jeudi 28 avril 2022

[PROTECTION] Les Gravelots à collier interrompu en Bretagne : préservons l’espèce !

Bretagne

[PROTECTION] Les Gravelots à collier interrompu en Bretagne : préservons l’espèce !

Avec l’arrivée des beaux jours, les promeneurs sont de plus en plus nombreux à se rendre sur les plages pour se balader. Cette période marque également la période de nidification des Gravelots à collier interrompu sur le haut de nos plages, leurs sites de reproduction. Ces petits échassiers pondent à même le sable ou dans les galets, ce qui rend leur nichée très vulnérable. Espèce emblématique du littoral breton, elle est un bio-indicateur de sa bonne santé, d’où l’importance d’en prendre soin !

 

Un oiseau rare en déclin en France et en Europe 

Ce petit limicole côtier, très sensible, niche chaque printemps entre avril et août en diverses localités du littoral breton, des bancs coquilliers de la baie du mont Saint-Michel jusqu’aux plages du Morbihan.

Il dépose ses œufs à même le sable les rendant particulièrement vulnérables. Promeneurs, chiens, venant profiter de la plage sont autant de sources de dérangement pouvant compromettre de façon irrémédiable la réussite d’une nichée. Quand les œufs ne sont pas écrasés, les nombreux dérangements subis au cours d’une journée interrompent l’incubation et ne permettant pas le développement de l’embryon et/ou peuvent pousser les adultes à abandonner les nids. 

Le saviez-vous ?

80% des pontes sont en échec chaque année et seulement 14% des pontes avec poussins à l’éclosion donnent des poussins atteignant l’envol (condition sine qua non du renouvellement des populations).

 

Une nichée de Gravelot à collier interrompu, mimétique et quasiment indétectable - ©BV

La répartition de l'espèce sur la Bretagne

 

Bilan 2021 et évolution des effectifs nicheurs depuis 2011 

En 2018 : 239 couples ont été recensés

En 2020, 230 couples ont été recensés

En 2021 : 215 couples ont été recensés. Ce chiffre montre une nette baisse.

Le nombre de couples nicheurs qui était stable depuis six ans à l’échelle régionale, connaît une nette baisse en 2021.

Le nord de la Bretagne compte quatre secteurs actifs : la baie du mont Saint-Michel, le Sillon de Talbert, la baie de Goulven et la côte des légendes (secteur de Kerlouan). Cette portion de littoral accueille 24 % de la population bretonne. De la côte des légendes jusqu’au nord de la baie d’Audierne (Plouhinec) l’espèce est désormais absente.

La majorité des couples se concentre dans le sud Bretagne, de la baie d’Audierne à l’estuaire de la Vilaine (71,5 %). Un ensemble ressort tout particulièrement, de par la proximité des sites, il s’agit du réseau de sites : baie d’Audierne/pays bigouden sud, Mousterlin/Kérambigorn, Trévignon, l’archipel des Glénan/l’île aux Moutons. Sur ce territoire, se concentre 91,7 % de la population nicheuse du Finistère et 35 % de la population régionale.

L’ensemble des sites du Morbihan compte pour 41 % de la population régionale.

Consultez l'infographie 2021

  

Vers une prise de conscience collective

Il est primordial que les promeneurs soient attentifs et vigilants aux Gravelots, mais aussi aux autres espèces, ainsi qu’à la flore. N’oublions pas que la plage, bien avant d’être un lieu de loisirs est un milieu naturel vivant qui abrite des espèces animales et végétales sauvages protégées indispensables à la biodiversité. 

Femelle Gravelot et son petit (©A. Audevard)

Gravelot juvénile (© C. Morvan)

Quelques bonnes pratiques proposées par Bretagne Vivante 

 

Il est nécessaire d’alerter nos concitoyens sur la fragilité des hauts de plage et la nécessité de les partager avec les autres organismes vivants. Voici les règles de bonne conduite à suivre sur les plages pour la protection des Gravelots à collier interrompu et plus largement pour la biodiversité :

  • Tenir les chiens en laisse sur les plages et privilégier les sorties à marée basse
    Dans le Finistère, les chiens sont interdits sur les plages du 1er juin au 30 septembre.
  • Rester sur les sentiers balisés et éviter de marcher sur le haut des plages et les dunes où nichent les Gravelots et pousse la végétation, elle aussi très sensible et rare.
  • Éviter le dérangement de la faune sauvage. Les dérangements causés par les chiens et les humains, comme courir après les oiseaux, sont autant d’occasions pour eux de dépenser de l’énergie et d’impacter ainsi leur condition corporelle et, à terme,
     leur survie.
  • Respecter les mesures de protection mises en place sur les plages : enclos, panneaux d’information et de sensibilisation.
  • Eh bien évidemment, ramasser ses déchets en s’assurant qu’il n’y a pas de nid caché en dessous !

VIDÉO : 3 conseils simples à appliquer et partager pour protéger les gravelots !