mardi 2 novembre 2021

[DÉCOUVERTE] Les chauves-souris de Bretagne, fascinants mammifères...

Bretagne

À la découverte des chauves-souris en Bretagne...

Fabuleux mammifères volants, les chiroptères, plus connus sous le nom de chauves-souris, font partie des animaux associés à un imaginaire fort (notamment en cette période de la Toussaint). On les trouve partout dans le monde : c’est l’un des ordres les plus répandus chez les mammifères et pourtant ces espèces surprenantes sont encore très méconnues. Qu’en est-il en Bretagne, combien sont-elles ? quels sont les moyens de suivi de ces populations ? Quelles sont les espèces présentes sur le territoire ?

De surprenants animaux encore méconnus

Les chauves-souris sont les seuls mammifères qui volent. Elles possèdent des ailes membraneuses, sans poil, dont les os correspondent en fait à ceux de nos mains (l’étymologie de chiroptère est chiro « main » et ptère « aile »). Cela leur permet un vol beaucoup plus précis, agile et acrobatique que celui des oiseaux (dont l’aile correspond à un bras). Pour la plupart, elles vivent la nuit.
Les chauves-souris sont connues également pour leur capacité à se repérer et chasser dans l’obscurité à l’aide d’un système d’ultrasons extrêmement précis, véritable sonar biologique. Chaque espèce possède ses propres ultrasons.
Actives d’avril à septembre, elles hibernent dès l’arrivée du froid et ne se réveillent qu’au printemps, économisant ainsi de l’énergie pendant la saison où les insectes se font rares. Les gîtes hivernaux des chauves-souris sont humides et à température stable (grotte, cave...).
Autre particularité et non des moindres : la possibilité de dormir tête en bas. Là où le sang monterait à la tête de n’importe quel autre mammifère, les chauves-souris ont un système circulatoire qui leur permet de rester des heures dans cette position inhabituelle !
Par ailleurs, leurs pieds sont tournés vers l’arrière, orientés de façon à pouvoir se suspendre à la voûte, le temps du sommeil ou de l’hibernation, sans effort pour l’animal. Dormir en l’air, la tête en bas, est bien pratique pour se protéger des prédateurs, qui ne peuvent les atteindre.
Encore une originalité, la fécondation différée : les chauves-souris s’accouplent à l’automne, les femelles stockent le sperme et la fécondation n’a lieu qu’au printemps suivant, à la fin de l’hibernation. Le petit nait alors en début d’été, à la période la plus favorable pour les ressources alimentaires. Enfin, les chauves-souris ont une espérance de vie très longue pour un animal si petit (15 ans pour une pipistrelle commune).

Des populations qui régressent

Les chauves-souris souffrent beaucoup aujourd’hui, non seulement de la perte de leurs habitats (aménagement des combles, rénovations diverses, coupe des arbres creux), de la disparition des insectes, de la disparition des milieux favorables aux insectes (zones humides, haies…), d’empoisonnements mais aussi de stérilité à force d’absorber des insectes ayant ingéré des insecticides et autres pesticides, sans oublier le chat, un prédateur redoutable !
Certains projets éoliens ou routiers mal placés peuvent aussi faire des dégâts considérables. Elles souffrent également du dérangement, notamment lors de l’hibernation où elles ont besoin d’une tranquillité absolue (un réveil brutal peut les affaiblir et leur être fatal) ou lors de la période de reproduction.
Rappelons que les chauves-souris ainsi que leurs habitats sont strictement protégés par la loi, leur destruction est interdite.
Les chiroptères se sont raréfiés et continuent à régresser, il faut donc agir en les protégeant et en communiquant autour de ces populations méconnues. Aujourd’hui, c’est une grande chance d’avoir des chauves-souris chez soi ! De plus, elles ont un rôle écologique essentiel, elles sont de véritables indicateurs de la bonne santé d’un écosystème.

Les chiffres en Bretagne

22 espèces de chauves-souris sont présentes en Bretagne. Ces espèces sont toutes de petite taille, une envergure de 20 à 40 cm. Il s’agit des petits et grands rhinolophes, des grands murins et murins à oreilles échancrées. Ces espèces sont les plus menacées.
La région n’est pas une des plus riches de France en chauves-souris, du fait entre autres d’un manque de cavités naturelles. Mais elle possède tout de même 17 % de la population française de Grand rhinolophe ainsi qu’une population importante de Barbastelle d’Europe.

Chiffres de l'Observatoire des mammifères de Bretagne en 2020

 

Fausses croyances autour de ces populations

#Vampires, les chauves-souris ! En réalité, sur un millier d’espèces, seulement 3 consomment du sang, et elles se trouvent… en Amérique du Sud ! Elles prélèvent délicatement un peu de sang de gros animaux endormis comme les vaches ou les chevaux, ou d’oiseaux, sans les réveiller. Mais très rarement celui des hommes. Par ailleurs, elles pratiquent une forme d’entraide en régurgitant un peu de sang à leurs congénères qui n’ont pas pu en trouver (si elles sont blessées par exemple). On est donc loin de Dracula !
#Elles s’agrippent dans les cheveux ! Quel préjugé farfelu : un animal capable de localiser de tous petits insectes repère immédiatement un gros humain chevelu et l’évite !
#Elles sont aveugles ! Faux également, les chauves-souris voient bien, même si elles s’orientent par
écholocation.
#Elles peuvent pulluler ! Impossible ! Malgré leur nom, elles n’ont rien à voir avec des souris, et ne donnent naissance qu’à un seul petit par an, qui ne survit même pas toujours.
#Elles peuvent abîmer une charpente ! Non plus. Elles ne mangent, ne rongent, ne creusent, ne construisent rien du tout, et se contentent de se suspendre au plafond. Le guano peut être récupéré à l’aide d’une bâche et constituera un engrais qui fera le bonheur des jardiniers.

Si vous trouvez une chauve-souris malade ou blessée, ne la touchez pas, mais appelez l’association de protection de la nature la plus proche ou ecrivez-nous : contact@bretagne-vivante.org