mardi 30 août 2016

Océanite tempête : étude d’un mystérieux oiseau dans l’archipel de Molène

Réserve Naturelle Nationale d'Iroise

Le baguage du 25 000ème oiseau a eu lieu cet été !

 

L’archipel de Molène, à la pointe du Finistère, abrite les plus importantes colonies françaises d’océanites tempêtes, un petit oiseau marin encore bien mystérieux, qui doit son nom au fait qu’il n’est aperçu près des côtes que lors de grandes tempêtes. L’espèce est étudiée par Bretagne Vivante depuis le milieu des années 1970.

La Bretagne a une responsabilité forte envers l’océanite tempête, avec environ un millier de couples pour une vingtaine de colonies, soit près de 90 % de la population française. Les océanites tempêtes sont les plus petits et les plus légers oiseaux marins d’Europe, avec une envergure de moins de 40 cm et un poids d’environ 26 g, soit l’équivalent de… quatre morceaux de sucre ! L’espèce vit en haute mer, et ne vient à terre que pour les besoins de la reproduction. En hiver, les oiseaux migrent au large des côtes africaines, et reviennent dans notre région au printemps.

 

Un oiseau très secret…

Ses caractéristiques biologiques, petite taille, vie nocturne et nidification dans des cavités expliquent que l’espèce demeure, encore aujourd’hui, mal connue. « Dès le mois d’avril, explique Bernard Cadiou, ornithologue et expert des oiseaux marins à Bretagne Vivante, les océanites sont de retour sur les colonies. Ils ne viennent à terre qu’à la nuit tombée et les îles s’animent alors de petites silhouettes fantomatiques virevoltant à quelques mètres du sol, avec les mâles qui chantent au fond de leur terrier. Toute cette activité nocturne s’arrête avant les premières lueurs. En journée, tout est calme. »

 

…mais fragile et menacé

Les prédateurs introduits par l’homme, rats, visons d’Amérique et chats, mais aussi d’autres prédateurs naturels comme les goélands, constituent une menace pour les océanites. Des colonies ont disparu en France durant les dernières décennies, à la fois sur le littoral Manche-Atlantique et en Méditerranée. Les changements qui affectent le milieu marin sont également susceptibles d’avoir des impacts sur l’espèce, qui se nourrit principalement de zooplancton.

« Pour l’équipe de la Réserve naturelle nationale d’Iroise, continue l’ornithologue, les missions sur le terrain commencent en avril et vont durer jusqu’en octobre. Au programme : le recensement du nombre de couples nicheurs, l’estimation du succès de la reproduction, le baguage des adultes et des poussins, ainsi que le suivi de l’intensité de la prédation par les goélands. » Le programme de baguage à long terme mené en Iroise un est l’un des plus anciens qui existent sur les oiseaux marins en France métropolitaine.

Toutes ces études vont permettre de mieux connaître les mœurs de cet étonnant petit oiseau, à la fois à des fins scientifiques mais aussi dans le but, à l’avenir, de pouvoir mieux le protéger sur notre territoire.

 

Photo © Uéline Courcoux Caro

 

Pour suivre les aventures de l'océanite en Iroise, rendez-vous sur la page de la Réserve Naturelle d'Iroise !