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Qui est l’oiseau du mois ?

pic épeiche Saint-Renan mars2016 (1)

Pic épeiche

📏 Caractéristiques : 

Taille : 23-26 cm, envergure : 34-39 cm ; 

Poids : 70-98 g ; 

Longévité : 13 ans minimum (données de baguage)

🍏 Régime alimentaire : se nourrit plutôt sur les arbres qu’au sol. En été des insectes xylophages et des chenilles voire des nichées d’oiseaux. En hiver des graines de conifères enlevées des cônes avec son bec puissant et pointu. Il fréquente les mangeoires pour les graines de tournesol.

🏠 Habitat : les milieux boisés (forêts de feuillus de préférence mais aussi de conifères), le bocage avec ses haies, les vieux vergers, les parcs urbains et les grands jardins.  

🥚 Reproduction : niche en avril-mai dans des loges creusées dans les troncs d’arbre, 4-6 œufs couvés par les deux parents pendant 11 jours puis nourris pendant 3 semaines.    

🌿 Statut en Bretagne : LC (préoccupation mineure) et Responsabilité Biologique Régionale (RBR) mineure

Un pic bigarré répandu et fréquent 

Un plumage coloré : noir, blanc et rouge. Il se reconnaît aisément à ses sous-caudales (plumes du bas-ventre) rouges intense, son ventre blanchâtre, ses rayures blanches sur les ailes noires et les larges taches blanches sur les épaules. Un dimorphisme sexuel peu marqué : le mâle a la zone occipitale rouge alors qu’elle est noire chez la femelle. A noter que les juvéniles ont la calotte entièrement rouge. 

C’est le plus commun des pics bien présent dans toute la Bretagne historique où il est sédentaire .

Une morphologie de « grimpeur » adaptée à la vie arboricole

Le Pic épeiche est conçu pour vivre sur les arbres :

  • Des pattes solides dotées d’ongles fortement arqués et acérés: deux tournées vers l’avant, deux vers l’arrière, pour faciliter la préhension des troncs et des branches ;
  • Des rectrices renforcées rigides et pointues sur lesquelles il s’appuie pour grimper en position verticale ;
  • Un bec droit tranchant pour creuser le bois, vivant ou mort. Il y creuse des loges de nidification ou y trouve sa nourriture. 
  • Une langue liée au type d’alimentation et qui se déplie 

Très longue, effilée, vermiforme et très mobile, elle peut être poussée fort loin hors du bec par un agencement compliqué de muscles et de ligaments. Au repos, cette arme redoutable repose dans une gaine qui s’enroule autour du crâne.            

Une langue particulière liée au type de nourriture : le pic épeiche, très arboricole a une langue collante dont l’extrémité cornée est pointue et barbelée de crochets pour attraper les larves dans le bois. Les autres pics ont des langues différentes également enroulées.

Célibataire endurci

L’Epeiche mène une vie solitaire, ne souffrant pas de concurrent de son espèce dans le territoire où il se cantonne. Sédentaire à l’âge adulte, ce Pic, actif toute l’année, est facilement repérable au cri et à ses poursuites lors la période de reproduction.

Un mode de nidification original  

Le couple, formé pour la vie, s’évite donc en dehors de la période des amours marquée par des tambourinages, cris et poursuites le rendant alors visible en forêt. 

Après l’accouplement, le couple creuse début avril, pendant 8 à 25 jours, une loge dont l’accès se fait par un trou d’environ 40-50 mm de diamètre, comprenant une chambre de 150 mm pour une profondeur de 220-310 mm. La femelle y déposera ses œufs qu’elle couve le jour, relayée par le mâle la nuit. Les jeunes naissent 15 jours plus tard.

Les parents divisent souvent la nichée et prennent chacun à leur charge unique une partie des jeunes. Les jeunes alors volant restent encore quelques jours avec le parent choisi avant de devenir indépendant.

Le lien familial est fort jusqu’à l’envol des jeunes…. qui doivent conquérir de nouveaux territoires souvent fort éloignés de leur lieu de naissance.  

Pas de maux de tête …. 

Comme tous les pics, l’Epeiche frappe le bois pour deux actions complémentaires.

Le martèlement : 

Il s’agit de coups espacés sur le bois. Les pics le pratique toute l’année car c’est le moyen d’obtenir de la nourriture ou creuser des loges. 

Le tambourinage : 

Agrippé devant une branche sèche et creuse, le pic frappe violemment et le bec rebondit dans un va-et-vient si rapide que la tête parait floue, tel un ressort en vibration. Mâles et femelles tambourinent de mi-janvier à fin avril, période où l’excitation sexuelle est forte. Ce tambourinage porte sur une longue distance. 

Le bec et la tête du Pic sont alors soumis à d’énormes pressions. Grâce à du cartilage compressible, un cerveau très bien protégé et une mandibule inférieure, qui disperse partiellement la violence des coups dans le reste du corps, le Pic n’a pas de maux de tête. 

Un moyen : la « forge » 

Pour consommer des graines en automne et en hiver, il faut pouvoir les atteindre. Pour avoir la graine des cônes de pin ou celle des noix et noisettes, le pic coince celles-ci dans une fourche ou une crevasse d’arbre, puis les ouvre avec son bec pour atteindre les graines. Le pic utilise régulièrement de telles « forges » 

Autre ingéniosité, en particulier au printemps, il perfore parfois les arbres d’une série de trous et lèche la sève qui apporte oligo-éléments et propriétés cicatrisantes.

Un rôle important dans l‘écosystème

  • En milieu forestier 

Les Pics épeiches n’utilisent leur loge généralement qu’une seule fois. Des cavités sont ainsi libérées permettant à d’autres espèces de se loger : les mésanges, la Sittelle torchepot, mais aussi des mammifères comme les chauves-souris, le Loir gris et des insectes, dont des Coléoptères du bois mort. Ces arbres à cavité sont absolument à conserver. 

  • Un auxiliaire du jardinier

Il mange les insectes nuisibles : larves de coléoptères, les chenilles (comme celles de la Piéride du chou, de la Pyrale du buis ou de la Teigne du Poireau), les fourmis, les insectes xylophages, 

Il limite aussi les parasites des arbres en extrayant les larves cachées sous l’écorce,

Menaces sur l’espèce

Commun et répandu, l’espèce n’est pas menacée……à condition que la gestion des forêts, bois et bosquets lui laisse la possibilité de se nourrir et nicher.

Pour cela, il faut conserver les arbres morts ou mourant sur pied, les branches mortes sur les arbres en vie, et les vieilles souches pourrissantes, notamment celles des chênes, hêtres et bouleaux riches en insectes xylophages une fois mort.