mercredi 2 septembre 2020

Usines de méthanisation bretonnes, nous exigeons un moratoire sur leur développement

Bretagne

Le 23 août 2020, l'usine de méthanisation de Kastellin à Châteaulin (29) a provoqué une pollution à l'ammoniaque de l’Aulne, privant ainsi que près de 200 000 personnes sur 40 communes d’eau potable. En cause, une fuite du produit de fin de fermentation (digestat) très chargé en nitrates.  C'est le 3ème accident de ce type en 3 ans.
N’y a -t-il pas un problème de gestion des risques liés aux méthaniseurs en Bretagne ?

En savoir plus sur les faits

Photo : Gwenaëlle Bron

Déjà en 2017, Eau et Rivières de Bretagne pointait le risque de fuite et d'écoulement comme l'un des problèmes liés à l'installation de ces usines de biogaz en Bretagne. La réponse apportée alors par les porteurs de projet fut lapidaire : ce risque n'existe pas !

Or, un risque qui « n'existe pas » ne peut être ni anticipé ni évité… Résultat, entre 2017 et 2020, 3 pollutions de cours d'eau du fait de fuites de méthaniseurs sont à déplorer en Bretagne.

Notons que les impacts de ce type de pollution restent difficiles à évaluer à court terme. Néanmoins, privant 180 000 personnes d’eau potable, l'impact humain est très important. Bretagne Vivante a ainsi déposé une plainte pour dégradation de la qualité de l'eau. L'enquête estimera les dégâts occasionnés, mais un suivi de la biodiversité du milieu pollué sur le long terme est indispensable.

Cet événement pointe du doigt, que d'une part, le risque de fuite existe et qu'il est anormal de ne pas s'en être préoccupé plus tôt. D'autre part, il prouve que, comme toutes installations industrielles, les usines de méthanisation doivent être soumises à une évaluation des risques avec, entre autres, une formation adéquate des exploitants, une culture de l’anticipation accrue, un contrôle et une évaluation en amont des lieux d'installation des usines.

Bretagne Vivante rappelle que le développement des méthaniseurs ne relève pas du métier d'agriculteur, mais de l'industrie. Cette technique, si elle n'est pas aboutie et suffisamment maîtrisée, induit des risques de pollution et des impacts importants sur l'environnement. La méthanisation industrielle n'est pas compatible avec une agriculture respectueuse des sols et de l'environnement. L'espace rural ne doit pas devenir le dépotoir des déchets créés par notre consommation exponentielle d'énergie, d'autant plus si nous la prétendons ''verte''.

Bretagne Vivante salue la décision du préfet de suspendre l'exploitation et s'associe à Eau et Rivières de Bretagne et la Fédération Bretagne Nature Environnement pour demander qu'un moratoire soit pris sur la poursuite des créations d’unité de méthanisation industrielles dans notre région.

Aller plus loin : Notre positionnement sur le développement de la méthanisation d'octobre 2017 est disponible sur notre site internet ICI

RDV dimanche 30 août - 11h à Châteautelin pour un rassemblement citoyen dénonçant les dangers de la méthanisation 

A l’initiative de paysans, consommateurs d’eau, environnementalistes, citoyens choqués par la pollution de l’Aulne par le Méthaniseur Kastellin rendant dangereuse la consommation d’eau du robinet de plus d’une quarantaine de communes du Finistère.

Nous, paysans de la terre, paysans de la mer, associations de protection de la nature et de consommateurs, consommateurs d’eau et citoyens, réclamons de la part de l’État et des Collectivités Territoriales :

1/ Un moratoire immédiat concernant le développement de l’industrie de méthanisation en Bretagne.

2/ L’engagement de l’État à suspendre les arrêtés d’autorisation des méthaniseurs en place et compléter la protection des rivières par de nouvelles prescriptions.

3/ La fin des aides publiques de la Région Bretagne, de l’ADEME et des Conseils départementaux à la méthanisation et leur redistribution vers la conversion du modèle alimentaire et agricole au service des paysan.ne.s et de la résilience des milieux naturels face au dérèglement climatique.

 

Aller plus loin : Positionnement et argumentaire de la FBNE