lundi 27 juin 2022

Les reptiles, des espèces fragilisées : constat d’un déclin généralisé

Bretagne

Les reptiles, des espèces fragilisées : constat d’un déclin généralisé

Les reptiles sont des espèces particulièrement impactées par les changements environnementaux en cours. D’après les listes rouges régionales et nationales parues en 2015, sur les 10 espèces de présentes en Bretagne et Loire-Atlantique (hors espèces accidentelles ou introduites), 4 sont menacées de disparition à l’échelle régionale et 8 connaissent un déclin à l’échelon national. Ce phénomène touche jusqu’aux espèces les plus communes comme l’Orvet fragile ou la Couleuvre helvétique. 

  

Qui sont les reptiles de Bretagne et de Loire-Atlantique ? 

Photos de Charles Martin - Bretagne Vivante/Observatoire herpétologique de Bretagne  

Bretagne, une herpétofaune originale mais, à la santé fragile

De prime abord, la faune reptilienne bretonne peut sembler assez ordinaire. Composée de 9 espèces, la Bretagne (et plus généralement le quart nord-ouest de la France) est la seule région d’Europe où l’on peut rencontrer des espèces à vaste répartition européenne à tendance septentrionale et méridionale. Ainsi, la Bretagne accueille une des 3 dernières populations françaises de vipères péliades, espèce d’affinité nordique, avec des effectifs conséquents. 4 espèces sur 9 de reptiles sont menacées de disparition en Bretagne.

Il est à noter que les reptiles sont des espèces à faible capacité de dispersion relativement à la plupart des autres vertébrés. Cette caractéristique induit une fragilité intrinsèque de leurs populations vis-à-vis des pressions exercées sur leurs populations ou habitats.
Ils sont en première ligne face aux menaces actuelles qui pèsent sur la biodiversité, au premier rang desquelles on compte la destruction des habitats, l’artificialisation des sols, la fragmentation des paysages ou encore les évolutions prévisibles du climat. Dans ce contexte, en suivre et en comprendre les évolutions à l’échelle de la Bretagne devient une nécessité, une urgence, d’où l’importance du protocole POPReptile.

  

ZOOM sur ...Le protocole POP Reptile


Le protocole POP Reptile a pour objectif d'évaluer les tendances des populations de reptiles en France. Il s'appuie sur la mise en place de suivis temporels sur un grand nombre de sites répartis sur l'ensemble du territoire. Il est coordonné à l'échelle nationale par la Société herpétologique de France.
Bretagne Vivante suivi ainsi une cinquantaine de site en Bretagne et en Loire-Atlantique.  Pour en savoir plus ou participer : regis.morel@bretagne-vivante.org 

  

  

Un statut de conservation préoccupant pour près de la moitié des espèces de reptiles

Le petit nombre d’espèces considérées comme menacées de disparition ne doit pas masquer une situation globalement défavorable à l’herpétofaune bretonne. Un grand nombre d’espèces sont en effet à surveiller car susceptibles de basculer vers un statut de conservation défavorable.

Le déclin marqué de la couleuvre d’Esculape en Bretagne

Cette couleuvre a connu en seulement quelques décennies une nette contraction de son aire de répartition vers l’est de la Bretagne, les populations présentes autrefois dans le Finistère et le Morbihan ayant vraisemblablement disparu.

Accueillez les serpents, des auxiliaires au jardin ! 

Même s’il est aisé de lui coller l’étiquette du méchant prédateur, il est important de savoir que les serpents ont un réel rôle à jouer dans les écosystèmes et leur présence dans la nature ou dans un jardin accueillant n’a rien d’anormal. Ils se nourrissent de rongeurs, d’amphibiens et de lézards, et les jeunes serpents, sortant plutôt en septembre, mangeront essentiellement des insectes, permettant ainsi l’équilibre de la biodiversité locale.

Si vous avez des serpents dans votre jardin ou garage, c'est normal ! Isl recherchent principalement des endroits à l’abri, frais l’été (quand il fait trop chaud, au-delà de 27°C) et chauds l’hiver (pour se mettre hors gel).

Sa présence, bien que surprenante, n’a rien d’anormal quand on sait que les habitats naturels des serpents (friches, haies, zones humides...) disparaissent petit à petit au profit d’une urbanisation toujours plus grandissante.

Alors avant de brandir la pelle et de tenter d’éliminer ce fascinant animal, prenez le temps d’observer, de loin, ce visiteur.

Comment les reconnaître ? 

Les couleuvre ont des pupilles rondes, des queue longue et des grosses écailles. Ces derniers sont inoffensives et n'ont pas de venin.

Les vipères ont des pupilles verticales, la queue courte et des petites écailles. Elle sont venimeuses mais pas agressive. Bien au contraire… Pour éviter de « gâcher » son venin en vous attaquant, la vipère préférera prendre ses jambes à son cou (si l’on peut dire) pour lui éviter des efforts inutiles, et n’attaquera que si c’est sa seule échappatoire. Pour la faire fuir, taper le sol de votre pied, les vibrations la feront fuir ! 

   

Regardez notre vidéo à ce sujet ! 

  
Que faire pour cohabiter avec les serpents ?

La meilleure façon de cohabiter avec les serpents est d’aménager ou de réserver des zones de son jardin pour leur laisser des lieux de vie : herbe non tondue, mare, murs de pierres sèches, tas de bois… Et pour éviter de vous déranger mutuellement, l’idéal est d’installer ces abris loin de vos lieux de passage : chacun chez soi !

Pour plus d’informations, téléchargez la plaquette « SOS Serpents » de la LPO Aura