lundi 5 décembre 2016

Jean-Claude Demaure, un lanceur d'alerte qui a réussi !

Estuaire de la Loire

Article Bretagne Vivante Magazine n°33

« L’eau et les milieux aquatiques sont ma seconde nature, la Loire appartient désormais à ma culture ».
Cette phrase de Jean-Claude, extraite d’un Ouest France d’août 2001, résume ce qu’il nous a transmis dans le laboratoire de zoologie de la faculté des Sciences de Nantes où il arrive en 1960.
Il prend conscience1 que des centaines d’hectares de zones humides et de vasières sont détruites dans l’estuaire de la Loire sans que personne ou presque ne lève le petit doigt.
Il commence un combat, installe la SEPNB à Nantes2. Persuasif il nous y fait adhérer, et nous allons le suivre dans ses combats. (Un document de base : Penn ar Bed n°97 de juin 1977, un symbole : l’affiche la Loire Estuaire mort ou vif, projection débat)
Mobilisation contre le projet de rocade de la Baule (1973-74) pour sauver les marais salants de Guérande qui sont en pleine renaissance, contre les remblaiements dans l’estuaire et les projets de centrales nucléaires, le Pellerin ( 1977-1984), le Carnet, suite illogique, (1997).
En 1982, il crée la première maison de la nature en Pays de la Loire : Bois Joubert.
Jean-Claude est un pragmatique. Pour lui, « il ne suffit pas d’opposer le développement et la protection de la nature, il s’agit d’intégrer le développement à l’environnement (2001) »3, d’où son engagement, avec succès, en politique au sein de la nébuleuse écologique de l’époque.
Adjoint au maire de Nantes chargé de l’environnement et conseiller régional, il s’engage dans la protection globale de la Loire au sein de l’EPALA (Établissement Pour l’Aménagement de la Loire et ses Annexes).
Tout ceci est reconnu et, après ses mandats politiques, il est nommé président du Conseil d’administration de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne en 2001, à la surprise et sous les grognements des hauts fonctionnaires de Polytechnique et des Eaux et Forêts habituellement nommées à ce poste.
Jean-Claude est toujours resté à l’écoute des associations, il facilite l’émergence de la coordination Loire Vivante qui fédère de nombreuses APNE4 pour la sauvegarde du caractère naturel du fleuve.
Lors de son mandat à la Mairie de Nantes, il supervise l’Agenda 21 et met en place le Conseil Consultatif Nantais de l’Environnement (CCNE), auquel il nous associe en confiant à Bretagne Vivante le travail de recensement des sites naturels à vocation pédagogique proches des écoles nantaises.
En tant qu’universitaire, il siège au Conseil scientifique régional et est de bon conseil pour le dossier de classement de la tourbière de Logné en réserve naturelle régionale.
Son dynamisme et son charisme font qu’un groupe de personnalités d’horizons différents, économiques et environnementaux, va le suivre dans un grand projet de Maison de l’environnement de l’agglomération nantaise, qui deviendra en 2000 Ecopôle.
Tout ceci fait que, dans notre département, s’activent trois antennes de Bretagne Vivante et une bonne équipe de salariés.
Jean-Claude est décédé le 19 août dernier.

MICHEL MAYOL

 

1 avec le professeur Dupont, qui fut lui aussi président de la SEPNB

2 Il en sera président

3 15 années après, nous constatons que ce concept est malheureusement inversé, et que au mieux, mesures compensatoires après mesures compensatoires, ce sont des environnements stérilisés qui sont intégrés dans le développement : continuons le combat !

4 Association de Protection de la Nature et de l’Environnement

 

Les articles rédigés par Jean-Claude Demaure seront bientôt disponibles ici...