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Nos positionnements

Le Conseil d’administration de l’association débat régulièrement des problématiques environnementales locales, régionales ou nationales pour produire des positionnements politiques et sociétaux propres à Bretagne Vivante. 

À propos des Goélands urbains

Depuis les années 1990, les communes réalisent des campagnes de stérilisation des œufs pour inciter les goélands à partir. Les suivis menés notamment par Bretagne Vivante démontrent que cette méthode est inefficace pour remplir cet objectif, malgré son coût élevé. Au contraire, la stérilisation entraîne un étalement de la population vers des secteurs encore non-utilisés par les goélands, augmentant de fait les conflits.

Il en résulte des difficultés de cohabitation en ville entre humains et goélands, car les méthodes de gestion actuellement déployées ne prennent pas correctement en compte la présence des goélands. La présence des goélands en ville est inéluctable, il faut donc avoir une gestion visant la cohabitation plutôt que le rejet. Une gestion cohérente tiendrait en quelques points :

  • Limiter l’accès des goélands aux ressources alimentaires anthropiques, en améliorant la gestion des déchets et en adoptant les bons comportements.
  • Sensibiliser les habitants au sujet de la présence des goélands pour répondre à leurs interrogations et ne pas forcément la voir comme une contrainte, mais comme une opportunité de connexion à la nature.
  • Mettre en place une gestion différenciée des populations urbaines, avec des zones que les goélands ne doivent plus être incités à exploiter (e.g. zones résidentielles) et des zones où les goélands doivent pouvoir se reproduire sans être dérangés, là où se concentre la majorité de la population de la ville.
  • Intégrer la présence des goélands aux plans d’urbanisme, au stade de la planification des constructions ou des travaux, sur le plan architectural ou avec des aménagements légers.
  • Limiter leur installation au cas par cas si un risque d’atteinte à la santé et/ou la sécurité publique est démontré, et si ce risque ne peut pas être pris en compte d’un point de vue architectural et qu’il ne peut pas être empêché par la limitation de l’accès à la ressource alimentaire.

Dérogation à la protection stricte des espèces : des conditions rarement respectées
Les goélands sont des espèces protégées au sens de l’article L411-1 du code de l’environnement qui interdit la destruction ou l’enlèvement des nids, des œufs, des poussins et des adultes, ainsi que la destruction, l’altération ou la dégradation des habitats, et notamment des sites de nidification. Ces faits sont pénalement répréhensibles (art. L. 415-3 et R. 415-1 du code de l’environnement).

Les méthodes de gestion actuellement déployées (stérilisation, effarouchement, aménagement des toits) nécessitent donc d’obtenir une dérogation « espèces protégées » auprès de la DDTM, conditionnée par :

  • Le maintien, dans un état de conservation favorable, des populations de goélands ;
  • La démonstration d’une atteinte à la santé et/ou à la sécurité publique par les goélands ;
  • La mise en œuvre au préalable de mesures alternatives (gestion des déchets, aménagements architecturaux, sensibilisation des habitants) et la démonstration de leur échec ;
  • L’évaluation des effectifs de goélands sur le secteur concerné avant et après la mise en œuvre de la méthode de gestion ;
  • La production d’un bilan rapportant le suivi, les résultats et l’efficacité des opérations.

Or, les conditions d’octroi de ces dérogations ne sont pas respectées dans la très grande majorité des cas.

Positionnement complet : Adopter une stratégie cohérente de gestion des goélands urbains

À propos du développement du photovoltaïsme et de agrivoltaïsme

Dans un contexte où la France doit produire plus d’électricité issue des énergies renouvelables, des incitations commerciales, à l’attention des particuliers et agriculteurs, fleurissent pour promouvoir l’installation de panneaux photovoltaïques. Faute de réglementation spécifique, il n’est pas rare que ces installations soient déployées dans des milieux naturels fragiles (landes, périmètre de captages d’eau potable, etc.). Les impacts environnementaux de ces installations alarment Bretagne Vivante.

L’association demande ainsi que , tout projets d’installation photovoltaïque en zones naturelles, forestière ou agricole soient écarté. En effet, dans la plupart des cas rencontrés, les projets impactent de manière irréversible (décapage, drainage, compactage des sols… ) les milieux et participent inéluctablement, de ce fait, à l’effondrement de la biodiversité.

Bretagne Vivante demande ainsi qu’un moratoire à l’examen de tout projet photovoltaïque et agrivoltaïque, dont l’implantation se situerait hors zone déjà bâtie et artificialisée, c’est-à-dire en zone naturelle, agricole ou boisée.

Bretagne Vivante est pour le développement des énergies renouvelables, mais pas au détriment de la biodiversité. Nous demandons que soit installé prioritairement les équipements photovoltaïques sur des zones artificialisées ne représentant plus de réels intérêts écologiques : toitures, ombrières, bâtiments publics, industriels ou agricoles, décharges ou friches industrielles

Lire notre positionnement : Positionnement de Bretagne Vivante – Photovoltaïsme et Agrivoltaïsme – Février 2024

À propos des énergies marines renouvelables (EMR)

Bretagne Vivante estime que la France a pris du retard dans le développement des énergies marines renouvelables. Elle s’est principalement centrée sur l’éolien en mer. La Bretagne, forte de sa façade Atlantique, dispose de nombreux atouts pour l’éolien flottant et l’hydrolien. 

Bretagne Vivante est pour le développement des EMR sous certaines conditions. Leur développement doit se faire dans un strict respect des écosystèmes et en parallèle, la France doit engager une politique forte et ambitieuse d’économie d’énergie et de diminution de la part du nucléaire. Le développement des EMR doit également aller de pair avec le développement d’emplois locaux et non délocalisables, ainsi qu’en concertation avec les APNE.

Le problème majeur que soulève Bretagne Vivante est le cruel manque de connaissances sur le milieu marin et les espèces marines pour évaluer l’impact des projets EMR.
Nous soutenons donc les démarches de recherche et d’expertise concernant les impacts des projets EMR afin de les éviter, ou les réduire.

Le développement des projets EMR doit donc s’accompagner de projets de recherche et d’études environnementales poussées. Un suivi indépendant des impacts cumulés réalisé à l’échelle de la façade maritime nous paraît indispensable face à la multiplication des projets.

À télécharger : 

Bretagne Vivante_Positionnement EMR FINAL_juin 2020

EolBredSud-Cahier d’acteur-Bretagne-Vivante

 

À propos de la méthanisation

La méthanisation est un procédé biologique naturel. Son utilisation a été mise en œuvre à travers le monde de longue date. En Bretagne, ce principe a été porté dès les années 1980 comme une composante des alternatives au nucléaire afin de contribuer à l’autonomie énergétique de la Bretagne. Aujourd’hui, la logique a changé. Ce modèle a évolué. Il est désormais de taille industrielle et est présenté comme un moyen de gérer :

  • les gros volumes d’effluents  agricoles (effluents organiques type lisiers),
  • les déchets de l’agro-industrie (refus de fabrication  des industries agro­-alimentaires, invendus des GMS, rebuts d’abattoirs (panses, etc…)),
  •  les boues de STEP et, pour partie, produire de l’énergie.
 

Favorisé par le cadre législatif (loi NOTRe, autorisation  unique issue de la loi Macron), il est projeté la construction de 1500 usines de méthanisation en France d’ici 2020 dont plus de 100 en Bretagne. Cependant, le  retour d’expérience que nous avons depuis  plusieurs années montre, en France et ailleurs, que la méthanisation s’avère être – en particulier pour les agriculteurs – une cause d’endettement qui augmente la dépendance au modèle intensif voire amène à changer de métier (énergiculteur).   
La méthanisation incite alors à produire de manière toujours plus intensive pour rentabiliser les installations ; ceci conforte le modèle ultra-productiviste qui génère pollution des eaux et nuisances diverses pour les populations.

De plus, le subventionnement de l’ensemble de ce système crée des déséquilibres dans les marchés, créé un appel d’air vers des projets peu rentables économiquement, sans véritable intérêt public, mais attire des spéculateurs peu soucieux d’améliorer les méthodes agricoles ou bien de respecter l’environnement (cf. pollutions avérées, incidents, accidents, explosions, etc.).

La méthanisation en phase industrielle apparaît de fait comme une fausse bonne idée.

À télécharger : 

Positionnement = La stratégie de développement de la méthanisation en Bretagne – Bretagne Vivante

Article = Bretagne Vivante Mag Automne-Hiver 2022

5 raisons pour un moratoire de la méthanisation en Bretagne (avec FNE Bretagne)

Audition au Sénat de FNE et FNE Bretagne sur la méthanisation

À propos des algues vertes

La Cour des Comptes et la Chambre régionale des comptes de Bretagne ont engagé, en décembre 2019, une évaluation des politiques publiques de lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne.

Pour la Cour, il ne s’agit pas de contrôler la rigueur des comptes, mais de mesurer l’éventuel impact des actions annoncées. En avril 2020, dans le cadre de ce travail d’évaluation, Bretagne Vivante, FNE et Eau et rivières de Bretagne ont adressé aux magistrats, en réponse à leur sollicitation, leur contributions.

À télécharger 

Positionnement BV Algues Vertes

Pour aller plus loin

Manifeste pour des bassins versants d’eau potable sans pesticides

À propos de la stratégie maritime Nord-Atlantique-Manche Ouest

Autres positionnements

Positionnements communs