vendredi 15 mai 2020

Suivi 2020 de l’évolution de la population de cynoglosse des dunes (Omphalodes littoralis)

Réserve Naturelle Saint Nicolas des Glénan

La cynoglosse des dunes (Omphalodes littoralis) est une Borraginacée endémique du littoral atlantique français, protégée au niveau national et inscrite à l’annexe II de la Directive européenne Habitats faune-flore. L’archipel des Glénan constitue sa limite nord de répartition.

Les relevés phytosociologiques des deux carrés permanents ont fait l’objet d’un suivi le 5 mai 2020 réalisé par M. Hardegen (CBNB), B. Ferré et M. Diard

En 2017, un nouveau mode de suivi par transect a été mis en place. L’objectif visé est de mieux connaître la dynamique interannuelle des populations de cette espèce annuelle et de mettre en évidence les liens entre le recouvrement de la pelouse dunaire et les effectifs. Il a été positionné pour permettre en même temps le suivi de l’impact du nouveau platelage mis en place sur cette partie de la dune fixée.

Pour ce suivi par transect, une diagonale a été tirée entre l’enclos de la réserve et le front de mer. Ce transect de 140 m traverse la pelouse dunaire et un endroit de forte densité de Cynoglosse des dunes. Plusieurs indicateurs simples sont relevés le long de ce transect : le recouvrement de la végétation en distinguant recouvrement par les lichens, les bryophytes et les plantes supérieures et le nombre de pieds d’Omphalodes littoralis. Ces informations sont relevées dans un carré de 50 cm², positionné tous les 5 m le long du transect.

Le suivi mis en place depuis 2017 montre une grande variabilité des effectifs, phénomène assez courant chez les espèces annuelles qui réagissent fortement aux facteurs environnementaux. Ces fluctuations interannuelles s’expliquent probablement en premier lieu par l’effet de la météo. Ce qui reste constant d’une année sur l’autre est le fait que le Cynoglosse des dunes se retrouve toujours dans les mêmes secteurs, dans les pelouses de la dune fixée montrant des ouvertures du tapis végétal. L’espèce est plus rare dans les pelouses très fermées et dans les pelouses de la dune vive.

Le nombre de pieds observés en 2020 est faible comparé aux deux années précédentes, 2017 (n=87), 2018 (n=208), 2019 (n=646) et 2020 (n= 92) mais les pieds observés étaient majoritairement de grande taille et comportaient plusieurs fleurs. Les nombreux individus observés en 2019, étaient en moyenne plus chétifs.

Ce suivi permettra d’évaluer si la pose du nouveau platelage et des clôtures installées le long de ce dernier auront un impact sur la dynamique des populations d’Omphalodes littoralis.

Marion Hardegen (CBNB) et Marion Diard (RNN Glénan) – Mai 2020