L'oiseau du mois

Bécasseau cocorliBécasseau sanderling - Bécasseau variable - Bergeronnette printanièreBuse variableChevalier culblanc - Cisticole des joncs - Faucon hobereau - Gobemouche noir - Grand LabbeGrèbe à cou noir - Grive litorneMartinet noir - Mésange bleuePipit farlouse - Pouillot siffleur - Pouillot véloceRossignol philomèle - Sarcelle d'étéSterne pierregarin - Tarier des près - Verdier d'Europe

 

Octobre 2017

Le Grand Labbe

Statut en Bretagne : Migrateur régulier et hivernant rare, le long et au large de nos côtes.

 Le Grand Labbe est un oiseau pélagique qui peut-être confondu avec un jeune goéland immature du fait d’un plumage à dominante marron-noir strié. Sa taille est celle d’un Goéland argenté, mais il s’en différencie par une allure plus massive, avec un ventre rebondi et une queue courte. Le principal critère d’identification restant les marques alaires blanches à la base des rémiges, nettement visibles lorsque l’oiseau est en vol.

Le Grand Labbe appartient à la famille des Stercorariidés, qui ont pour particularité d’être kleptoparasite, c'est-à-dire de poursuivre en vol les sternes, mouettes et goélands afin de leurs faire régurgiter le contenu de leur jabot, pour s’en nourrir. Ils se nourrissent aussi beaucoup des rejets de la pêche, mais il capture également des oiseaux jeunes comme adultes.

Le Grand Labbe est l’espèce la plus courante des quatre espèces de labbes qui passent le long de nos côtes lors des migrations pré et postnuptiales. Mais il reste exceptionnel à l’intérieur des terres.

Il niche surtout en Ecosse et en Islande, mais aussi aux îles Féroé, au Spitzberg et jusqu’en Scandinavie. La population européenne est estimée à environ 16 000 couples.

En Bretagne, l’espèce est majoritairement observée lors de la migration postnuptiale, de la mi-août à la mi-novembre, avec un pic migratoire en octobre. Sur le site de suivi du sémaphore de Brignogan (29), ce sont en moyenne plus de 1500 individus qui sont notés durant cette période, avec un record à 410 individus durant la journée du 21 octobre 2014.

L’espèce peut-être observée en petits effectifs sur l’ensemble de nos côtes, avec un afflux marqué lors de coups de vents qui rapprochent les oiseaux de la côte.

Le Grand Labbe est aussi noté lors du passage prénuptial, mais en effectif plus réduit, essentiellement sur la côte sud bretonne.

Il hiverne dans l’Atlantique et en entrée de Manche, ce qui fait qu’il n’est pas rare de l’observer en hiver, à la suite de forte tempête.

Le Grand Labbe à un statut de conservation favorable, avec un accroissement des populations nicheuses.

 

 

Septembre 2017

Le Gobemouche noir

Le Gobemouche noir est un petit passereau qui ne niche pas en Bretagne, mais qui y passe à l’occasion de ses migrations et principalement à l’automne, en migration post-nuptiale. Les premiers oiseaux arrivent en août (rarement fin juillet) et on en observe encore quelques-uns jusqu’à la fin octobre. Lors de son passage breton, on peut l’observer dans tout milieu pourvu qu’il y ait des arbres, mais la majorité des observations se fait sur le littoral et en particulier celui du Morbihan. En Finistère, l’oiseau n’est pas d’observation fréquente sur le continent, à l’inverse des îles où il est alors très facile à voir.

Les effectifs automnaux nous arrivent de l’est de la France mais aussi d’Europe de l’est, de Scandinavie et des îles britanniques. Dans son aire de reproduction c’est un oiseau strictement forestier. Il se reproduit dans une cavité d’arbre. Son régime alimentaire, comme son nom l’indique, est composé d’insectes capturés en vol.

Au printemps le mâle a un plumage noir et blanc très contrasté : dessus du corps majoritairement noir avec une tâche alaire très étendue ainsi qu’une légère marque blanche à la base des primaires. C’est d’ailleurs l’importance de ces marques qui permettent de le différencier des espèces voisines mais à répartitions plus orientales. Le dessous du corps est entièrement blanc. Malheureusement, on n’observe que très rarement ce plumage nuptial printanier dans notre région. Les oiseaux observés à l’automne sont majoritairement des immatures qui ont un plumage proche de celui de la femelle. Le dessus est brun-beige et le dessous chamois sale. Les marques alaires blanches sont moins étendues.

Après leur passage breton, les oiseaux descendent passer l’hiver en Afrique tropicale. La migration de printemps est peu notable et se déroule majoritairement dans l’est de la France.

 

 

Août 2017

Le Bécasseau cocorli

C’est un petit dans la catégorie des limicoles, mais il occupe une position médiane au sein des bécasseaux avec sa longueur de 18 à 23 cm pour 50 à 115 g. De taille corporelle similaire au Bécasseau variable, il s’en distingue par des pattes relativement plus longues et un bec sensiblement plus fin et arqué. Heureusement, couleur et dessin du plumage viennent faciliter la détermination. En plumage nuptial, le cocorli est immédiatement reconnaissable à la coloration rouge brique des parties inférieures. Les juvéniles qui font escale en Bretagne à l’automne sont d’identification plus délicate au premier abord. Les plumes grises du dessus sont bordées de noir et d’un liseré blanc-crème. Les parties inférieures blanches sont lavées de chamois sur la gorge. Le sourcil clair est nettement plus marqué que chez le Bécasseau variable.

Le Bécasseau cocorli niche dans l’arctique sibérien, de la péninsule de Yamal à la péninsule de Chukotskiy, dans des toundras ouvertes où il fréquente des dépressions marécageuses parsemées de mares. En hiver il occupe une vaste aire de répartition, essentiellement sur les côtes de l’Afrique sub-saharienne, en Asie du sud-est et en Australasie. À cette saison, il se rencontre surtout dans les habitats littoraux.

Il est généralement peu observé en Bretagne au printemps, en avril et mai, et beaucoup plus pendant la migration d’automne, qui s’étend de mi-juillet à fin octobre, avec un pic de fin août à mi-septembre. Quelques attardés peuvent encore être observés en novembre, tandis que la présence de ce bécasseau est exceptionnelle en hiver. Les premières observations estivales concernent des adultes, alors que le pic de passage est essentiellement composé de juvéniles. 

On peut rencontrer le cocorli sur tout le littoral breton, excepté les côtes rocheuses abruptes. Il montre néanmoins une nette préférence pour les lagunes et marais littoraux, et peut aussi exploiter les laisses de mer sur les estrans sableux ou rocheux bas. Il est rare à l’intérieur, sauf sur les berges exondées de quelques étangs d’Ille-et-Vilaine, comme Careil, Chatillon-en-Vendelais ou la Cantache.

Le Bécasseau cocorli n’est pas abondant en Bretagne. De 2014 à 2016, 179 à 338 données ont été collectées annuellement par faune-bretagne, pour un total cumulé de 423 à 1 432 individus par an. Les groupes rassemblant plus de 20 individus sont rares. C’est marginal si l’on considère que l’on estime à un million le nombre d’hivernants dans l’ouest de l’Afrique.

Les effectifs de bécasseaux cocorli faisant escale en Bretagne varient fortement en fonction des années, suivant un cycle de 3 à 4 ans. En fait ces oiseaux subissent les effets indirects des variations d’abondance des lemmings dans l’arctique où les prédateurs concentrent leurs efforts sur les oiseaux, leurs œufs ou leurs poussins, quand ces rongeurs se font rares.

 

 

Juillet 2017

Le Faucon hobereau

Cet oiseau est malheureusement peu connu du public car tous les petits rapaces, en particulier le très commun Faucon crécerelle, sont souvent confondus sous le terme d’épervier. Encore faut-il le voir, car avec son vol rapide et maniable, ces apparitions sont souvent brèves. Le contraste entre la joue blanche et la calotte noire ainsi que le dessus ardoisé rappelle le Faucon pèlerin, sa petite taille est comparable à celle du crécerelle, mais sa silhouette en vol avec les ailes longues et fines rappelant un grand martinet et les culottes rousses sont très caractéristiques.

Ce rapace, présent en Bretagne de la fin avril à la fin septembre, est un grand migrateur qui hiverne en Afrique de l’est, au sud de l’équateur. Capturant sa nourriture en plein vol, il se nourrit de passereaux, de petits limicoles et de gros insectes qu’il capture en milieux ouverts ou semi-ouverts. Il n’est pas rare ainsi de le voir tenter sa chance près des colonies d’hirondelles lors de l’envol de leurs jeunes ou chasser les libellules au-dessus des étangs et des marais lors de leurs émergences. Celles-ci sont alors directement consommées en plein vol.

Comme la plupart des faucons, le hobereau ne construit pas de nid et il réutilise généralement des vieux nids de corneille noire situés en lisière ou en position dominante. Les milieux occupés sont variés, allant du bocage aux landes boisées, en passant par les zones humides.

C’est une espèce exigeante dont le milieu préféré est la vieille futaie de hêtre ou de chêne à sous-bois dégagé. Toutefois on le trouve parfois aussi en taillis sous futaie et dans de vieilles pinèdes à sous-bois de feuillus. Du fait de ses exigences écologiques, il est très localisé dans tous les départements de la région, où on le rencontre surtout dans les principaux massifs forestiers. Il est un peu moins rare en Ille-et-Vilaine que dans le reste de la Bretagne.

Alors qu’il n’était implanté jusque dans les années 1980 que dans l’est de la région, ses effectifs se sont accrus, dépassant 500 couples et sa répartition s’étend maintenant à toute la région. Actuellement, on ne connait pas clairement les raisons de cette expansion.

Ses effectifs sont très fluctuants d’une année sur l’autre, mais depuis les années 1990 on observe une diminution tant dans la région, qu’en France et dans les pays voisins. Les causes de cette diminution sont mal connues mais pourrait être imputées tant à la dégradation des habitats forestiers de reproduction (exploitation plus précoce des forêts) qu’à ceux d’hivernage. Il est possible aussi que les changements climatiques globaux lui soit préjudiciables en désynchronisant son retour sur les lieux de reproduction et le développement printanier de la ressource alimentaire.

 

 

Juin 2017

Le Cisticole des joncs

Tsip, tsip, tsip… Traversant l’arrière dune ou empruntant un sentier côtier, c’est assurément ce chant lancinant et monotone rythmé comme un métronome qui vous fera remarquer le Cisticole des joncs. Aussi puissante que l’oiseau est petit, l’unique note est émise en vol à chaque « rebond » de l’oiseau, ou depuis un perchoir bas. Cette espèce, plus commune sur le littoral que dans l’intérieur de la région, fréquente surtout des milieux herbacés où elle recherche sa pitance et établit son nid. Posé, ce petit passereau insectivore, au bec fin et aux pattes roses, révèle un plumage fauve assez clair et finement strié de sombre sur les parties supérieures. La queue est courte et arrondie, largement bordée de blanc, critère bien visible lorsque l’oiseau vole.

Le Cisticole des joncs s’alimente au sol, à couvert de la végétation basse, où il capture insectes et araignées. Il utilise la soie des cocons de ces dernières pour confectionner son nid, qui est un véritable chef d’œuvre de la nature : entrelacs d’herbes et de fils d’araignées, il forme une sorte d’outre d’une quinzaine de centimètres de hauteur, garnie d’inflorescences de graminées ou de chatons de saules. La femelle peut y élever jusqu’à trois couvées chaque année, entre avril et le début de l’automne.

Sédentaire et insectivore, l’espèce est sensible au froid et aux périodes de gel prolongées. Autrefois uniquement présente sur le pourtour méditerranéen, elle n’a étendu sa répartition le long de la façade Manche Atlantique qu’au milieu du XXème siècle. Ainsi, le Cisticole fait vraisemblablement partie des bénéficiaires des modifications du climat, allant vers des hivers plus doux. L’espèce connaît néanmoins des fluctuations dans sa répartition et ses effectifs, les hivers froids ou les printemps humides pouvant décimer des pans entiers de la population régionale. Cependant, le Cisticole peut recoloniser les territoires perdus à la faveur de conditions plus clémentes, à partir des noyaux de populations ayant survécu aux hivers rigoureux. La population de Cisticole des joncs, qui compte deux sous-espèces en France, est considérée en déclin ces dernières années.

 

 

Mai 2017

Le Pouillot siffleur

Comme tous les pouillots, cet oiseau est peu connu du public, car avec ses teintes neutres et son habitude de rester à couvert dans les feuillages des arbres, c’est surtout au chant que l’on peut le remarquer. Son allure rappelle le pouillot véloce en un peu plus grand, plus jaune sur la face et plus blanc dessous.

Cette espèce forestière de pouillot se reproduit sur la majeure partie du continent européen. Elle hiverne dans les forêts d’Afrique équatoriale. En Bretagne, dès fin-avril, on observe les premiers retours ce qui coïncide avec la sortie des feuilles des arbres. Les mâles sont les premiers arrivés et signalent leur présence en chantant assidument. Les femelles arrivent peu après (une semaine à dix jours environ) et les couples peuvent alors se former. On entend donc son chant en mai et juin, puis il devient beaucoup plus discret et reprend sa migration dès août.

C’est une espèce exigeante dont le milieu préféré est la vieille futaie de hêtre ou de chêne à sous-bois dégagé. Toutefois on le trouve parfois aussi en taillis sous futaie et dans de vieilles pinèdes à sous-bois de feuillus. Du fait de ses exigences écologiques, il est très localisé dans tous les départements de la région, où on le rencontre surtout dans les principaux massifs forestiers. Il est un peu moins rare en Ille-et-Vilaine que dans le reste de la Bretagne.

Ses effectifs sont très fluctuants d’une année sur l’autre, mais depuis les années 1990 on observe une diminution tant dans la région, qu’en France et dans les pays voisins. Les causes de cette diminution sont mal connues mais pourrait être imputées tant à la dégradation des habitats forestiers de reproduction (exploitation plus précoce des forêts) qu’à ceux d’hivernage. Il est possible aussi que les changements climatiques globaux lui soit préjudiciables en désynchronisant son retour sur les lieux de reproduction et le développement printanier de la ressource alimentaire.

 

 

Avril 2017

La Bergeronnette printanière

La bergeronnette printanière est un passereau de la famille des Motacillidae, proche parente de sa cousine la bergeronnette des ruisseaux. Elle se distingue de cette dernière par le dessous du corps entièrement jaune citron jusqu’à la gorge, le dessus du corps jaune-verdâtre et la tête gris-bleu avec un sourcil blanc. Comme toutes les bergeronnettes, elle est caractérisée par une longue queue. Le mâle nuptial est nettement plus coloré que la femelle.

La bergeronnette printanière possède un grand nombre de sous-espèces de par le monde, reflet des évolutions géographiques des différentes populations. En Bretagne, niche 2 sous-espèces, la bergeronnette printanière type (flava), décrite ci-dessus et la bergeronnette printanière flavéole (flavissima), dont le mâle à la tête entièrement jaunâtre.

En migration, la bergeronnette printanière peut-être notée sur l’ensemble de la région, que ce soit en bord de côte ou dans l’intérieur des terres, avec une préférence pour les milieux ras et ouverts. En migration prénuptiale, le passage s’étale de la première décade d’avril jusqu’à la mi-mai, avec un pic de passage dans la dernière décade d’avril. En migration postnuptiale le passage est noté de la deuxième décade d’août jusqu’à début octobre, avec un pic de passage fin août début septembre.

En Bretagne pour nicher, l’espèce fréquente différents types de milieux, les herbus, les dépressions arrières dunaires, les prairies hygrophiles de fauche ou pâturées et les polders cultivés.

 La dynamique des populations nicheuses bretonnes est caractérisée par une diminution importante des effectifs dans une grande partie ouest de la Bretagne et plutôt une augmentation dans sa partie est. Cette dynamique reflète la diminution importante des effectifs de bergeronnette flavéole, qui ne doit guère compter plus de 200 couples, tandis que la bergeronnette printanière type est en augmentation avec  environ 2000-3000 couples  (Atlas des oiseaux nicheurs de  Bretagne 2004-2008).

En France, la tendance est aussi à l’augmentation des populations, du fait de l’installation récente de l’espèce pour nicher au sein des grandes zones céréalières, comme cela se produit actuellement dans le nord de l’Ille-et-Vilaine et en Normandie. Espérons que cette dynamique positive se poursuivra et qu’elle pourra à nouveau recoloniser le grand ouest breton.

 

 

Mars 2017

La Sarcelle d'été

La sarcelle d’été est un petit anatidé, dont le mâle en plumage nuptial est bien reconnaissable à sa tête brune mouchetée et à son large sourcil blanc descendant jusqu’en arrière de la tête. Les flancs sont gris, avec de longues scapulaires effilées. La femelle à un plumage nettement plus terne, proche de sa cousine la sarcelle d’hiver, mais s’en distingue par une nette tâche claire à la base du bec et un sourcil blanc contrastant avec le trait sourcilier sombre. De plus son bec est entièrement sombre, sans base orange. En vol, l’avant de l’aile gris bleutée du mâle, contraste nettement avec le reste du corps.

La sarcelle d’été peut-être observée sur l’ensemble des marais et étangs de notre région, avec une nette prépondérance des observations en mars-avril, lors du passage prénuptial. C’est un migrateur précoce, en provenance de ses quartiers d’hiver sub-sahariens, qui affectionne plus particulièrement les prairies marécageuses et les marais d’eau douce peu profonds, avec une importante végétation. Le sexe ratio chez cette espèce est nettement en faveur des mâles.

En Bretagne, seuls les grands ensembles de marais accueillent des couples nicheurs. C’est la Loire Atlantique qui concentre la majorité des nicheurs, avec 100-120 couples, soit plus de 90% de la population nicheuse de notre région, estimée lors du dernier atlas (2004-2008), à 100-150 couples.

La population nicheuse française avoisine les 350-550 couples et a subi comme dans tous les autres pays Européens, un fort déclin depuis les années 70, suite à la disparition et à la dégradation de ses habitats de reproduction, mais aussi à des conditions d’hivernages difficiles et à une chasse excessive sur les zones sahéliennes.

 

 

Février 2017

La Buse variable

La buse variable est un rapace de taille moyenne : 50 cm de long pour une moyenne de 1,20 m d’envergure. Elle est grandement bicolore, brune et blanche avec une importance de chaque couleur très variable suivant les individus comme son nom l’indique. Le plus souvent, posée sur un piquet ou un arbre, elle apparaît entièrement brune avec un croissant pâle sur la poitrine. En vol, en revanche, le dessous des ailes et la queue sont marqués par de grandes plages claires terminées à l’arrière par une nette bande sombre.

La buse variable est le rapace le plus commun en France avec une population estimée à plus de 150 000 couples nicheurs. Depuis la protection des rapaces, en France en 1976, les populations ont augmenté et la buse est dorénavant commune sur tout le territoire breton.

Ce n’est pas une espèce exigeante en matière d’habitat. La campagne bretonne avec son alternance de petits boisements, de champs et de prairies lui convient parfaitement. On la voit souvent posée à l’affut scrutant le sol à la recherche de proies qui peuvent être très variées : micro-mammifères principalement mais aussi oiseaux ou lézards voire insectes ou vers de terre. Les jours ensoleillés, ce sont parfois 3, 4 ou 5 buses au même endroit qui peuvent être observées cercler haut dans le ciel.

L’hiver les oiseaux bretons, sédentaires, sont rejoints par des buses venues du nord de l’Europe, qui repartent en fin d’hivernage.

 

 

Janvier 2017

Le Verdier d'Europe

Passereau granivore de la famille des Fringilles, le Verdier d’Europe fréquente régulièrementles mangeoires dans nos jardins en hiver, souvent en groupes et avec d’autres espèces, notamment le Pinson des arbres. Au printemps et en été, il est nettement plus discret, occupé à nourrir et éduquer les 4 à 6 petits qu’il élève dans un nid composé d’éléments végétaux plus ou moins fins, placé dans une fourche d’un arbuste, ou dans le lierre le long des murs.

Comme son nom l’indique, la couleur dominante de l’espèce est le vert plus ou moins mélangé au brun sur le dos, au jaune verdâtre sur le ventre. Le gris bleu des rémiges et des couvertures alaires allié au jaunevif des barres alaires et des côtés de la queue donnent au mâle une livrée nuptiale originale. Les lores sombres du mâle lui donnent l’impression d’un œil « au beurre noir » ! Plus terne et plus gris-brun, la femelle a en commun ce bec conique fort rose ivoire permettant de casser de grosses graines, le classant ainsi comme un vrai granivore.

Sociable toute l’année, le comportement du verdier varie suivant la saison. D’un tempérament querelleur et batailleur à la mangeoire, en chassant souvent les autres espèces, il devient élégant au printemps avec son vol nuptial. Un vol avec force battements d’ailes élégants et appuyés, à hauteur du sommet des arbres, décrivant des courbes et roulant d’un côté sur l’autre, le tout avec un chant fait de trilles sifflés.

Le verdier est sédentaire dans l’essentiel de la France. En hiver les effectifs sont gonflés par des mouvements erratiques d’oiseaux du Nord et de l’est de l’Europe. L’espèce n’est pas menacée… Toutefois il est à signaler qu’il est très sensible aux infections qu’il peut contracter dans des mangeoires mal entretenues. Penser donc à les nettoyer régulièrement.

 

 

Décembre 2016

La Grive litorne

C’est un représentant du genre Turdus dont il existe 5 autres espèces en France dont le plus connu est le merle noir. Plus grande que ce dernier, la grive litorne est un passereau de grande taille, jusqu’à 28cm de long. Parmi les 4 grives qui fréquentent notre pays c’est celle qui a le plumage le plus contrasté. Sa tête et son bas du dos sont gris cendrés, les ailes sont brun-chocolat et le dessous clair est parcouru de chevrons noirs. Poitrine comme flancs sont plus ou moins teintés de fauve-orange.

Ce très bel oiseau arrive en Bretagne mi-octobre pour les premiers individus et nous quitte à partir de mars. Il arrive avec les autres espèces de grives comme la mauvis et la musicienne. C’est un oiseau qu’on observe en petits groupes de quelques individus. Cependant, dans l’intérieur de la région des groupes de plusieurs centaines d’individus sont parfois notés. Ces groupes sont souvent mixtes avec la grive mauvis. Durant l’hiver on l’observe dans les champs et les prés où elle se nourrit de vers mais aussi dans les vergers, car c’est probablement la grive la plus attirée par les pommes.

Elle ne niche pas en Bretagne mais dans l’est de la France jusqu’aux régions nordiques et en Sibérie. Les oiseaux qui fréquentent la Bretagne en hiver proviennent majoritairement de la péninsule scandinave.

 

 

Novembre 2016

Le Grèbe à cou noir

Le Grèbe à cou noir se distingue de ses proches parents les Grèbes huppés et castagneux par sa taille intermédiaire entre ces deux autres espèces. En tout plumage, son œil rouge, et surtout son bec pointu et légèrement retroussé ainsi que sa calotte pointue lui confère une silhouette particulière. C’est un oiseau des lacs et étangs peu profonds riches en végétation.

Cette espèce niche dans la majeure partie de l’Eurasie, mais également dans le centre de l’Amérique du Nord et la pointe de l’Afrique du Sud. En France c’est un nicheur assez rare avec seulement de 1500 à 2000 couples. Il n’est arrivé que récemment en Bretagne (1994) et avec moins de 10 couples lors des meilleures années depuis, il reste un nicheur très rare ! La fragilité de son nid flottant le rend très sensible aux fluctuations de niveau d’eau printanières, cause principale de l’échec de la nidification.

Il n’en va pas de même quand vient l’hiver car le Grèbe à cou noir apprécie particulièrement le littoral et les estuaires pour passer la mauvaise saison. Avec son immense linéaire de côtes, la Bretagne accueille de septembre à mars plusieurs milliers d’individus venus principalement d’Europe de l’Est. C’est habituellement dans la rade de Brest et le golfe du Morbihan que les effectifs les plus élevés y sont observés. Les incursions dans les terres sont très rares au cœur de la saison froide et c’est surtout en migration que cet oiseau peut être observé sur les grandes pièces d’eau intérieures.

Le Grèbe à cou noir est globalement en légère progression en Europe. Le maintien de milieux aquatiques équilibrés, ainsi que de zones suffisamment accueillantes pour l’espèce, pourrait permettre de voir le nombre de couples nicheurs bretons augmenter dans les années à venir…

 

 

Octobre 2016

Le Pipit farlouse

Le Pipit farlouse est une espèce de passereau fort peu connue du public, bien que très répandue l’hiver dans la région et nicheur plus localisé au printemps.

Le plumage gris-brun sur le dos et la poitrine claire tachetée de noire pourrait rappeler une toute petite grive. Toutefois faisant partie de la même famille que les bergeronnettes (les Motacillidés), c’est un oiseau beaucoup plus fin, qui marche mais ne sautille pas contrairement aux grives et merles (Turdidés). Il doit évidemment son nom de pipit aux cris qu’il pousse en s’envolant.

Largement réparti dans la moitié nord de l’Europe, le Pipit farlouse a de fortes populations en Grande-Bretagne, en Islande et en Scandinavie. Cet oiseau se nourrissant surtout d’invertébrés, ses populations plus nordiques sont largement migratrices et hivernent en nombre dans la région. Ainsi dès octobre/novembre les pipits apparaissent en bandes, généralement quelques dizaines d’individus, dans la plupart des milieux herbeux découverts : prairies, cultures, dunes, landes et même les pelouses urbaines et autres terrains de sport.

L’hiver en Bretagne, il peut côtoyer d’autres espèces de pipits plus rares : le Pipit maritime sur les côtes rocheuses, et le Pipit spioncelle dans les zones humides. La distinction entre ces trois pipits effraye souvent l’ornithologue débutant, pourtant avec les stries sur la poitrine plutôt grises et le dos beaucoup plus uni, ils se différencient aisément du farlouse beaucoup plus abondant.

Beaucoup moins abondant en période de reproduction, le Pipit farlouse se rencontre alors surtout dans les milieux littoraux : dunes, landes et pelouses. Autrefois répandu dans l’intérieur de la région où il se reproduisait dans les prairies humides et landes tourbeuses, il y a fortement régressé et a déjà abandonné l’est de la Bretagne. La régression de l’espèce en tant que nicheuse concerne également le reste de la France et la Grande Bretagne. Les causes avancées vont de l’impact du réchauffement climatique sur cette espèce en limite d’aire, à la dégradation des conditions d’hivernage. 

 

 

Septembre 2016

Le Bécasseau sanderling

Qui n’a pas déjà vu sur nos plages, des bandes de ce bécasseau courir dans les vagues qui déferlent? Outre ce comportement caractéristique, il se distingue du Bécasseau variable plus commun, par son bec plus court et par son plumage plus clair.

Il est présent toute l’année en Bretagne, mais les effectifs sont généralement très faibles en juin et à un moindre degré en juillet. Les données collectées montrent trois pics d’abondance au cours de l’année, en janvier d’abord, ce qui correspond au pic d’activité des ornithologues au moment du comptage international des oiseaux d’eau, en septembre-octobre et en avril, lors des passages migratoires.

La Bretagne a une importance internationale pour cet oiseau migrateur, qui se reproduit dans les toundras arctiques. L’observation d’oiseaux bagués montre que les oiseaux qui hivernent ou font escale en Bretagne proviennent du nord-est du Canada, du Groenland et de l’ouest de la Sibérie. Au total, l’abondance de ces populations est estimée à 120 000 individus, dont près de 14 000 présents en Bretagne au mois de janvier. En outre, la région accueille également de nombreux sanderlings durant les périodes de migration, mais on manque de comptages complets à ces moments de l’année. Ces oiseaux hivernent dans l’ouest de l’Afrique, notamment en Mauritanie et au Ghana.

Le bécasseau sanderling peut être observé dans un grand nombre de sites de littoral breton où il affectionne les plages de sable et des estrans sablo-vaseux. Il évite les côtes rocheuses et les baies et estuaires aux sédiments trop vaseux. Dans ces milieux relativement pauvres en invertébrés, il se nourrit d’annélides et de petits crustacés. Il peut compléter son régime alimentaire en recherchant des larves d’insectes dans les laisses de mer.

 

 

Août 2016

Le Tarier des près

Bien qu’il soit nettement en diminution en France et qu’il ne niche presque plus en Bretagne, le Tarier des prés reste un migrateur très régulièrement observé dans la région. Tous les ans, les premières observations d’individus de cette espèce dès le mois d’août est un signe pour tous les ornithologues que les migrations ont commencé. Les derniers oiseaux seront observés jusqu’en octobre. Lors de ses haltes migratoires, ils stationnent en individus isolés ou en petits groupe de quelques individus. Ils fréquentent alors particulièrement les dunes, les landes fauchées et les prairies naturelles humides fauchées ou pâturées, milieux tous particulièrement riches en insectes. Cet oiseau est beaucoup moins connu en Bretagne que le Tarier pâtre, espèce proche mais sédentaire. Cette dernière espèce s’observe toute l’année dans les landes, les friches et les prairies naturelles.

La silhouette et le comportement des deux espèces de Tarier sont très semblables, ils aiment se percher sur un petit buisson ou un piquet de clôture pour observer les espaces herbeux alentours. Dès qu’il y voit bouger un insecte, il descend au sol pour le capturer, puis remonte sur un des ses perchoirs favoris pour y reprendre son guet. Les mouvements nerveux des ailes et de la queue quand il revient se poser sont typiques des tariers. Par contre, qu’il soit jeune ou adulte, il est un détail de plumage qui permet toujours de distinguer aisément le Tarier des prés du Tarier pâtre, c’est son long et large sourcil blanc à blanc-crème.

Largement répandu en Europe, le Tarier des prés y est néanmoins très localisé et en diminution. Il se reproduit particulièrement dans les prairies marécageuses, les landes humides, les tourbières et les alpages. En Bretagne, il occupait largement les landes des monts d’Arrée, les prairies humides de la baie du Mont Saint-Michel et de la vallée de la Vilaine dans les années 1980. Aujourd’hui il se maintient surtout dans les prairies humides de la vallée de la Loire et de son estuaire, et a quasiment disparu du reste de la région en tant que nicheur. Tous ces oiseaux hivernent en Afrique, dans les zones de savane, au sud du Sahara.

 

 

Juillet 2016

Le Chevalier culblanc

Bien qu’il soit bien répandu en Bretagne de juillet à septembre et même jusqu’à la fin de l’hiver, le Chevalier culblanc n’est pas le plus connu des chevaliers. Ce titre revient sans conteste au Chevalier gambette aux pattes rouge-orange qui fréquente les baies et estuaires en troupes parfois nombreuses. Facile à confondre avec le Chevalier guignette pour le débutant, le culblanc fréquente plutôt les rives des étangs, des cours d‘eau et des marais où il est très dispersé, stationnant en individus isolés ou en petits groupe de quelques individus.

Le fort contraste entre les parties supérieures sombres et le ventre blanc, la longueur modeste des pattes et du bec rappellent le Chevalier guignette, ainsi que le comportement de balancement du corps et de la queue quand il se pose au bord de l’eau. Toutefois le Chevalier culblanc s’en distingue par un sourcil court devant l’œil, le dos plus noirâtre et l’absence de marque blanche devant les ailes. Le large croupion blanc bien visible à l’envol, qui lui a valu son nom est également typique.

Il se reproduit en abondance dans les lacs et marais de la Taïga de la Scandinavie à la Sibérie. Contrairement à la plupart des limicoles, il ne niche pas au sol, mais il utilise habituellement des vieux nids de grives dans les arbustes. Le passage post-nuptial est très sensible dès juillet et culmine en août lorsqu’il va rejoindre ses quartiers d’hiver africains. On peut alors le rencontrer au bord de n’importe quel plan d’eau. Ce passage est beaucoup plus marqué que le passage de printemps. L’hivernage en petit nombre est également très régulier dans les secteurs de la région riches en marais et en étangs.

 

 

Juin 2016

Le Martinet noir

Le Martinet noir, au corps allongé, à la gorge pâle et aux ailes en faux est brun noir. Son nom latin Apus apus (= sans pied) lui vient du fait qu’il a des pattes très courtes, lui servant uniquement lors de la reproduction pour s’agripper dans les fentes, failles ou trous des murs de nos villes et villages où il installe son nid. Sa morphologie lui permet de vivre constamment en vol dans l’air où il dort, se nourrit, se toilette et s’accouple.

Chaque année, dans la seconde quinzaine d’avril, les premiers individus reviennent des régions d’Afrique situées au sud de l’équateur. Il gagne peu à peu l'ensemble du continent jusqu'à la Scandinavie et son aire de répartition couvre une grande partie de l'Eurasie.

Le martinet noir se nourrit du plancton aérien qu'il recueille dans les couches inférieures de la troposphère. Il capture plusieurs centaines d'espèces différentes d’arthropodes qu'il est capable de reconnaître en plein vol. Si les conditions météorologiques ne permettent pas une alimentation suffisante, le martinet peut partir dans une région éloignée pendant deux ou trois jours.

La maturité sexuelle étant atteinte au mieux à trois ans, deux ou trois œufs, déposés dans un nid sommaire composé de matériaux légers récupérés en vol, sont couvés pendant 21 jours par le couple. Les deux parents nourrissent. La spécificité de l’espèce est la possibilité qu’ont les jeunes d’entrer en léthargie pendant 2 à 3 jours si les adultes s’éloignent de la colonie pour cause de météorologie. La croissance des jeunes est marquée par deux périodes d'amaigrissement, au moment de la formation du plumage et au moment de l'envol. Il n'est pas rare qu'à cette date les parents aient déjà commencé leur migration vers l'Afrique sans attendre que leur progéniture soit autonome. Le martinet est donc l'un des rares oiseaux qui apprend à voler et à se nourrir sans l'aide de ses géniteurs. Sauf exception, ils passeront alors près de deux ans sans se poser.

Il dort en groupe, en volant de façon circulaire ou au gré de courants aériens en recherchant des zones d'inversion de température à environ 1 500 mètres d'altitude.

Pour un pilote d’avion, observer des martinets foncer dans des ruelles étroites à plus de cent kilomètres à l'heure (on sait qu'en piqué, ils peuvent atteindre le double), effectuer des virages serrés, voire des tonneaux, a quelque chose de décourageant. Même un champion de voltige sur le meilleur des avions ne peut réaliser pareilles acrobaties. Il n’est pas étonnant que l’homme étudie la morphologie des ailes et les types de vols du martinet pour tenter d’améliorer les performances de l’aéronautique.

Aujourd’hui, la diminution des insectes en lien avec l’utilisation des pesticides, la construction des bâtiments modernes offrant moins d’anfractuosités et les aléas des conditions météorologiques  concourent à la diminution de l’espèce.

 

 

Mai 2016

Le Rossignol philomèle

Paradoxalement, alors qu’il est très célèbre pour la qualité de son chant, qu’il émet parfois durant des soirées entières, lors des nuits belles et calmes du printemps, le Rossignol est un oiseau actuellement méconnu du public. Dans sa famille, les Turdidés, il rappelle le Rougequeue ou plus encore une petite Grive musicienne. Du premier il a la queue rousse, et de la deuxième il a la couleur brun-uni du manteau et des ailes. Avec les parties inférieures plus claires, il est dépourvu de couleurs vives et du moindre dessin ou ornement (sourcil, taches sur la poitrine, barres alaires…). Toutefois, amateur des fourrés hauts et denses de saules, ronces et prunelliers, au milieu desquels il reste caché, il est rare qu’il se laisse entrevoir. Et c’est donc surtout à sa voix que l’on s’aperçoit de sa présence et qu’on l’identifie. Le timbre fluté et mélodieux rappelle ceux du Merle noir et de la Grive musicienne. Mais les phrases plus longues et complexes sont très caractéristiques de l’espèce.

Comme d’autres insectivores, le Rossignol philomèle est un grand migrateur hivernant au sud du Sahara. Au printemps, les premiers oiseaux réapparaissent en Bretagne début avril, et l’essentiel des populations avant la fin de ce mois. Dès leur arrivée, les mâles établissent des territoires qu’ils délimitent par leur chant, pour y attirer une femelle et s’y reproduire. Dès la mi-juin, le Rossignol se fait discret et ne laisse plus entendre que quelques cris. Les départs vers le sud commencent en été et battent leur plein en août, mais comme ils ne chantent plus à cette saison, il sont alors bien difficile à détecter.

Largement répandu dans toute la région au début du XXè siècle, son aire de répartition a progressivement régressée depuis. Le dernier atlas des oiseaux nicheurs de Bretagne (2012) ne l’indique plus nicheur dans le Finistère, ni en Côte d’Armor. Dans le Morbihan, on ne le trouve plus que sur la rive est du Golfe et à proximité de la Vilaine. En Ille-et-Vilaine, il n’est présent que dans le quart sud-est. La Loire-Atlantique est, finalement, le seul département breton ou il est encore relativement abondant. Les causes de ce lent déclin, commencé il y a déjà longtemps, ne sont pas clairement établies.

 

 

Avril 2016

La Sterne pierregarin

Plouf ! Non loin du rivage, un oiseau vient de plonger tête la première sur un poisson repéré en vol de quelques mètres de haut. Il reparaît bientôt reprenant son envol en s’ébrouant, dans une nuée de gouttelettes roulant sur son plumage. La proie, elle, est déjà avalée, à moins qu’elle ne fasse l’objet d’une offrande de courre à une partenaire posée non loin de là, sur une bouée, un piquet ou un rocher. Les sternes pierregarin sont de retour ! Après avoir passé l’hiver sur les côtes d’Afrique de l’ouest, elles regagnent en ce moment même notre région, pour la saison des amours. Elles en repartiront courant septembre.

Plumage blanc, longues ailes fines et manteau gris, queue effilée, petite « casquette » noire sur la tête, courtes pattes rouges, bec acéré, rouge à pointe noire, voici la plus commune de nos « hirondelles de mer ».

En Bretagne elle colonise, pour nicher, des îlots rocheux isolés, des marais endigués ou encore des infrastructures artificielles telles que d’anciens chalands ostréicoles dans le golfe du Morbihan ou un gabion dans le port de Brest. Sur ces sites épargnés des perturbations humaines, de préférence inaccessibles aux prédateurs terrestres et jamais loin de zones d’eau libres peu profondes où foisonnent sprats, lançons ou autres petits alevins, les sternes pierregarin nichent en couples isolés ou en colonies grégaires pouvant compter plusieurs dizaines d’individus. Le nid rudimentaire est confectionné à même le sol en creusant une petite cuvette à peine agrémentée de brindilles, d’algues ou de fragments de coquillages où seront déposés généralement 3 œufs. Une vingtaine de jours plus tard, en mai ou juin, les poussins tout frais éclos seront nourris assidûment par les deux parents, se relayant pour couver les jeunes poussins et les ravitailler en poissons. Si tout va bien, ils prendront leur envol quelques semaines plus tard.

La Bretagne, Loire Atlantique comprise, compte une soixantaine de sites occupés chaque printemps par la sterne pierregarin pour un total de plus de 1 500 couples nicheurs. Elle bénéficie depuis les années 1980 d’actions de protection.

 

 

Mars 2016

Le Pouillot véloce

Le Pouillot véloce est un petit passereau très commun dans les boisements, les friches, les haies et même dans les parcs et les jardins. Toutefois il est peu connu du public car avec ses teintes neutres, il se fond dans les branchages et feuillages.

Cette espèce de pouillot est présente sur l'ensemble du continent européen, où elle se reproduit, avant d'hiverner du sud de l'Europe jusqu'à l'Afrique sahélienne

En hiver, le Pouillot véloce est présent, mais peu abondant,sur le littoral breton où l'on retrouve des oiseaux sédentaires, mais aussi des individus venus des îles britanniques, de Scandinavie et d'Europe centrale. Le passage pré-nuptial se ressent dès la fin février où à la faveur de journées ensoleillées des individus entament déjà quelques strophes de leur chant. C’est à partir de mars qu’il chante dans la plupart des milieux boisés. On le verra alors facilement se nourrir dans la végétation à la recherche d'invertébrés volants. Son chant répétitif est d'ailleurs très caractéristique et lui a valu son surnom de « compteur d'écus ». Peu craintif, le Pouillot véloce s'approche facilement de l'observateur qui s'apercevra alors de la variété des nuances vertes et jaunes de son plumage.

Le nid, formé de brindilles sèches, est construit uniquement par la femelle à partir de la mi-avril. En France, il fait partie des espèces nicheuses les plus communes. Courant septembre et octobre, lors de la migration vers le sud, on peut parfois l’observer en nombre dans les fourrés et les haies sur le littoral.

 

 

Février 2016

Le Bécasseau variable

Le Bécasseau variable

C’est un petit échassier (ou limicole) d’une vingtaine de centimètres de longs, dont la masse dépasse rarement 60 grammes. Il se reproduit dans les zones tempérées, mais surtout boréales et arctiques, dans tout l’Hémisphère nord. Les oiseaux qui fréquentent la Bretagne proviennent de vastes territoires répartis du nord du Groenland à l’ouest de la Sibérie.

Ce bécasseau est présent presque toute l’année en Bretagne. Il est cependant très peu abondant en juin et juillet, tandis que les plus forts effectifs sont observés de novembre à février. C’est le limicole le plus abondant dans la région en hiver, dont les effectifs peuvent atteindre 130 000 individus en janvier. Les principales concentrations sont localisées en baie du Mont-Saint-Michel et dans le golfe du Morbihan.

On le rencontre sur la majeure partie du littoral, mais les plus forts effectifs sont localisés dans les baies et estuaires, là où existent de vastes étendues de sédiments sableux et surtout vaseux. Il s’y nourrit de petits invertébrés, mais aussi de biofilm (micro-organismes).

 

 

Janvier 2016

Mésange bleue
La mésange bleue

La Mésange bleue

La Mésange bleue est, avec le Merle noir et le Rouge-Gorge familier, probablement un des oiseaux du jardin les plus connus du grand public. C’est un petit passereau de 10-12 cm, au ventre jaune, au dessus du corps vert et bleu et à la face blanche soulignée d’un trait noir qui part de la gorge, souligne le collier et revient au bec par un trait sourcilier. Enfin la calotte est bleue. On la différentie de sa cousine la Mésange charbonnière, elle aussi fréquente dans les jardins, qui a une tête noire avec les joues blanches, ainsi qu’une large bande médiane noire sur la poitrine

La Mésange bleue est une espèce sédentaire que l’on rencontre dans de nombreux habitats mais particulièrement dans les jardins, le bocage et en forêt. C’est une espèce peu exigeante en terme de milieu.

C’est un oiseau insectivore qui recherche sa nourriture (en particulier les petites chenilles au printemps) dans le feuillage des arbres. Mais en hiver c’est un des premiers à venir sur les boules de graisse du jardin ou sur les graines de tournesol.

La reproduction a lieu au printemps et en été. Les œufs sont déposés dans une cavité (arbre, mur, poteau,…). En effet, à l’instar des autres mésanges, la mésange bleue est cavernicole.

Son statut de préservation est satisfaisant. C’est une espèce fréquente, plus de 20 millions de couples en Europe avec, qui plus est, une tendance à la croissance.