samedi 17 novembre 2018

Nature vs urbanisation à Rothéneuf

Frange sud de Rothéneuf

Le dossier d’aménagement de la frange sud de Rothéneuf interpelle sur la politique d’urbanisme conduite  à St Malo.

 

Deux interrogations majeures  se posent, touchant la préservation des milieux naturels et la connaissance de la biodiversité.

 

  • Est-il justifié de poursuivre une politique de consommation de terres agricoles et de zones humides, riches en biodiversité alors que l’emploi et la population sont globalement stagnants sur le pays de St Malo et que la ville semblait avoir fait le choix d’une densification des zones urbanisées?
  • Quelle est la stratégie de la ville en matière de connaissance et de préservation de la biodiversité sur le territoire municipal ? St Malo envisage-t-elle de répondre à la proposition de l’Agence Française de la Biodiversité de réaliser un atlas de la biodiversité communale, une opportunité pour connaitre et protéger la biodiversité de notre zone littorale ?

 

L’urbanisation de Rothéneuf sud conduit à détruire un milieu naturel riche.

 

Dans ce projet, Bretagne Vivante dénonce, aujourd’hui comme hier, la consommation de terres agricoles (un projet de 25ha), la destruction de zones humides (28 710 m2), la destruction d’une flore protégée comme l’orchidée (orchis négligé), la destruction d’habitats favorables à l’avifaune dont des espèces sur la liste rouge (cisticole des joncs, tarier pâtre).

 

Par ailleurs le remodelage de la pelouse sableuse à l’ouest et des prairies humides centrales pose un vrai problème d’ingénierie écologique.

 

Ces destructions envisagées avaient soulevé de fortes réticences de la part de l’état (DREAL et MRAE), de sorte que le projet a nécessité pour obtenir l’aval du Conseil National de Protection de la Nature d’y inclure des modifications drastiques pour éviter le maximum de destructions, et pour pallier les pertes de biodiversité inhérentes à l’implantation des infrastructures.    

 

La démarche ERC (Éviter, Réduire, Compenser) a mieux été prise en compte dans la conception du nouveau projet. Dès lors, Bretagne Vivante relève

 

Les points positifs suivants :

 

En préalable, elle souligne la qualité des études faune et flore qui ont été réalisées. Dans le nouveau projet, il a été tenu compte  partiellement des remarques et des conseils de l’autorité environnementale.

Certaines mesures d’évitement sont bienvenues notamment la préservation d’une partie de la zone humide  et le  traitement spécifique réservé à la partie dunaire ouest.

 

Sont positifs enfin, le suivi du projet par un écologue, la programmation des travaux préparatoires respectant les cycles biologiques, la création d’un parcours piétons–vélos pour lequel il est souhaitable de faire des propositions de continuités  à la sortie du secteur.

 

Nous relevons cependant des points négatifs :

 

Le déplacement d’espèce végétale, ici les orchidées, est rarement une réussite. Ne peut-on pas maintenir en l’état les sites où elles poussent naturellement ?

 

Peu est dit au sujet de la  technique d’ingénierie qui sera utilisée pour la création, à titre de compensation de la nouvelle zone humide. Y aura-t-il des introductions d’espèces végétales herbacées sur le site, a- t-on bien identifié les connections qui mettront en relation les populations de batraciens avec leurs congénères dans la trame paysagère ? À quelle échéance escompte-t-on que   les fonctionnalités de l’écosystème seront acquises ?

 

Plusieurs mesures de compensation (création de mares, noues paysagères) méritent d’être améliorées et d’autres d’être renforcées (restauration de la dune du davier en bordure immédiate de la  mer, création de strates arbustives diversifiées les plus favorables à l’avifaune)

S’agissant de la question de la concertation autour de ce projet, nous constatons que seules les instances administratives ont été sollicitées (le SAGE, la DREAL, la Police de l’Eau, les services de la ville et de l’agglo). Une nouvelle fois, il nous faut dénoncer le refus d’intégrer les citoyens à l’élaboration du projet : plusieurs associations auraient répondu favorablement si le dialogue leur avait été proposé. Dans le dossier déposé au CNDP promesse a été écrite qu’un comité de suivi volontaire des mesures environnementales sera créé pour suivre la mise en œuvre des opérations et du suivi scientifique afin de vérifier l’efficacité des différentes mesures. Qui sera invité à ce comité de suivi ?

 

Nos demandes :

 

Qu’une attention particulière soit portée à 2 secteurs : la zone humide préservée pour laquelle les connexions biologiques seront valorisées et le secteur du Davier, lieu de vie de plusieurs espèces animales ou végétales rares et protégées afin d’y favoriser au maximum la biodiversité. Attention de ne pas confondre cette exigence avec la création d’un espace vert paysager. Ce secteur du Davier risque de devenir une zone d’affluence touristique estivale surtout si une école de voile est implantée et un parking créé. Nous demandons que pour ces deux secteurs, des associations notamment naturalistes soient invitées à la réflexion.

 

Que soient approfondies certaines mesures compensatoires : ne pas déplacer mais sauver les stations d’orchidées, restaurer la dune du davier en proximité immédiate de la mer, revoir l’étagement des lignes arbustives pour favoriser davantage encore l’avifaune et créer des zones de quiétude propices à la nidification.

Que les jardins de Bignon soient maintenus.

Bretagne Vivante demande qu’une réflexion globale sur la biodiversité dans la ville et même l’agglomération de St Malo soit engagée avec le soutien de l’AFB (agence française de la biodiversité).

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