lundi 11 juillet 2022

[CONFERENCE] Des nouvelles des sternes de la réserve de l'îlots de la Colombière (22)

LA COLOMBIERE

Des nouvelles des sternes de la réserve de l'îlots de la Colombière (22)

Comme chaque année, les sternes ont investi pour quelques mois l’île de La Colombière, dans l’archipel des Ebihens (Saint-Jacut-de-la-mer). 

Une belle colonie de sternes cette année

Cette année, les membres de l’association Bretagne Vivante, chargée par le département des Côtes d’Armor de la gestion de cet espace naturel sensible, ont recensé 291 nids de sternes Caugek, 40 nids de sternes Pierregarin et 21 nids de sternes de Dougall. Il y a ainsi à nouveau plusieur as centaines de couple s nicheurs, au lieu de quelques dizaines à peine depuis 2015.
L’île abrite aussi 15 couples d’huîtrier pie. Passant l’hiver en Afrique de l’ouest, les premières sternes sont arrivées courant mars et avril. Les premières pontes ont été déposées début mai et se poursuivent encore ces jours-ci, alors que les poussins les plus précoces prendront leur envol dans les prochains jours. C’est une belle colonie cette année pour cet îlot qui demeure vulnérable.

Un site vulnérable…

En effet, La Colombière est accessible à pied sec lors des basses mers de vives eaux, exposant les couvées des oiseaux marins qui nichent à même le sol aux prédateurs terrestres et aux dérangements humains. Ces derniers sont limités par un arrêté préfectoral de protection de biotope qui interdit l’accès au site du 15 avril au 31 août. Un périmètre de 100 mètres autour de l’îlot est matérialisé par des bouées jaunes qui rappellent la réglementation. Un gardiennage est assuré par deux volontaires en service civique à Bretagne vivante : Alicia Sedani et Laura Courreyan veillent sur le site et ses oiseaux et informent les plaisanciers et autres promeneurs durant toute la saison. Ces quatre dernières années de nidification avaient été perturbées par les rats surmulots qui mangeaient les oeufs. Mais cette année, pas de rat en vue ! Malgré tout, les ornithologues ont constaté début juin que toutes les pontes de sternes Caugek avaient été détruites, probablement par des goélands ou des corneilles, alors que les pontes de sterne pierregarin, de sternes de Dougall et d’huîtriers pie étaient restées intactes.

…mais qui reste très attractif

Les années passées, très peu de poussins ont atteint l’âge de l’envol. Suffisamment cependant, pour inciter les adultes, fidèles à leur site de nidification, à revenir nicher sur l’île ce printemps. Le site reste attractif pour les sternes probablement aussi en raison de la richesse des ressources alimentaires des eaux marines littorales. Les sternes se nourrissent de poissons qu’elles capturent à quelques centimètres sous la surface. Migratrices au long cours, les sternes ont aussi la capacité de déménager d’un site de nidification vers un autre en cas de pépin sur l’un d’entre eux. Cette année, la reproduction a été très perturbée sur l’île aux Moutons, principale colonie bretonne de sternes, proche des Glénan. Des reports depuis ce site vers La Colombière sont plus que probables.

La menace de la grippe aviaire

Si les colonies bretonnes ont été jusqu’ici épargnées par la grippe aviaire, cette menace pèse aussi sur les sternes. Au platier d’Oye, dans les Hauts de France, une colonie de sternes Caugek de près de 3 000 couples a été décimée par l’épizootie. Un phénomène qui a aussi impacté d’autres colonies aux Pays-Bas et en Grande Bretagne. Or, une fois la nidification terminée, les survivants vont migrer vers leurs quartiers d’hiver africains au cours de l’été et de l’automne, en longeant les côtes bretonnes. Le risque de propagation du virus le long de la voie de migration fait craindre une contamination des colonies bretonnes, jusqu’ici épargnées.

Les diverses menaces qui pèsent sur les sternes nécessitent de maintenir, tout le long du littoral, des sites propices à leur nidification, afin qu’elles puissent trouver des solutions de repli. Cette année, l’île de La Colombière joue pleinement son rôle en accueillant cette belle colonie de sternes. Les autorités publiques en charge de la conservation de la biodiversité et Bretagne Vivante en appellent à la responsabilité des usagers de la mer et du littoral pour respecter la vie sauvage et la réglementation en place.

Une conférence pour découvrir la réserve : 9 août - 10h30 à l'Abbaye de St-Jacut-de-la-Mer