Le Labbe parasite !

Stercorarius parasitus  –  Sparfell-vor Arktika

© Daniel Godinou

Carte d’identitĂ©

✍ Nom scientifique :  Stercorarius parasitus     
📏Taille : 41-61 cm
đŸȘœEnvergure :  110-125 cm
đŸ‹ïžPoids : 380-610 g
📆LongĂ©vitĂ© :  (Ăąge moyen) 12 ans / (Ăąge maxi) 31 ans 
🍏 RĂ©gime alimentaire : Poissons, petits mammifĂšres, petits oiseaux, insectes, charognes …
🏠 Habitat : le long des cĂŽtes Manche et Atlantique en migration; hiverne hĂ©misphĂšre sud; toundra, landes ou herbages en Ă©tĂ© dans le haut arctique pour nicher
đŸ„š Reproduction : nid au sol, ponte en mai/juin.

C’est le Labbe le plus rĂ©pandu sur le littoral de la Bretagne lors du passage migratoire postnuptial de fin juillet Ă  novembre et en faible nombre au printemps de mars Ă  mai. Comme tous les stercorariidĂ©s, c’est une espĂšce pĂ©lagique qui vient Ă  terre pour nicher. DouĂ© d’un vol puissant et rapide, il l’utilise pour se nourrir en pratiquant le kleptoparasitisme qui reprĂ©sente 95% de son alimentation lors de la migration.

Un costume Trois piùces avec de nombreuses variantes
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Oiseau marin Ă©lancĂ© et Ă  longues ailes, approximativement de la taille d’un goĂ©land cendrĂ© aux couleurs et motifs du plumage offrant toutes les formes intermĂ©diaires possibles entre les individus de forme sombre (entiĂšrement brun foncĂ©) et ceux en forme claire (calotte noire, arriĂšre du cou jaunĂątre, dos et bas ventre bruns, poitrine et ventre blancs). Quelle que soit la forme, les individus ont les rectrices mĂ©dianes (plumes centrales de la queue), allongĂ©es et pointues, dĂ©passent en moyenne les autres plumes de 6 Ă  11 cm.

En aoĂ»t et septembre, on rencontre les immatures au plumage trĂšs variable allant de la tĂȘte et du dessus trĂšs clairs au brun noirĂątre avec des nuances chamois ou roussĂątres et un effet Ă©caillĂ© chamoisĂ© sur le dessus. Adultes et jeunes prĂ©sentent une tache alaire blanche en forme de croissant formĂ©e par les bases claires des rĂ©miges primaires visible en vol. 

Adulte forme sombre | ©Maïwen Le Doaré
1Úre année forme claire | © Quentin Guibert
1Úre année forme claire et Mouette rieuse | ©Corentin Morvan
forme claire 2Úme année | ©Yves Blat

Pour les immatures : noter bec et pattes gris bleu, large croissant blanc à la base des primaires et rachis blanc sur les rémiges externes, dessous barré

Trois vies en une
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  • La pĂ©riode de reproduction (mai Ă  fin juillet) dans les toundras cĂŽtiĂšres arctiques entre 57° & 80°N, du PalĂ©arctique occidental du Canada jusqu’en SibĂ©rie via l’Islande, l’Ecosse, les Ăźles FĂ©roĂ© les cĂŽtes fennoscandiennes et le Svalbard. Sa maturitĂ© sexuelle Ă  3/4 ans permet au couple monogame d’incuber 1 Ă  2 Ɠufs pendant environ 26 jours dans un nid creusĂ© au sol dans la toundra non loin de la mer ou d’un Ă©tang et souvent proche de colonies de laridĂ©s. Pendant les 30 jours de l’élevage des jeunes, les parents sont extrĂȘmement agressifs. Pour dĂ©fendre leur territoire, ils foncent droit sur la tĂȘte des intrus ou en simulent une blessure (parade de l’aile cassĂ©e) pour dĂ©tourner les prĂ©dateurs.
  • Le grand voyage transĂ©quatorial (aoĂ»t Ă  fin octobre). En fin d’étĂ©, il dĂ©bute sa migration postnuptiale presque exclusivement maritime en longeant lentement les cĂŽtes atlantiques. C’est la pĂ©riode oĂč il frĂ©quente, en particulier, la Bretagne sud en suivant la migration de ses victimes les sternes et mouettes.

  • Les quartiers d’hiver (novembre Ă  mars). Les oiseaux europĂ©ens semblent hiverner des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique sud.  Au large des cĂŽtes du BrĂ©sil jusqu’à la Patagonie prouvĂ©s par des reprises ou contrĂŽles d’oiseaux finnois et Ă©cossais et du sud du Golfe de GuinĂ©e jusqu’à l’Afrique du Sud avec des individus de NorvĂšge (repris en CĂŽtes d’Ivoire), de SuĂšde (repris en GuinĂ©e), de Finlande (contrĂŽlĂ©s du Ghana jusqu’au Mozambique en passant par l’Afrique du Sud).   
Adulte forme claire noter les longues caudales centrales | © Jean-François Bousquet

Un pirate en l’air 
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En mer, il vole la nourriture des oiseaux revenant de la pĂȘche en les attaquant en vol pour qu’ils dĂ©gorgent leur pĂȘche. Sa morphologie (ailes pointues et longues plumes centrales de la queue) lui confĂšre un vol rapide, acrobatique et agile essentiel Ă  sa technique de chasse : le cleptoparasitisme.

Pour dĂ©rober les proies des oiseaux marins – sternes, laridĂ©s et alcidĂ©s – il dĂ©ploie une stratĂ©gie aĂ©rienne en plusieurs Ă©tapes :

  • L’approche furtive : Vole gĂ©nĂ©ralement au ras des vagues pour passer inaperçu. DĂšs qu’une cible revenant de la pĂȘche avec une proie est repĂ©rĂ©e, il monte brusquement en altitude pour fondre sur elle.
  • La poursuite miroir : Une fois la course engagĂ©e, avec une agilitĂ© spectaculaire, il colle littĂ©ralement Ă  sa victime, imitant la moindre de ses manƓuvres de fuite (virages serrĂ©s, descentes en piquĂ©, loopings) pour ne lui laisser aucun rĂ©pit.
  • Le harcĂšlement et l’intimidation : Il rĂ©alise des attaques verticales plongeantes impressionnantes, frĂŽlant sa cible sans pour autant la blesser. Face Ă  cette menace et Ă  l’Ă©puisement, la victime panique et finit par lĂącher son poisson ou rĂ©gurgiter le contenu de son estomac et s’enfuir.
  • Le plongeon acrobatique : DĂšs que la nourriture est libĂ©rĂ©e, le labbe parasite effectue une figure acrobatique pour attraper la proie au vol avant mĂȘme qu’elle ne touche la surface de l’eau.
  • Le travail en Ă©quipe: Bien que redoutable seul, le labbe parasite s’associe parfois avec d’autres congĂ©nĂšres pour harceler une mĂȘme cible. En attaquant Ă  plusieurs sous des angles diffĂ©rents, le taux de rĂ©ussite grimpe de maniĂšre spectaculaire, forçant presque Ă  coup sĂ»r la victime Ă  cĂ©der son repas.
Poursuite sur Mouette rieuse | ©Yves Blat

comme à terre
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En pĂ©riode de nidification, c’est un vĂ©ritable prĂ©dateur opportuniste au sol.

  • Les lemmings et rongeurs , ressource principale dont les cycles d’abondance influent sur son succĂšs de reproduction.
  • Les Ɠufs et les oisillons des espĂšces nichant au sol comme les passereaux, les limicoles et les canards.
  • Les insectes et invertĂ©brĂ©s : la vĂ©gĂ©tation de la toundra lui procure beaucoup de colĂ©optĂšres, larves et araignĂ©es en Ă©tĂ©.
  • Les baies : Les fruits sauvages de la toundra Ă  maturitĂ© en fin d’étĂ© lui apportent protĂ©ines et sucres nĂ©cessaires Ă  sa migration.
Adulte Forme sombre | © Philippe-Jacques DUBOIS

Quelques menaces
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ClassĂ© en « PrĂ©occupation mineure » Ă  l’échelle mondiale malgrĂ© des dĂ©clins locaux.

Cependant il est classĂ© « En danger » en Europe oĂč les populations nicheuses suĂ©doises, islandaises et britanniques sont en diminution. De mĂȘme, le dĂ©clin marquĂ© des populations Ă©cossaises serait liĂ© d’une part Ă  la forte diminution des Lançons nordiques (Ammodytes marinus) principale nourriture de la Sterne arctique qu’il parasite et d’autre part Ă  l’augmentation des populations de Grand Labbe.  

D’autres menaces sont localisĂ©es comme la persĂ©cution humaine, la surexploitation des ressources halieutiques voire les parcs Ă©oliens. 

Forme claire 3Úme année | ©Yves Blat
Groupe « en radeau » sur l’eau | ©Philippe-Jacques DUBOIS
Deux phases sombre poursuivant une Sterne caugek | © Yves Blat
Article rédigé par Patrick