mercredi 9 septembre 2020

Débat public : Des éoliennes flottantes en Bretagne Sud - Ce que nous défendons

Bretagne

L’éolien en mer, une bonne solution sous conditions

Jusqu’à la fin novembre 2020, un débat public est organisé sur l’implantation d’un parc d’éoliennes flottantes au large des îles de Groix et de Belle-Ile. Si Bretagne Vivante est favorable à cette énergie d’avenir, le débat public doit permettre à l’association et ses adhérent·es de porter la voix de la nature et d’exiger que la production d’électricité dite "verte" ne se fasse pas aux dépens de la biodiversité. Quelle position défendons-nous ? Comment participer à ce débat public d’un nouveau genre ?

  

Débat public : de quoi parle-t-on ?

Le débat public ouvert en juillet porte sur l’implantation de parcs éoliens en mer en Bretagne Sud. Il s’agit du premier parc commercial d’éoliennes flottantes en France. La Bretagne, forte de sa façade maritime, possède des atouts importants pour le développement de ces éoliennes flottantes. Cette technique permet de bénéficier de vents forts et réguliers, gage d’une meilleure productivité (2 à 3 fois plus puissante que l’éolien terrestre).
La consultation du public porte sur l’opportunité du projet et l’implantation géographique des parcs d’éoliennes. Elle est portée par le ministère de la Transition écologique, la Région Bretagne et le Réseau de transport d’électricité (RTE). Deux parcs éoliens flottants sont prévus d’ici 2027, ils fourniront près de 750 mégawatts d’électricité. Le raccordement électrique, réalisé par RTE, sera mutualisé aux deux parcs.

Le débat public nommé "éoliennes flottantes au large de la Bretagne Sud" est différent des précédents comme celui de Saint-Brieuc en 2013. En effet, il intervient en amont de l’appel d'offres prévu en 2021. C’est-à-dire que le cahier des charges du futur lauréat n’est pas encore rédigé, le débat est donc plus ouvert et des marges de manoeuvre sont possibles notamment pour exiger que les sujets environnementaux soient au centre des préoccupations.
La question majeure du débat est celle de la localisation des futurs parcs et de leurs conditions de raccordement. Plus précisément au sein de la "zone d'étude en mer" de 600km² (en violet sur la carte), il faut définir une zone d'implantation du premier parc de 22 éoliennes (250 MW) et anticiper la localisation du deuxième parc de 44 éoliennes (500 MW).

Cette zone est située entre 20 à 30 miles au large des côtes de Belle-Ile. Si le débat est plus ouvert, il faut tout de même noter une faille. En effet, la consultation sur la localisation des parcs intervient sans que le nombre d’étude ou de données bretonnes ne soient suffisants pour évaluer l’impact de telles installations si loin des côtes. Peu d’expertises existent notamment sur les couloirs de migration des oiseaux marins. Si nous savons que certaines espèces ne s’aventurent pas si loin des côtes (sternes, Goélands entre autres) les données quant à la migration d’autres espèces (puffin des Baléares par exemple) sont trop peu nombreuses. L’État s’est engagé à réaliser des études environnementales fines pour apporter des réponses documentées. Bretagne Vivante veillera à leur réalisation effective et à leur prise en compte dans la suite des projets.

Dans ce débat, Bretagne Vivante militera pour que la zone d’installation choisie soit celle qui ait l’impact le plus faible sur l’environnement. Ce débat sera donc l’occasion de tous les identifier pour mieux les anticiper, les réduire voir les éviter. En tant qu’association de protection de la nature (APNE), Bretagne Vivante exige que des critères contraignants (nombre de décibels, qualité de l’eau, etc.) et des procédures (arrêt des travaux en cas de passage de mammifères marins) soient mis en place pour minimiser l’impact sur la biodiversité tels que les nuisances sonores, lumineuses ou lors de la construction des parcs, phase critique en matière de dérangements.

   

Ce que nous défendons

Élaboré par le groupe de travail "Mer et Littoral", le positionnement de Bretagne Vivante sur les énergies marines renouvelables a été validé en juin 2020. Il est disponible ICI

Si Bretagne Vivante est favorable à l’éolien en mer, c’est toujours à condition que les projets soient développés de la façon la plus respectueuse de l’environnement possible. Nous plaidons d’abord pour que soit adoptée une politique ambitieuse de transition énergétique pour nous affranchir de l’énergie nucléaire et des énergies fossiles. En outre, l’énergie la plus propre reste toujours celle que l’on ne consomme pas, ni ne produit. Les économies d’énergie sont ainsi au cœur de nos préoccupations.

Dans ce débat public, nous défendons plusieurs points et invitons nos adhérent·es à les soutenir :

  • Des études environnementales doivent être menées tout au long du cycle de vie des parcs et des retours d’expériences avec nos voisins européens doivent être privilégiés en cas d’absence de données. Le manque de données naturalistes pour analyser l’impact des parcs d’éoliennes flottantes notamment sur les couloirs de migrations ne peut rester un fait. Des études qui doivent intervenir en 2021 ne doivent plus être reportées. Cette exigence d’études s’accompagne d’une demande de coopération avec les pays européens qui ont de la matière scientifique pour alimenter ces sujets comme l’Allemagne ou les Pays-Bas. Le partage d’informations et l’échange d’expériences doivent être privilégiés.
  • Mettre au cœur des préoccupations le moindre impact environnemental et définir des critères contraignants en matière de dérangements de la biodiversité au cahier des charges. La préservation des écosystèmes et de la biodiversité doit être au centre des préoccupations des maîtres d‘ouvrage et des porteurs de projet. Le futur lauréat de l’appel à projet de 2021 devra proposer un projet en phase avec la volonté de minimiser les impacts des parcs. Des critères de dérangements sonores, lumineux, etc., devront être intégrés au cahier des charges ainsi que des procédures ou bonnes pratiques de moindre impact.
    Ainsi, à l’instar de notre voisin allemand, Bretagne Vivante demande que pour les mammifères marins un seuil d’intensité de niveau sonore sous-marin (180 dB en Allemagne) soit fixé par les scientifiques et respecté pendant la phase de travaux, la plus impactante.
  • Le raccordement terrestre des parcs doit respecter les zones protégées. Le futur raccordement terrestre des parcs maritimes devra éviter les réserves naturelles et zones "Natura 2000" afin d’éviter toute destruction de milieux.
  • Bretagne Vivante veut être membre du futur comité de suivi. Comme d’autres APNE, Bretagne Vivante devra faire partie du comité de suivi du projet mis en place prochainement. Bretagne Vivante souhaite que ce comité soit indépendant et ait un libre accès aux études environnementales.

Ce projet nous permet de souligner que FNE va faire paraître prochainement "L'Eoloscope marin", un outil d'aide au positionnement sur les projets de parcs éoliens marins, disponible pour tous.

  

Comment participer au débat ?

Rendez-vous sur le site dédié : eolbretsud.debatpublic.fr

Bretagne Vivante souhaite que ses adhérent·es proches de la zone et intéressé·es par les questions soulevées par le débat public participent sur la plateforme en ligne et dans les réunions publiques organisées jusqu’au 30 novembre.
Sollicitée par la Commission particulière du débat public organisatrice de ce débat, Bretagne Vivante rédige actuellement un "Cahier d'acteur", au travers duquel elle présente sa position sur ce projet. Il sera annexé
aux conclusions du débat.

Vous pouvez y participer ! Manifestez votre intérêt auprès du groupe thématique Mer et Littoral et devenez acteurs de ce débat : mer-et-littoral@bretagne-vivante.org

  

Débat Éoliennes flottantes au sud de la Bretagne - Vidéo de présentation