Chaque année depuis plus de quarante ans, bénévoles et salariés de Bretagne Vivante-SEPNB CEN Bretagne veillent quotidiennement sur les principales colonies de reproduction de Sternes de Bretagne.
D’avril à août, quatre espèces d’« hirondelles de mer » nichent sur les côtes bretonnes avant de regagner leurs quartiers d’hiver de la côte ouest africaine à partir de septembre.
Cette haute surveillance à la fois scientifique, pédagogique et réglementaire est nécessaire à la conservation de ces espèces protégées au statut de conservation précaire.
Bénévoles passionnés, volontaires en contrat de service civique dévoués et salariés consciencieux unissent leurs efforts pour suivre de près les colonies, de l’arrivée des sternes à partir de mars jusqu’à leur départ, courant septembre. Ils s’appuient sur des protocoles de suivis établis par le Groupement d’intérêt scientifique « oiseaux marins » (Gisom) pour réaliser le recensement des couples nicheurs puis évaluer le succès de la reproduction en dénombrant les jeunes atteignant l’âge de l’envol. En effet, la reproduction est un parcours semé d’embûches : conditions météo adverses, dérangements, prédations, manque de ressources alimentaires… autant de causes pouvant conduire à l’échec des couvées. Pour mieux cerner les différents paramètres influant la reproduction, quelques individus sont aussi équipés par les scientifiques de balises GPS. Ces tags de quelques grammes fixés sur le dos des oiseaux (environ 3% du poids de l’oiseau) permettent de les suivre à la trace durant plusieurs semaines et nous renseignent sur leurs zones d’alimentation. Les proies rapportées à la colonie sont aussi scrutées avec minutie par les scientifiques de l’association.
Outre les suivis scientifiques, les gardiennes et gardiens saisonniers assurent une présence permanente à proximité des colonies. Sur l’île aux Moutons (Finistère) ils séjournent dans le phare, mis à disposition par les Phares et balises, pour sensibiliser les plaisanciers qui souhaiteraient débarquer sur l’île interdite d’accès. A La Colombière (Côtes d’Armor), c’est à bord d’un bateau que des rondes sont effectuées pour s’assurer que le périmètre protégé autour de la colonie est bien respecté par les usagers : pêcheurs à pied à basse mer, plaisanciers et autres kayakistes à marée haute nécessitent une vigilance de tous les instants. Ce gardiennage de terrain est complété par une campagne annuelle de communication dans la presse locale, sur les réseaux sociaux et sous forme de conférences ou d’animations locales.
L’action associative est heureusement complétée par une réglementation interdisant l’accès aux sites de reproduction d’avril à août. Les principales colonies de sternes bretonnes bénéficient d’arrêtés de protection de biotope ou sont implantées dans des aires marines protégées. Ces zones de protection font l’objet de contrôles des services de police de l’environnement (OFB, gendarmerie maritime…) coordonnés par les services de l’État.
Cette haute surveillance, combinée à d’autres actions conservatoires, porte ses fruits. Cette année trois sites abritent au moins deux espèces de sternes : la sterne caugek et la sterne pierregarin. Il s’agit d’Iniz er mour et Logoden en rivière d’Étel (Morbihan), de l’île aux Moutons dans l’archipel des Glénan et de l’îlot de La Colombière dans l’archipel des Ebihens. Ces deux derniers sites abritent aussi la rarissime sterne de Dougall, classée en danger critique d’extinction en France et dont il subsiste moins de quarante couples nicheurs sur ces deux réserves sous haute surveillance.
Pour en savoir plus rendez-vous sur notre page dédiée à la conservation des sternes en Bretagne