Parc éolien de Saint-Ganton (35) – Pour une transition énergétique cohérente : lutter contre le dérèglement climatique ne doit pas nuire à la biodiversité
Parce qu’elle contribue Ă lutter contre le dĂ©règlement climatique, la transition Ă©nergĂ©tique est indispensable Ă la prĂ©servation de la biodiversitĂ©. Encore faut-il que les projets d’Ă©nergies renouvelables soient implantĂ©s lĂ oĂą ils portent le moins atteinte aux espèces protĂ©gĂ©es. C’est ce que rappelle la Cour administrative d’appel de Nantes dans son arrĂŞt du 7 juillet 2026 (n° 25NT03111), faisant droit au recours portĂ© par Bretagne Vivante – CEN Bretagne et le Groupe Mammalogique Breton, en annulant l’autorisation du parc Ă©olien de Saint-Ganton.
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La Cour rappelle que, mĂŞme si un projet Ă©olien bĂ©nĂ©ficie d’une prĂ©somption de raison impĂ©rative d’intĂ©rĂŞt public majeur (RIIPM), cette prĂ©somption ne dispense pas de rechercher un site portant une moindre atteinte aux espèces protĂ©gĂ©es. Or, le choix de Saint-Ganton rĂ©sulte essentiellement de l’abandon de trois autres zones de dĂ©veloppement Ă©olien faute d’acceptation locale, sans vĂ©ritable comparaison de leurs impacts sur la biodiversitĂ©. Les juges en dĂ©duisent que l’absence de solution alternative satisfaisante n’est pas dĂ©montrĂ©e.
Cette solution est particulièrement importante pour la Noctule commune, espèce emblĂ©matique au cĹ“ur du dossier. Les expertises relevaient la prĂ©sence d’une colonie de reproduction au sein mĂŞme de la zone d’implantation, dans un secteur prĂ©sentant des enjeux chiroptĂ©rologiques majeurs. Elles rappelaient Ă©galement que cette chauve-souris est l’espèce la plus sensible Ă l’Ă©olien en Bretagne et que ses populations ont connu un effondrement de 88 % en France depuis 2006, de sorte que la moindre mortalitĂ© supplĂ©mentaire est susceptible de compromettre son Ă©tat de conservation. Dans ces conditions, le choix du site devait ĂŞtre Ă©cartĂ© au profit d’une implantation moins impactante.
Un pourvoi a été formé par le pétitionnaire, à suivre.