Coordonné par FNE 44 et le Traict d’Union Mès environnement, Bretagne Vivante s’est jointe naturellement à cette animation autour de l’océan.
Le but : informer et sensibiliser les touristes des nombreux campings voisins ainsi que les locaux des fragilités des écosystèmes littoraux, spécialement ici sur la plage de Pont-Mahé dans la commune d’Assérac.
La veille de l’animation, les analyses régulières de l’eau donnaient un taux anormalement fort des bactéries Escherichia coli amenant ainsi à la rédaction d’un arrêté municipal d’interdiction de se baigner. En effet, le lundi matin, de grosses pluies avaient lessivé les terrains apportant ainsi les matières fécales en provenance de tous les Mammifères (vaches, moutons, humains – certaines habitations ne sont pas raccordées au tout-à-l’égoût- et chiens) dans cette baie presque fermée et d’une très faible épaisseur. Avec les températures records (les sauveteurs ont mesuré 34°C dans l’eau pendant notre animation) les bactéries se sont multipliées rendant l’eau impropre à la baignade : risque diarrhéique.
Nous avons alors proposé une alternative à la baignade pour ces touristes français ou étrangers (belges, néerlandais) en leur faisant découvrir le monde fascinant du plancton.
Avec l’aide d’un microscope de terrain, les vacanciers devenus scientifiques ont exploré le contenu d’une goutte d’eau de mer. Cette eau avait été récoltée avec un filet à mailles fines et concentrée ensuite. On y voyait beaucoup de zooplancton comme les larves de balanes ou les larves de vers marins.
Une application permettait d’en apprendre plus en 3D sur certaines espèces.
Pour cette première à Pont-Mahé, Madame Levesque, la nouvelle Maire d’Assérac (ici au centre de la photo) est venue sur notre stand échanger avec nos bénévoles et s’informer elle aussi en découvrant le plancton.
En vidéo ici : https://www.ouest-france.fr/mer/littoral/video-tout-l-ete-des-ateliers-sur-la-biodiversite-des-littoraux-des-pays-de-la-loire-et-de-la-bretagne-93d13742-f7bf-4f6c-bae2-61c439bc2326 (1’12’’)
En 2024, ce sont 1898 tonnes d’algues vertes qui ont été ramassées sur cette seule plage de Pont-Mahé. Là encore, nous avons informé le public qui confond souvent avec la pollution bactérienne. Il faut dire que les causes sont très semblables : un bassin versant agricole où on épand trop d’engrais chimique, le ruissellement des eaux de surface entraînant des quantités importantes de ces engrais dans cette baie où le volume d’eau est très faible et des températures exceptionnelles (on parle de canicule marine) forment le terreau d’un bloom de ces Ulves. Leur accumulation provoque la mort des individus sous la dernière couche car ils ne reçoivent plus la lumière. C’est la décomposition de cette accumulation d’algues pourries (et qui ne sont plus vertes du tout !) qui provoque cette pollution visuelle, olfactive et potentiellement dangereuse.
Quel est le point commun entre une moule, une huître, un crabe, un homard, un ver de vase, un poisson ou un oursin (liste très partielle)… ?
Le point commun de toutes ces espèces de groupes très différents est qu’elles passent toutes par une phase larvaire au cours de leur cycle de vie. La très grande majorité de ces formes planctoniques sera mangée avant de pouvoir grandir. Une infime partie pourra devenir adulte et, dans le cas des moules, se fixer sur des rochers ou sur des cordes tendues par les mytiliculteurs. Par hasard, ce jour-là, les jeunes moules fixées voyageaient en tracteur et ont croisé la route de leur benjamines planctoniques qui étaient sous le microscope !
C’est aussi par une action de nettoyage de la plage de ses déchets non organiques que la journée avait commencé.
Merci à Jean-Michel Richardeau pour l’article et les photos 📸