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Gravelot à collier interrompu : bilan 2025 en Bretagne

Fabrice Launay

Gravelot à collier interrompu : bilan 2025 en Bretagne

Le Gravelot à collier interrompu Anarhynchus alexandrinus est présent sur la quasi-totalité du littoral breton. En 2025 ses effectifs sont presque revenus au seuil de la fin des années 2 000 avec 287 couples. La Bretagne accueille 46 à 60 % de la population allant de la frontière franco-belge au sud Bretagne. La responsabilité de la Bretagne est primordiale dans la préservation de cette espèce à fort intérêt patrimonial.

Chaque année des actions pour la conservation de l’espèce sont menées par Bretagne Vivante et ses partenaires : comptage concertés, suivi des nicheurs, protection des nids, suivi des rassemblements postnuptiaux, étude comportementale, sensibilisation des usagers des plages, etc.

 

Fabrice Launay
Gravelot à collier interrompu - Fabrice Launay

La saison 2025 : une saison mitigée, hausse du nombre de couples forte baisse du succès reproducteur.

  • 287 couples,
  • 389 nids/couvées ont été trouvés au cours de la saison, (459 en 2016, 173 en 2018, 258 en 2020, 372 en 2024,
  • Le volume moyen d’une ponte est de 2,6 oeufs,
  • L’effort de ponte moyen est de 1,4 pontes par couple (valeur minimale à considérer avec précaution). La moyenne sur la période 2016-19 est de deux pontes par couple,
  • 236 pontes ont abouti à l’éclosion (119 en 2022, 230 en 2024). Sur l’ensemble des pontes suivies 98, soit 41,5%, ont donné des jeunes à l’envol (21 % en 2016, 22% en 2022 ; 47,1% en 2023 ; 32,8% en 2024),
  • Le succès reproducteur moyen régional est de 0,57 jeune par couple (0,4 en 2017, 0,55 en 2020 ; 0,91 en 2024),
  • Le taux de survie des poussins éclos est estimé à 28 % (49% en 2023 et 2024),
  • En 2025, la commune de Fouesnant accueille le plus grand nombre de couples et de nids trouvés ce qui lui confère une très forte responsabilité dans la conservation de l’espèce, 
  • Distance d’évitement 40-50 mètres

Le travail réalisé depuis 2011, porte ses fruits mais la situation générale reste fragile. La protection des gravelots est une action globale qui prend en compte la conservation d’un écosystème sensible : les hauts de plage. Protéger nos plages, pour qu’elles vivent, c’est permette la conservation d’un écosystème fragile de notre patrimoine naturel. Les actions menées en faveur des gravelots sont un moyen d’éduquer à l’écologie le grand public, et d’expliquer les effets des activités humaines sur les milieux naturels et les espèces. Protéger la bande littorale et les milieux dunaires, c’est protéger nos activités socio-économiques, culturelles et de loisirs concentrées sur la bande littorale. L’arrêt des actions de protection pourrait aboutir au déclin rapide et irrémédiable de l’espèce d’ici 50 ans.

Au vu de la responsabilité de la Bretagne pour la conservation de cette espèce, il est nécessaire que la Bretagne (façade Nord Atlantique-Manche Ouest, NAMO) puisse bénéficier d’une stratégie d’actions limicoles nicheurs des hauts de plages similaire à celle de la façade Manche-Mer du nord.

> Retrouvez le rapport complet ici