vendredi 12 juin 2020

Suivi des stations d’Erodium botrys sur Groix en 2020

Groix

Erodium botrys (le Bec de grue en grappe) est une espèce rare et protégée en Bretagne, notée comme ayant un « enjeu fort » sur l’île de Groix. Il s’agit d’une plante annuelle à affinités méditerranéennes, qui a besoin d’un site bien exposé au soleil et sans trop de concurrence végétale.

Erodium botrys se distingue des quatre autres espèces d’Erodium présentes sur Groix par :

 - la forme de ses feuilles, qui sont entières et lobées chez E. botrys, elles sont entières et peu lobées chez E. maritimum et pennées chez les trois autres espèces. Sur les plantes en situation stressée, les feuilles sont parfois peu visibles.

- ses fruits (cf. en tête de page). Quand il est bien développé, le bec du fruit est très long chez E. botrys, souvent plus de 40 mm et parfois plus de 100 mm. Mais il peut être plus court chez les plantes naines, qui sont assez fréquentes sur Groix. Proportionnellement, le bec est beaucoup plus court chez les quatre autres espèces.

- ses fleurs. Comparées aux autres espèces de Groix, les pétales sont relativement larges et arrondies chez E. botrys, avec des veines bien marquées.

L’espèce est connue sur Groix depuis 1883, elle est également connue sur Belle Île et au Petit Mont en Arzon, mais elle reste très rare dans le Morbihan.

Elle a été revue sur Groix en 2003 sur une seule station. Depuis, quelques stations supplémentaires ont été découvertes, donc l’espèce semble être en extension, peut-être favorisée par le changement climatique.

Erodium botrys a été trouvée majoritairement sur des bords de sentier (parfois même en plein milieu), sur des sols squelettiques maintenus ouverts par le piétinement, dans des sites partiellement abrités des vents par une végétation environnant plus haute, généralement sur des pentes orientées plus ou moins au sud.

Sur ses stations groisillonnes, la menace principale semble être la fermeture de la végétation. L’entretien des sentiers et le piétinement peuvent sans doute détruire quelques individus, mais l’action de ces deux facteurs semble être globalement favorable pour l’espèce par leur maintien de milieux ouverts.

Les stations connues d’Erodium botrys ont été visitées peu après la fin du confinement Covid19 par deux bénévoles de l’antenne. Un comptage approximatif de nombre de pieds a été effectué. Ce dénombrement n’est pas très précis, car il était difficile de distinguer certains pieds qui étaient déjà desséchés après plusieurs semaines de temps très sec et inhabituellement chaud en mars et avril.

Erodium botrys semble se porter bien sur Groix, avec l’apparition de plusieurs stations nouvelles ces dernières années. Il est possible qu’il reste d’autres stations à découvrir, notamment sur le coteau qui surplombe le vallon sud de Port St Nicolas.

L’espèce semble néanmoins avoir souffert des conditions météorologiques exceptionnelles de 2020, il est probable que beaucoup de plantes aient séché avant de pouvoir fructifier, ce qui pourrait impacter les populations de l’année prochaine. Il serait intéressant de refaire un suivi en 2021 pour valider ou infirmer cette hypothèse.

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