vendredi 4 novembre 2022

Les chauves-souris s’invitent chez nous pour l’hiver : laissons-les faire !

Bretagne

Les chauves-souris s’invitent chez nous pour l’hiver : laissons-les faire ! 

Saviez-vous que les chiroptères hibernent durant l’hiver ? En effet, entre les mois d’octobre et de mars, elles choisissent des abris humides et à températures stables pour passer cette période critique. Les grottes, mais aussi les caves et les sous-sols sont alors de parfaits refuges. 

Si vous en avez déjà rencontré durant cette période, il est important de les laisser s’installer  afin de permettre à ces mammifères protégés d’hiberner en  sécurité et de survivre à la mauvaise saison. De même, vous les aiderez beaucoup en ne les dérangeant pas dans leur sommeil, surtout s’il a lieu dans les profondeurs de votre maison. 

Les chiroptères sont de bons colocataires 

Vous n’avez aucune raison de craindre la présence des chauves-souris dans votre maison.  

En effet, les chiroptères sont majoritairement insectivores. Contrairement aux croyances  populaires, seules 3 espèces de chiroptères consomment du sang et elles se trouvent toutes  en Amérique du Sud. Elles s’en prennent alors discrètement à de grands animaux endormis,  tels que des chevaux ou des vaches, et se font rarement remarquer. Les espèces  européennes, elles, sont insectivores et ne s’en prendront ni à vous ni à vos animaux.  

Aussi, ne craignez pas de laisser quelques chauves-souris s’installer chez vous pour l’hiver. Elles ne se développeront pas, la reproduction a lieu plus tard dans l’année, au printemps et elles choisiront des lieux plus chauds. Ainsi, les chauves-souris quitteront naturellement vos sous-sols et caves aux beaux jours. 

Vous pourrez même y trouver un avantage en récoltant, à l’aide d’une bâche, les déjections  produites appelées guano : il s’agit d’un très bon engrais qui contentera les jardiniers. 

De plus, les chauves-souris sont aujourd’hui toutes protégées par la loi, de même que  leurs habitats. Il est donc important de favoriser leur survie. En effet, depuis plusieurs années, les populations de chiroptères sont en déclin. On estime notamment qu’entre 2006 et 2019, le nombre d’individus a diminué de 54 % !

 Plusieurs raisons à cela :

  • la disparition des habitats naturels des chauves-souris  par la rénovation et aménagements  des combles, 
  • la coupe des arbres creux 
  • la disparition des insectes (insecticides) dont elles se nourrissent
  • des maladies, de la stérilité…

 

Ainsi, un geste simple et à la portée de tous pour protéger ces animaux menacés : les laisser hiberner paisiblement chez vous ou ne pas déranger celles que vous verrez en milieu  naturel.

Focus sur le Grand Murin : une espèce menacée

Parmi les espèces de chiroptères les plus menacées se trouve le Grand Murin (Myotis myotis). Son nom lui vient de son envergure pouvant atteindre jusqu’à 45 centimètres. Le Grand Murin est aussi connu pour sa longévité exceptionnelle d’une vingtaine d’années. Un record a même été observé chez un individu ayant atteint 37 ans d’existence ! 

Les grands murins sont aussi très fidèles à leurs gîtes et reviennent régulièrement sur les mêmes lieux (à condition que ceux-ci ne subissent pas de transformations trop importantes) pour la reproduction, soit entre les mois d’août et le mois d’octobre.
Durant cette période, la femelle recueille le sperme du mâle et le conserve dans son organisme durant l’hiver. Ce n’est qu’à la fin de l’hibernation que la fécondation a lieu. Ce phénomène est appelé fécondation différée et permet aux femelles de mettre bas un jeune au début de l’été. 

Néanmoins, depuis une vingtaine d’années, les populations hibernantes de Grands Murins ont chuté de 2,8 %. Face à cela, Bretagne Vivante, en partenariat avec l’université de Dublin, a lancé une étude originale sur la dynamique des populations de Grand Murin. Les relevés de l’étude concernent la longévité, la survie et la fécondité de ces populations. Les résultats permettront d’en apprendre plus sur cette espèce mais aussi plus largement sur les chiroptères, et d’ainsi mettre en place des protocoles plus précis et plus efficaces pour leur protection.

  

  

Construire un nichoir à chauves-souris, le tuto de Marie Wild :