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  Le phragmite aquatique en Bretagne

Une escale majeure pour la migration postnuptiale

Les informations apportées par le baguage depuis une vingtaine d'années en Europe indiquent que la principale zone de halte durant la migration postnuptiale se trouve dans l'ouest de la France entre la baie du Mont St-Michel et l'estuaire de la Loire.

Le passage migratoire se déroule essentiellement durant le mois d'août à la pointe bretonne. Les oiseaux se déplacent principalement la nuit et font escale au petit matin dans un marais littoral où ils resteront quelques jours. Ils y reconstituent les réserves de graisse qui leur serviront de carburant pour continuer leur périple vers l'Afrique.   

 Tete phragmite aquatique A. LE NEVE

 Une espèce exigeante pour ses habitats

Une étude par radio-pistage s'est déroulée en août 2001 et 2002. Elle a permis de déterminer le type d'habitat et la taille des territoires utilisés par les phragmites aquatiques en halte migratoire en baie d'Audierne. Vingt deux individus ont été équipés de radio émetteurs pesant 0,5 gramme. Outre des renseignements acquis sur le temps de séjour moyen de ces oiseaux, cette étude a montré l'importance comme sites d'alimentation des roselières "mixtes", c'est à dire des roselières avec une sous-strate de prairie humide. Cette découverte est d'autant plus intéressante qu'elle a fait prendre conscience du rôle jusqu'alors méconnu de cet habitat pour le phragmite aquatique.

Un régime alimentaire spécialisé

La connaissance des proies du phragmite aquatique sur les zones de halte migratoire et à terme des relations proies-milieux sont deux points essentiels à cerner pour la mise en place de mesures conservatoires. L'étude des proies est basée sur l'analyse des fientes de phragmites aquatiques, récupérées dans de petits sacs spéciaux à l'occasion des captures à la station de baguage de Trunvel. Les proies ingérées par les oiseaux ont été déterminées à partir d'infimes fragments des invertébrés trouvés dans ces fientes.

Une analyse de 115 fientes a permis d'identifier 570 proies réparties dans 10 grands groupes d'invertébrés. Ces premiers résultats font apparaître un choix assez large où l'on trouve en bonne place les diptères (38% des proies, groupe représenté dans 95% des fientes). Parmi les proies secondaires, la présence d'insectes de grande taille comme les criquets, sauterelles et odonates est remarquable. Les libellules sont même présentes dans 40% des fientes analysées. La présence en moins grand nombre de ces insectes de grande taille est sans doute largement contrebalancée par l'importance de leur biomasse et donc de leur valeur énergétique.

Une meilleure connaissance des habitats sélectionnés pour l'alimentation et des proies ingérées permet d'envisager une gestion appropriée des marais littoraux pour cette espèce.

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