-1 du code de l’environnement qui interdit la destruction ou l’enlèvement des nids, des œufs, des poussins et des adultes, ainsi que la destruction, l’altération ou la dégradation des habitats, et notamment des sites de nidification. Ces faits sont pénalement répréhensibles (art. L. 415-3 et R. 415-1 du code de l’environnement).

Les méthodes de gestion actuellement déployées (stérilisation, effarouchement, aménagement des toits) nécessitent donc d’obtenir une dérogation « espèces protégées » auprès de la DDTM, conditionnée par :

·      Le maintien, dans un état de conservation favorable, des populations de goélands ;

·      La démonstration d’une atteinte à la santé et/ou à la sécurité publique par les goélands ;

·      La mise en œuvre au préalable de mesures alternatives (gestion des déchets, aménagements architecturaux, sensibilisation des habitants) et la démonstration de leur échec ;

·      L’évaluation des effectifs de goélands sur le secteur concerné avant et après la mise en œuvre de la méthode de gestion ;

·      La production d’un bilan rapportant le suivi, les résultats et l’efficacité des opérations.

Or, les conditions d’octroi de ces dérogations ne sont pas respectées dans la très grande majorité des cas.