Nids détruits, pontes écrasées, enclos de protection arrachés, bénévoles et salariés pris à partie…
Depuis plusieurs années, les actes de malveillance visant le Gravelot à collier interrompu se multiplient sur le littoral breton.
Face à cette situation devenue inacceptable, Bretagne Vivante annonce qu’elle déposera désormais systématiquement plainte en cas de destruction volontaire de nids ou d’aménagements de protection.
Espèce protégée et classée vulnérable en France, le Gravelot à collier interrompu trouve en Bretagne un territoire essentiel : la région accueille jusqu’à 17 % de la population nationale et plus de 50 % des effectifs présents au nord de la Loire.
Chaque printemps, cet oiseau niche directement sur les plages, dans une simple cuvette creusée dans le sable. Cette stratégie de reproduction rend ses œufs et ses poussins particulièrement vulnérables. Déjà confrontée à la prédation, aux submersions marines, à l’érosion du littoral et au changement climatique, l’espèce doit désormais faire face à une menace supplémentaire : des destructions volontaires.
Les chiffres sont préoccupants. Après 12 cas de vandalisme recensés en 2023, 10 en 2024 et 2 en 2025, la saison 2026 en compte déjà 12 alors qu’elle n’est pas terminée. Des nids ont été volontairement détruits en baie du Mont-Saint-Michel, en baie d’Audierne, dans le pays de Lorient et sur le site de Gâvres-Quiberon. À ces dégradations s’ajoutent le déplacement des dispositifs de protection et des comportements agressifs envers les équipes de terrain.
Ces actes constituent des infractions pénales. La destruction d’une espèce protégée ou de son site de reproduction est passible de lourdes sanctions pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.
Face à cette recrudescence, Bretagne Vivante refuse désormais de laisser ces faits sans suite. L’association engagera systématiquement des poursuites et remercie les collectivités qui s’associent à cette démarche en déposant également plainte lorsque leur patrimoine naturel est dégradé.
Pourtant, protéger le Gravelot à collier interrompu est simple : respecter les enclos de protection, tenir son chien en laisse, éviter les secteurs de nidification et ne laisser aucun déchet sur les plages. Quelques gestes suffisent pour permettre à cette espèce emblématique de poursuivre son cycle de reproduction.
Préserver le Gravelot à collier interrompu est une responsabilité collective. Détruire un nid, c’est condamner une nichée entière et porter atteinte à une espèce protégée. Bretagne Vivante appelle chacun au respect de la biodiversité et ne laissera plus ces actes de vandalisme impunis