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Feux d’artifice et faune sauvage, quelles conséquences ?

L'île aux Moutons dans l'Archipel des Glénan

Feux d'artifice et faune sauvage, quelles conséquences ?

Derrière la magie des ciels qui s’illuminent pour le 14 juillet et le 15 août en Bretagne, se cache un envers du décor dramatique pour la biodiversité locale. Pour les oiseaux et la faune nocturne, les feux d’artifice estivaux représentent une triple menace invisible mais bien réelle à plusieurs centaines de mètres à la ronde.

Une triple menace…

La première agression est sonore. Avec des détonations qui oscillent entre 150 et 190 décibels, les feux d’artifice dépassent de loin le bruit du décollage d’un avion de ligne ou le seuil de la douleur humaine. Pour les animaux, ce vacarme est une source de terreur absolue. Pris de peur panique, des milliers d’oiseaux s’envolent simultanément, fuyant en tous sens. Par exemple, en bord de mer, des oisillons (poussins de sternes, de goélands) se jettent à l’eau et meurent noyés.

À ce bruit assourdissant s’ajoute la pollution lumineuse des éclairs à répétition. Ces flashs violents aveuglent temporairement et désorientent complètement les oiseaux et les chauves-souris.

Enfin, le spectacle laisse des traces durables dans l’environnement sous forme de retombées toxiques. Les résidus de poudre, les débris plastiques et les poussières de métaux lourds comme le plomb se dispersent partout dans la nature. Ils finissent par contaminer les sols, les plages et les mares de nos côtes, où ils sont fréquemment ingérés par la faune.

La pire période

Les mois de juillet et d’août constituent pourtant la pire période de l’année pour imposer un tel stress au vivant. C’est le cœur de la saison de reproduction, un moment critique où la nidification est encore active et où les jeunes oiseaux, inexpérimentés et fragiles, font leurs premiers envols. 

Parmi les victimes les plus touchées, on retrouve les rapaces nocturnes à l’audition si sensible, les chauves-souris en plein pic d’activité, ainsi que les sternes et les gravelots qui nichent sur les îlots ou à même le sable de nos plages bretonnes.

Les alternatives

Heureusement, l’émerveillement n’est pas incompatible avec le respect du vivant. De plus en plus de communes en Bretagne choisissent d’évoluer en adoptant des alternatives modernes et plus inoffensives : spectacles de drones lumineux, projections de mapping vidéo sur le patrimoine, ou encore feux d’artifice dits « silencieux », conçus avec des détonations moins assourdissantes et des hauteurs moins importantes.

Il est temps de repenser nos festivités pour que l’été reste une fête pour tout le monde, y compris pour la nature qui nous entoure, en priorité à proximité des espaces naturels sensibles et autres aires protégées qui abritent des espèces sensibles : réserves naturelles, sites Natura 2000, arrêtés de protection de biotope… sur lesquels des efforts permanents de conservation de la nature peuvent être anéantis en une soirée.