En 2025, à l’échelle nationale, deux outils principaux contribuent à la conservation du Phragmite aquatique.
Ancré dans le paysage de la conservation depuis une quinzaine d’années, le Plan National d’Action en faveur de l’espèce opère à une échelle nationale. Ayant débuté le 1er janvier 2025 pour une durée de 5 ans, le LIFE AWOM (« Aquatic Warblers on the Move ») couvre quant à lui une plus large zone géographique (Belgique, France, Espagne, Portugal et Sénégal).
Ce sont donc deux outils différents, mais qui à une échelle nationale se complètent à plusieurs niveaux, notamment en ce qui concerne les haltes migratoires du territoire, ainsi que leur suivi et évaluation.
Une poursuite du travail au sujet de la migration prénuptiale en région Méditerranéenne. Que ce soit au sujet de l’adéquation de sites pour l’espèce ou de la mise en place de suivis (baguage, acoustique…), les discussions continuent dans le cadre du PNA avec différents acteurs du territoire.
Une poursuite de la concertation au sujet de l’adéquation des habitats pour l’espèce. A l’échelle du PNA, le travail se poursuit pour mieux définir les différentes catégories de la typologie ACROLA, mais aussi pour mettre en place des indicateurs de paysage dont le but sera de renseigner divers critères indispensables mais non renseignés par la typologie ACROLA en elle-même, notamment la structuration de la végétation. A l’échelle du LIFE AWOM, cette typologie a été présentée aux partenaires du projet dans les autres pays. Le but est de l’utiliser pour cartographier les sites à restaurer dans le cadre du programme LIFE, et ainsi évaluer le succès de ces travaux de restauration. Cela augmente de fait l’échelle d’utilisation de cet outil développé par le PNA. La typologie est aujourd’hui basée sur les sites fréquentés en migration postnuptiale en France, donc les végétations atlantiques. Un travail devra être poursuivi pour agrémenter cette typologie avec les végétations favorables au Phragmite aquatique présentes dans les différents pays partenaires du LIFE AWOM. C’est notamment le cas des rizières au Portugal ou dans le sud de la France, ou encore des végétations des lagunes espagnoles.
La réception et l’analyse des premiers résultats au sujet du régime alimentaire à un niveau national. Basés sur 236 fientes récoltées en 2024 (dont 93 de Phragmite aquatique, 76 de Phragmite des joncs et 67 de Rousserolle effarvatte) à l’échelle du PNA, ces résultats vont permettre de faire avancer les discussions au sujet des méthodologies à mettre en place sur les haltes migratoires pour en analyser la disponibilité alimentaire.
2025 marque aussi la 2ème année de collecte de fientes de Phragmite aquatique, ce sont ainsi X fientes, dont X de Phragmite aquatique, qui ont été envoyées en fin d’année au laboratoire pour analyse. A l’échelle du LIFE AWOM, des fientes ont également été collectées en Espagne et analysées. Les résultats sont en cours de traitement.
Une année supplémentaire d’acquisition de données par baguage. L’utilisation du thème ACROLA, mis en place par le CRBPO (Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux), permet de standardiser l’acquisition des données (tout en favorisant la capturabilité des individus). En Bretagne, la station de Trunvel a capturé 11 Phragmites aquatiques, dont 9 baguages et 2 autocontrôles. Dès 2026, certaines stations de baguage seront en partie financées par le LIFE AWOM. Les données accumulées permettent de nourrir certaines actions du PNA et du LIFE AWOM. Le travail en lien avec le baguage est aussi marqué en 2025 par le renfort d’un salarié spécialisé dans l’analyse de données. Le but de ce soutien, rendu possible grâce à une aide exceptionnelle de la DREAL Bretagne, était de produire, de façon automatique, des rapports présentant les données et tendances pour chaque station de baguage.
Un double travail en lien avec le suivi des oiseaux par télémétrie sur le territoire national. Cette méthode scientifique permet, grâce à un matériel spécifique, de suivre et d’analyser les déplacements des oiseaux sur un site. D’une part, au niveau du PNA, le renfort salarié permis par la DREAL Bretagne a aussi rendu possible l’analyse de la sélection d’habitats par le Phragmite aquatique à l’échelle nationale, sur la base de données existantes. D’autre part, au niveau à la fois du LIFE AWOM et du PNA, les discussions ont commencé et continuent pour la probable mise en place d’un tel matériel spécifique sur plusieurs sites. Un premier test de ce matériel a également été réalisé en Espagne cet été, par l’un des partenaires du LIFE AWOM. Son opération effective devrait se concrétiser en 2026.
Mais aussi :
Une concertation constante avec l’ensemble des partenaires liés à la conservation du Phragmite aquatique. Cela concerne les partenaires au niveau de l’Etat ou des régions, les animateurs régionaux du PNA, les scientifiques et experts du sujet, les financeurs ou encore la communication avec les scolaires ou le grand public.
La participation à divers colloques et conférences en lien avec l’espèce, l’avifaune, ou d’autres sujets indirectement liés au Phragmite aquatique : conférence de lancement du LIFE AWOM, conférence de clôture du LIFE MagniDucatusAcrola (pays de l’Est), colloque gestion et conservation des invertébrés (en lien avec la disponibilité alimentaire pour le Phragmite aquatique).
Des articles, posts sur les réseaux sociaux ou actualités au sujet de l’espèce et de l’ensemble des activités qui l’entourent, à consulter, partager et repartager !
C’est donc une année riche en discussions, études et actions en faveur du Phragmite aquatique qui s’achève. De quoi donner un aperçu de ce qui continuera et/ou sera engagé dès 2026 !