Le Grand murin (Myotis myotis) en Bretagne et Pays de la Loire

Constatant que le déclin des populations de chauves-souris était mal décrit et mal expliqué, Bretagne Vivante a initié une étude tout à fait originale sur la dynamique des populations de Grand murin (Myotis myotis) en 2010. Ce projet a permis par la suite de mettre en place une collaboration avec l’université de Dublin, qui s’intéresse à la longévité exceptionnelle des chauves-souris. Le projet présenté ci-dessous comporte donc deux volets complémentaires, puisqu’à partir des mêmes sessions de capture et une mutualisation des compétences naturalistes et scientifiques, il va permettre d’augmenter nos connaissances à la fois sur la dynamique des populations et un trait particulier aux chauves-souris, à savoir leur longévité.

Cette étude vise en premier lieu à connaître l’état de santé de ces colonies de mise-bas et à mettre en place des outils rigoureux et robustes d’estimation des paramètres écologiques et démographiques de cette espèce. Le marquage individuel à l'aide de transpondeurs permettra de contrôler les déplacements des chauves-souris au cours de l’année et de connaître leur devenir à long terme (survie et dispersion). Il a aujourd’hui pour second objectif d’accroître nos connaissances sur la longévité des chauves-souris et les mécanismes de vieillissement tels qu’ils sont à l’œuvre dans des populations naturelles.

Les objectifs :

Estimer les paramètres démographiques (survie, fécondité) de la population afin de connaître sa dynamique ;

• Étudier la dispersion hivernale  ;

• Étudier la dispersion automnale ;

• Identifier les zones de chasse autour des nurseries et les caractériser ;

• Évaluer la fidélité des individus à leur colonie de naissance et les échanges avec d’autres colonies ;

• Mieux connaître le rythme d’activité en période de reproduction notamment en fonction du climat ;

• Identifier les mécanismes moléculaires qui permettent aux chauves-souris d’avoir une longévité importante. En utilisant les transcriptomes et longueurs des télomères des populations Bretonnes de Myotis myotis, nous allons identifier en détails les changements moléculaires liés au vieillissement dans une population naturelle ; la caractérisation de ces mécanismes permettra de comprendre comment les chauves-souris vieillissent si doucement en comparaison avec d’autres mammifères, dont les humains.

La méthodologie :

• Équiper les individus, issus des colonies de mise-bas sélectionnées, à l'aide de transpondeurs (marquage individuel des jeunes et des adultes chaque année);

• Enregistrer les allées et venues des individus au sein des nurseries afin de mieux cerner leur rythme d’activité au fil des années (influence de la météorologie ou encore de l’éclairage urbain), leur fidélité au gîte de mise-bas et les échanges entre les colonies ;

• Suivre leur dispersion sur leur zone d’alimentation, au sein de leurs gîtes d’hibernation et d’accouplement pour identifier leur aire de répartition.