mercredi 20 mars 2019

Semez, mais avec précaution !

France

Suite à la dernière communication du mouvement "Nous voulons des coquelicots, que nous soutenons, des précisions s'imposent quant à l'idée de semer, semer, semer...

Semer, oui mais avec précaution 

Ils ne s’agit pas dans ces quelques lignes d’enrayer le mouvement magnifique des Coquelicots qui lutte contre les produits néfastes à la biodiversité bien au contraire, mais plutôt quelques recommandations amicales d’amoureux des plantes sauvages.
Joyeux activistes semeurs d’espoir, prenez le temps de lire ces quelques précautions avant de vous lancer dans vos semailles :

  • Semer des espèces horticoles peut entraîner des « pollutions génétiques » néfastes pour les espèces sauvages. Préférez semer des graines issues de plantes sauvages proches de chez vous, en ne prélevant qu’une petite quantité de graine. Elles ne pousseront que mieux car déjà adaptées au sol et aux conditions climatiques.
  • Nous ne vivons pas dans un décor, la nature autour de nous est vivante et déjà peuplée d’espèces sauvages. Apprenez d’abord à les connaître avant de vouloir les « bombarder » ! Ne nous trompons pas de direction, semer partout pour changer le décor ne permettra pas de restaurer les sols et les conditions de vie nécessaires pour le développement des plantes sauvages et la faune qui y est liée.
  • Les plantes sont des êtres vivants, ne les faites pas naître dans des milieux pollués !
  • Préférer des espèces locales et si vous ne souhaitez pas prélever dans la nature n’achetez que des graines certifiées par un label, et oui ça existe, il s’agit du label « végétal local » développé par la Fédération des Conservatoires botaniques nationaux (plus d’infos ici : http://www.fcbn.fr/vegetal-local-vraies-messicoles).
    11 régions d'origine existent pour définir la notion de "locale" et une liste de producteurs par région, à lire içi : http://www.fcbn.fr/tableau-d-especes-labellisees.

Alors oui semons dans des endroits symboliques, en milieu urbain déjà fortement anthropisé, mais respectons aussi la liberté des plantes sauvages de se déplacer d’elle-même et le plus grand geste que nous pouvons faire est de leur permettre de vivre dans des terres non polluées par des produits dénaturant le sol et leurs conditions de vie !
Et puis un jour, un autre rêve : les plantes sauvages regagnent leur place dans nos vies, villes, nos jardins et que notre regard se porte sur leur beauté et qu’aménagement paysager rime aussi avec nature à préserver.
Alors semez, semez, mais semez des graines locales issues de plantes sauvages !