Les incendies du cap Fréhel

Les incendies du cap Fréhel

Les incendies du cap Fréhel

Le 12 juillet dernier, 38 hectares de landes littorales du cap Fréhel sont partis en fumée : un désastre écologique pour un site emblématique, où coexistent vipère péliade, fauvette pitchou et une quinzaine d’autres espèces protégées d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens.

À l’audience en comparution immédiate, cinq heures de débat n’ont pas suffi à établir la vérité judiciaire : le prévenu, agent communal, n’a cessé de nier, et le tribunal l’a finalement relaxé au bénéfice du doute, malgré le caractère manifestement volontaire et humain du départ de feu.

L’OFB, appelé à la barre, a rappelé que le milieu mettra entre 5 et 10 ans à se reconstituer selon les zones touchées : une génération entière de biodiversité sacrifiée.

 

Les pompiers ont rappelé l’ampleur des moyens mobilisés : quatre jours de lutte, des volontaires mis en danger, un camion perdu, et un coût chiffré à 439 000 euros pour le service public.
Une éleveuse, paysanne de nature, a vu partir en fumée clôtures et terres de pâture, et certaines de ses bêtes, évacuées in extremis, souffrent dorénavant de troubles respiratoires.
Les associations et acteurs du territoire – Bretagne Vivante, VivArmor Nature, GEOCA, le Syndicat mixte du Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel – ont porté à l’audience la voix des reptiles, amphibiens, oiseaux nicheurs et habitats naturels détruits, rappelant que ce paysage n’est pas un décor, mais un patrimoine vivant commun.

Pourtant, en conséquence de la relaxe du prévenu, les neuf parties civiles ont été déboutées de leurs demandes.

Le prévenu, jusque-là en détention provisoire, est ainsi ressorti libre, tandis que le cap Fréhel reste marqué.
Face à cette décision, le parquet a interjeté appel, et nous avons également décidé d’aller en appel : il n’est pas acceptable que l’incendie d’un site aussi emblématique demeure sans réponse pénale à la hauteur du choc environnemental.

Nous continuerons à nous battre pour que la justice reconnaisse pleinement le coût environnemental et social de ces incendies, et protège réellement les espaces naturels que nous défendons.