Forum Bretagne Vivante
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Histoire des sections de Bretagne Vivante Des « Cercles Naturalistes » aux « Sections » d'aujourd'hui : 50 ans d'histoire et une évolution liée aux acteurs de l'association, aux objectifs poursuivis et aux mutations de la société. Comprendre le fonctionnement des sections aujourd'hui, c'est d'abord connaître leur histoire. L'histoire au service de la Protection de la Nature... En 1953, deux jeunes enseignants, Michel Hervé Julien et Albert Lucas, créent les Cercles Naturalistes Finistériens, dont les missions sont la découverte et la connaissance de la nature, - on organise alors des « excursions », des « camps de baguage »- ainsi que la recherche d'une pédagogie associée. Très vite, il devient évident que la protection de la nature par la sauvegarde des « habitats » et d'un minimum de « nature sauvage » est un enjeu majeur en Bretagne, face aux bouleversements agricoles (zones humides remblayées, bocage supprimé), et aux projets d'aménagement (bandes côtières bitumées). Pionniers en France sur ces idées, il est urgent de diffuser les connaissances, et faire du prosélytisme. La revue Penn Ar Bed en est le principal outil de « propagande », tandis que se multiplient les Cercles, sortes de Sociétés Savantes. Créée en 1958-59 pour mieux remplir ces missions, la SEPNB compte des sociétaires sur toute la France et à l'étranger. Ce sont pour l'essentiel des universitaires en sciences naturelles, des étudiants, et des notables naturalistes. En 1961, par souci de décentralisation et pour favoriser les contacts avec l'association régionale, apparaissent les « sections départementales ». En 1962, dans le but de favoriser les contacts entre les membres, c'est le tour des « sections locales », implantées dans les villes du Grand Ouest: la première, Brest, en 1962. Dès 1964, une ligne budgétaire est prévue pour les sections en « dépenses » ( !), et les activités des sections apparaissent dans Penn ar Bed, au même titre que celles des réserves. Vers une association régionale ... Dans les années 70, le réseau des sections de la SEPNB va se recentrer sur les 5 départements bretons : l'écologie n'appartient plus à la SEPNB et d'autres associations apparaissent (telle le CREPAN en Manche). A noter que la Région Parisienne restera une des « sections » les plus importantes en terme de nombre d'adhérents mais sans délégation. Comme on voit les espèces conquérir ou reconquérir des espaces, les sections se sont développées sur toute la Bretagne historique. Certaines naissaient ou re-naissaient, tandis que d'autres disparaissaient ou se restructuraient : Monts d'Arrée devenu Pays de Morlaix, Paimpol renaissant en Trégor Goélo, St Nazaire en Estuaire-Loire-Océan, et Rostrenen en Kreiz-Breizh, St Malo évoluant en Rance-Emeraude, St Renan et Brest en Rade de Brest ... Les noms des sections, issus historiquement des villes, s'identifient plus aujourd'hui à un pays ou secteur géographique, correspondant à une zone d'action et d'adhésion. Des lieux aujourd'hui restent ou sont nouvellement désertés, par absence de bénévoles (Sud Ile et Vilaine) ou résultat de l'histoire des associations bretonnes (LPO et GEPN-Vivarmor en 22). Les sections : acteurs, missions et fonctionnement Le public adhérent, plutôt notable, étudiant et universitaire jusqu'aux années 80, s'est peu à peu démocratisé : moins de spécialistes, plus généraliste, « curieux de nature », militant, populaire. Les fonctionnements très centralisés à tous les niveaux de l'association (siège à Brest, délégués de section) ont donc évolué vers plus de démocratie et d'implication des adhérents (le délégué devient un secrétaire - animateur de la section, apparition des co-conservations, co-animations). De même, exceptée celle « d'expert » confiée plutôt aux salariés , toutes les missions de Bretagne Vivante se retrouvent aujourd'hui dans les sections : connaître, faire connaître, gérer et défendre, que chacune accomplit selon ses motivations, disponibilités et compétences. Autrefois séparé des sections, le Réseau des Réserves voit aujourd'hui la plupart de ses conservateurs choisis par et au sein même des sections. Il est un rôle également fondamental pour les sections, et qui leur est spécifique: le contact et l'accueil des adhérents. C'est l'enjeu du développement de Bretagne Vivante, en terme d'adhérents, pour les années à venir. A propos d'Intersection.... Les sections départementales historiques se sont peu à peu éclipsées au profit des sections locales. En 2004, sous l'impulsion de son président, l'association a souhaité recréer les intersections départementales, pour des raisons de lisibilité vis à vis des pouvoirs publics et institutions départementales. Au-delà du débat, à nouveau d'actualité, sur la pertinence « départementale », et de la difficulté rencontrée par les sections pluri-départementales, cette démarche a permis de favoriser les actions et rencontres entre sections. C'est par ces contacts, que les sections, au-delà des hauts et des bas de leur existence, vont pouvoir se ressourcer et se dynamiser. Les sections ont en effet besoin pour bien fonctionner, de communiquer, d'échanger, mais aussi d'avoir un lien avec le siège à Brest et le CA. La mise en place de réunions « Intersection » aux journées d'Automne et à l'AG permet cela et doit rendre plus lisibles et plus structurées les actions et fonctionnements locaux ; elle doit favoriser la prise de conscience de l'appartenance à une association régionale, et doit permettre des actions communes à cette échelle. De même, il est demandé à chaque section de présenter au moins un adhérent au CA. Parlez-moi d'avenir .... ! La vie et l'histoire des sections sont riches de compétences diverses et de passions ; de désillusions aussi... Longtemps peu prises en compte au profit d'activités plus naturalistes et de protection, les sections, aujourd'hui, ont un rôle primordial à jouer pour l'avenir de Bretagne Vivante. C'est là que doivent s'accomplir les missions de l'association, sur un secteur géographique identifié, et géré par une équipe responsable, donc responsabilisée... Comme souvent, les changements s'opèrent sur le terrain, presque à notre insu. Leur constat et la prise de conscience nécessitent de les formaliser pour préparer l'avenir. C'est cette mutation qui s'opère depuis quelques années dans les sections, mutation à laquelle il faut donner maintenant une réalité et un potentiel... AM Barbaza, administratrice, responsable des Sections, le 20 janvier 2008 Sources : revues PAB , « La Protection de la Nature en Bretagne, la SEPNB (1953-2003) », Maurice le Demezet et Bruno Maresca, ed PUF, 2003, et les sections |


