vendredi 17 novembre 2017

Porh Klud, restauration d'une tourbière

Porh Klud

La tourbière de Porh Klud a été exploitée pour l'extraction de tourbe de 1940 à 1950 environ. Depuis le site est à l'abandon et s'est lentement fermé. Les saules et les bouleaux ont progressé à partir de la périphérie.

À partir des années 1980 le site a reçu la visite de quelques naturalistes qui y ont observé un cortège floristique et faunistique intéressant: sphaignes, droseras, grassette, narthécie, rhyncospore, linaigrette... escargot de quimper, lézard vivipare... Le site fut alors classé en ZNIEFF

Dans les années 2000 la commune décide d'acheter la parcelle. L'ensemble fait 5 ha dont environ 2 ha de tourbière.

En 2010 la commune signe une convention de gestion avec Bretagne Vivante et le plan de gestion 2010-2020 est rédigé dans la foulée.

Par la suite, le site et sa périphérie boisée ont été inclus dans le périmètre Natura 2000 Forêt de Quénécan, l'opérateur étant la Communauté de Commune du Kreiz Breizh (CCKB). Celle-ci a rédigé un document d'objectifs qui a été signé en septembre 2015. Cette signature ouvrait la possibilité de demande de subventions pour des travaux de restauration et d'entretien.

Encouragés par Ronan Caignec du Sage Blavet nous, les conservateurs de la réserve, avons décidé de tenter notre chance sur cette première ouverture à subventions. Après un premier dossier de pré-demande validé au printemps 2016 nous avons déposé le dossier définitif en septembre 2016, juste dans les délais imposés. L'accord pour travaux nous a été donné en novembre 2016, trop tard pour commencer les travaux cette même année. Les travaux ont été prévus pour l'automne 2017. Le délai pour la réalisation nous a été fixé au 20 octobre 2017.

La partie administrative, dossiers demandés par la DDTM 56, était très compliquée pour nous, bénévoles de Bretagne Vivante. Nous avons été épaulés de manière très efficace par le tandem Ronan Caignec (Sage-Blavet) et Céline Dégremont(en charge des réserves de Bretagne Vivante). Il nous restait la partie repérage sur le terrain, cartographie et contact avec des entrepreneurs forestiers pour des devis.

Les deux entreprises contactées ont présenté des devis assez similaires. Nous avons retenu l'entreprise la plus proche, celle de Dominique Auffret de Trémargat qui travaille en duo avec Ludovic Tardif de Paule, spécialisé dans le débardage avec des chevaux.

Devis et facture finale: 10.300 euros pour une surface traitée d'environ 0,7 ha.

Le chantier s'est déroulé du 15 septembre au 15 octobre 2017.
Le début du chantier

La facture de l'entreprise a été envoyée à Bretagne Vivante. Celle-ci bénéficie de la subvention qui doit être versée par la DDTM à raison de 100% des coûts alors que si la demande avait été faite par la commune il serait resté 20% à la charge de celle-ci.

Le périmètre du chantier a été traité par arrachage au câble dans la partie tourbeuse sauf pour les arbres dont le développement racinaire était trop important. L'extraction des souches a créé de grandes surfaces où la tourbe est à nue, sans doute comme à l'époque de l'extraction de la tourbe il y a 70 ans. Un coup de jeune pour la tourbière!

Les arbres exploitables en bois de chauffage ont été rassemblés dans des lieux accessibles aux tracteurs, les autres ont été éparpillés en sous-bois et y seront laissés. L'escargot de Quimper appréciera!

Il faudra maintenant suivre de près l'évolution du site. Reverra t-on les espèces patrimoniales citées dans les fiches ZNIEFF? C'est l'un des objectifs de ce chantier, restaurer la tourbière c'est restaurer la biodiversté. Quelques signes déjà, alors que le chantier fume encore: la bergeronnette des ruisseaux, la bécassine et un sympétrum rouge y ont été vus.

L'autre objectif concerne l'amélioration des fonctionnalités hydrologiques ( ressource en eau, qualité).

Nous avons une base solide pour juger de l'évolution de la biodiversité, de nombreux inventaires ont été menés par les pionniers José Durfort, Agnès Stéphan et François Legendre (rédacteurs des fiches ZNIEFF) puis, à partir des années 2000  par des bénévoles de Bretagne Vivante dans le cadre du suivi préconisé par le plan de gestion.

 

Fin du chantier