lundi 30 août 2021

Une première en Bretagne : des mulettes perlières issues de station d’élevage survivent en milieu naturel !

Bretagne

Une première en Bretagne : des mulettes perlières issues de station d’élevage survivent en milieu naturel !

Les équipes de Bretagne Vivante ont fait une belle découverte dans les monts d’Arrée : une population de mulettes perlières issues d’élevage en captivité, réintroduites en 2012, par la fédération de pêche du Finistère, a survécu ! C’est la première fois que l’on peut attester de Mulette perlière vivante après une opération de "relâcher".

Comprendre le contexte

 
Remontons le fil de cette découverte. En 2013, la fédération de pêche du Finistère a relâché dans le Roudoudour, affluent de l’Elez (amont), une population de 400 mulettes âgées de 1 an. Les années ont passé sans que ce cours d’eau ne soit réutilisé pour ce type d'opération.
Pendant le LIFE, puis lors de la déclinaison régionale 2017-2021 du Plan National d’Actions (PNA) en faveur de la Mulette perlière, Bretagne Vivante a fait des suivis d'habitat de ce cours d'eau. Les résultats étaient alors plutôt encourageants sur la qualité du milieu. 

  

En 2020, les équipes de Bretagne Vivante formée à la récente technique de l’ADNe testèrent positivement le cours d’eau laissant penser que les mulettes âgées alors de 7 ans avaient survécu... Hypothèse confirmée après une recherche à l'aquascope en juillet 2021 à la recherche de ces mulettes relâchées en 2013 !
C’est la première fois en Bretagne que l’on peut témoigner de la survie en milieu naturel de mulettes perlières issues de la station d’élevage du Favot à Brasparts.

En savoir plus sur la station d’élevage du Favot

  

  
 
Que montre cette découverte ?


Cette découverte montre plusieurs choses.La première est que Bretagne Vivante et la Fédération de Pêche du Finistère maîtrisent les étapes de l'élevage en captivité et la réintroduction de mulettes perlières dans leurs habitats naturels.

La seconde est que grâce au temps long de cette expérience (près de 10 ans), nous avons pu prouver que ces opérations de soutien de populations naturelles sont de vrais outils pour la conservation d'une espèce en danger d'extinction. Les temps des projets ne pourraient-ils pas s’aligner sur l’espérance de vie des espèces concernées ?

Enfin, cela montre que nos cours d'eau ont encore la qualité suffisante pour la survie d'individus de mulettes perlières, même s'il reste des freins à la viabilité du cycle biologique complet de l’espèce. Dans le cas du Roudoudour, les inquiétudes reposent sur les populations de poissons, les débits/étiages et sur les températures de l’eau. Sur d'autres cours d'eau comme dans le Morbihan, nous savons que la qualité physico-chimique est bonne, mais que cela n'est néanmoins pas suffisant pour l’exigeante Mulette. En effet, il faut aussi s'attacher aux questions de transfert des sédiments fins en lien avec le bassin-versant dans son ensemble, et pas seulement le cours d'eau en lui-même (qualité physico-chimiques et continuité écologique).

Restaurer l'habitat d’espèces menacées telles que la Mulette perlière dépasse largement le cas d’un cours d'eau, mais englobe l’environnement plus large et oblige donc une réflexion plus globale sur tous les enjeux de biodiversité.

En savoir plus sur la Mulette perlière en Bretagne