mercredi 28 septembre 2022

Grippe aviaire sur les réserves de Bretagne Vivante

Bretagne

Grippe aviaire  sur les réserves de Bretagne Vivante

 
Depuis le début de l'année 2021, l'influenza aviaire se propage chez les oiseaux, tant dans les élevages que dans la faune sauvage. L'ampleur de l'épizootie est dramatique pour les oiseaux, notamment marins dont le Fou de Bassan et le Goéland argenté, les deux espèces les plus touchées par la maladie en Europe.
Selon l’Organisation non gouvernementale Birdlife, près de 400 000 oiseaux sauvages en seraient morts dans le monde. Un chiffre sous-estimé, selon l’ONG, qui rappelle qu’une toute petite fraction des cadavres est testée.
Le bilan actuel, lui aussi sous-estimé, fait état de plusieurs centaines d'oiseaux marins victimes de la maladie en Bretagne et de plusieurs milliers en Europe. Les colonies de Fou de Bassan des Sept Îles (3% de la population européenne) et celle de Bass Rock, en Écosse (la plus importante colonie de l’espèce) qui comptent respectivement de l’ordre de 38 000 et 150 000 adultes reproducteurs, sont gravement décimées.
En Bretagne, une évaluation précise du taux de mortalité des oiseaux marins est pour le moment difficile. Il faudra en effet attendre la prochaine saison de reproduction, au printemps 2023, pour évaluer les populations nicheuses sur les colonies et déterminer l'impact précis de cette épizootie.

Point de situation sur deux réserves emblématiques : l’île aux Moutons (29) et les marais de Séné (56)

Dans le Finistère, sur l’île aux Moutons, les colonies de sternes n’ont pas été touchées par le virus contrairement à celle de la réserve du platier d'Oye sur la Côte d'Opale (62). En effet, en juin, plusieurs milliers de cadavres de sternes caugeks ont été retrouvés dans cette réserve ornithologique, deuxième plus grande aire de reproduction de l’espèce en France.

En 2022, l’île aux Moutons comptait moins de 450 couples de sternes caugek contre près de 2 800 en 2021. Il semblerait que de nombreux oiseaux aient quitté le Finistère pour le Pas-de-Calais afin d’y trouver des conditions plus favorables à leur reproduction (plus de nourriture, moins de prédation). La réserve du Platier d’Oye a donc concentré beaucoup de couples reproducteurs lorsque que la grippe aviaire s’est déclarée en juin, décimant ainsi la colonie.

« La raison pour laquelle les colonies bretonnes n’ont pas ou très peu été impactées par la grippe aviaire est encore inconnue. Il n’y a, a priori pas eu de contamination des colonies de sternes bretonnes malgré nos craintes de transmission du virus des sternes durant la migration vers leur quartier d’hivernage en Afrique » précise Yann Jacob, coordinateur de l’observatoire des sternes de Bretagne, salarié de Bretagne Vivante.

Dans le Morbihan, sur la réserve naturelle nationale des marais de Séné, malgré peu ou pas de cadavre d’oiseaux d’eau trouvés pour le moment, la vigilance est de rigueur avec les migrations hivernales qui arrivent.

Le pire arrive-t-il ?

Avec la saison de migration qui va débuter, les craintes pour les oiseaux bretons sont fortes. Des cas avérés ont été détectés dans les populations d'anatidés (canards, oies, etc.) des pays du Nord, qui arriveront bientôt sur nos côtes. 

La concentration des populations d'oiseaux hivernants en Bretagne fait craindre une propagation massive du virus à toutes les espèces : limicoles, anatidés, etc.

Que faire ?

Bretagne Vivante et les autres associations naturalistes bretonnes (Viv'armor, Géoca, LPO Bretagne et Loire-Atlantique) ont interpellé, par courrier, d'abord le préfet des Côtes d'Armor, puis l'ensemble des préfets départementaux pour demander des informations et des mesures concernant cet épisode inédit de grippe aviaire.
Nos associations souhaitent être des interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics locaux dans l'évaluation de la situation, mais également des acteurs force de proposition si des groupes de travail émergent.
Enfin, nos associations demandent des mesures supplémentaires d’urgence, notamment la suspension immédiate de lâchers dans la nature d’oiseaux originaires d’élevage (lâchers cynégétiques de faisans, perdrix, canards colverts, utilisation d’appelants de chasse…), à l’instar de ce qui est mis en place dans d’autres régions  françaises et pays européens.

Lire le courrier

Rappel des consignes sanitaires

 Éviter tout contact avec les oiseaux sauvages y compris les plumes et les déjections.
• Ne pas ramasser, toucher ou déplacer les oiseaux sauvages malades ou morts.
• Éviter tout contact avec les surfaces contaminées avec les déjections d'oiseaux.
• Si vous trouvez un oiseau mort en mer, en ville ou à la campagne, ne pas le toucher ni ne le déplacer, contacter les services de l'État ou la mairie (contacts ci-dessous).

La découverte de cadavres d’oiseaux sauvages ou d’oiseaux malades doit être signalée à l’Office français de la biodiversité (OFB) :
• Pour le Morbihan : 02 97 47 02 83 sd56@ofb.gouv.fr
• Pour le Finistère : 02 98 82 69 24 sd29@ofb.gouv.fr
• Pour les Côtes-d’Armor : 02 96 33 01 71 sd22@ofb.gouv.fr
• Pour l'Ille-et-Vilaine : 02 99 41 15 99 sd35@ofb.gouv.fr
• Pour la Loire Atlantique : 02 51 25 07 82 sd44@ofb.gouv.fr