mardi 21 juillet 2020

L’île aux Moutons interdite exceptionnellement au débarquement cet été.

Ile aux Moutons

L'île aux Moutons, située dans l'archipel des Glénan, abrite chaque année d'importantes colonies d'huîtriers-pies, gravelots à collier interrompus et autres sternes. Ils y trouvent les conditions idéales pour nicher, loin des humains et des prédateurs terrestres, présents presque partout ailleurs.

Ce refuge insulaire est l’un des très rares sites en France permettant la nidification de 3 espèces de sternes. C’est l’une des plus importantes colonies pour la Sterne Caugek et la principale pour la Sterne de Dougall (espèce considérées en « danger critique d’extinction » d’après la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine-2016).

Nouveauté cette année, les effectifs de sterne caugek ont encore augmentés pour dépasser les 3 000 couples, soit environ le quart de la population française.

En raison du confinement et l’absence de présence humaines, les sternes se sont installées sur l’ensemble de l'île, sur les sentiers ou sur la pelouse proche de la cale d'accès.

Fin mai et début juin, munis des dérogations nécessaires, Bretagne Vivante, avec l'aide de l'APECS et de l'OFB, puis de ses bénévoles enfin d
éconfinés, a dénombré les différentes colonies ayant investi l'île.236 couples de sterne pierregarin et 49 couples de sterne de Dougall nichent aussi sur l’île cette année.
En ce début d’été l'activité de la colonie mixte de sternes est intense sur l'île aux Moutons.  Alors que les adultes font des allées et venues incessantes entre leurs zones d'alimentation et la colonie, les poussins patientent sous cet intense et bruyant ballet aérien.

 

Les parents rapportent à chaque trajet anchois, sardines ou autres lançons et c'est grâce aux cris que chacun retrouve sa progéniture. Les poussins ont désormais quitté la coupe du nid, une simple cuvette creusée au sol, pour former des crèches de plusieurs dizaines de poussins en bordure de l'île et sur les plages. Les plus grands poussins exercent leurs ailes et les premiers juvéniles volent déjà depuis quelques jours.

L'activité est soutenue aussi pour les naturalistes de Bretagne Vivante qui veillent au bon déroulement de la reproduction de ces espèces protégées. Afin de mieux comprendre leur biologie et connaître leurs déplacements, Bernard Cadiou, oiseaumarinologue à Bretagne Vivante et bagueur agréé par le Museum National d'Histoire Naturelle aidé de ses collaborateurs ont marqué plus d'une trentaine de poussins cette année dans le cadre d'un programme européen de baguage des sternes de Dougall.

Chaque poussin est muni de deux bagues gravées d'un code individuel, permettant de l'identifier durant toute sa vie sur les sites où il sera observé par les ornithologues. "C'est une bonne année" explique Yann Jacob, qui suit les sternes de Dougall à travers la Bretagne depuis une quinzaine d'années "non seulement le nombre de couples nicheurs a augmenté de 32 à 49 couples cette année mais, surtout, le nombre de poussins n'a jamais été aussi élevé".

La mortalité des petits poussins constatées ces deux dernières années ne s'est pas produite cette saison. C'est une bonne nouvelle pour la conservation de cette espèce menacée qui est très localisée en Europe de l'Ouest.

Comme chaque année depuis 1993, un gardien saisonnier veille sur tout ce petit monde jusqu'à l'envol des poussins et de leurs parents vers leurs quartiers d'hiver.

Ainsi, déjà protégé par un arrêté de protection de biotope, l'accès à l'île et à ses plages est cette année intégralement interdit au public jusqu'à fin août afin de préserver cette biodiversité exceptionnelle.

Merci aux plaisanciers pour leur compréhension et de rester à distance.