Le 1er bilan annuel du projet SARG (Suivi de l’Avifaune de la côte de Rothéneuf à la pointe du Grouin) a été publié, une initiative d’observatoire de long terme portée par l’antenne Rance-Émeraude de Bretagne Vivante.
Initiée en février 2025, cette étude vise à quantifier l’évolution des populations d’oiseaux nicheurs et hivernants sur quatre sites littoraux majeurs du nord de l’Ille-et-Vilaine afin d’orienter les mesures de gestion conservatoire.
Le protocole repose sur un échantillonnage systématique de sept parcours répartis sur quatre sites : la pointe du Grouin, l’anse Duguesclin, l’île Besnard (incluant la Guimorais et la pointe du Meinga) et la pointe de la Varde. L’inventaire est réalisé par 29 observateurs bénévoles lors de six sessions annuelles (février, avril, mai, juin, septembre, novembre), utilisant l’application Naturalist pour assurer un géoréférencement précis des données, lequel a atteint un taux de 96,9% en 2025.
Le bilan 2025 totalise 3 153 observations pour 80 espèces répertoriées, réparties en 34 familles. Les Fringillidae constituent le groupe le plus diversifié avec 8 espèces, tandis que le Merle noir (Turdus merula) et le Pigeon ramier (Columba palumbus) dominent numériquement les effectifs, ce dernier représentant 12,4% des individus recensés grâce à son comportement grégaire. Les zones les plus riches en biodiversité spécifique sont les dunes du port (55 espèces) et le Val Esnoux (54 espèces).
L’analyse met en évidence une vulnérabilité significative de l’avifaune locale, avec 26 espèces présentant un statut de conservation préoccupant. La Bécassine des marais est classée en danger critique (CR), tandis que le Bruant des roseaux et la Fauvette pitchou sont considérés en danger (EN). Ces données soulignent l’importance de préserver les habitats sensibles, particulièrement face au recul du trait de côte et à la pression anthropique croissante sur le littoral bretillien.
Fort de ces premiers résultats, le projet SARG évoluera en 2026 pour mieux identifier les sites remarquables et approfondir l’analyse de la territorialité des espèces. Ces données scientifiques sont essentielles pour orienter les mesures de gestion et dissuader les aménagements qui mettraient en péril cet héritage naturel.