Durant ses premières semaines, le poussin d’océanite est une boule de duvet © Hélène Mahéo

lundi 8 août 2016

Épisode 5 – Élevage des poussins, des boules de graisse et de duvet

Réserve Naturelle d'Iroise

Le mois d’août est la période d’élevage des poussins. Ils restent seuls dans leur terrier toute la journée et attendent le retour des parents pendant la nuit pour avoir leur repas. Les petits sont nourris principalement avec de la purée de poisson ou de l’huile de poisson, le plus souvent de l’ordre de 6 à 8 grammes par repas. Cette nourriture très riche leur permet de prendre rapidement beaucoup de poids et les poussins sont des boules de graisse et de duvet. Vers 50 jours, bien nourris, ils atteignent ainsi plus de 40 grammes, soit environ une fois et demie le poids de leur parents. Certains pèsent même parfois plus de 50 grammes.

Quand les conditions météorologiques sont mauvaises et que les parents tardent de trop à venir ravitailler leur jeune poussin, il arrive parfois que celui-ci rentre dans un état de torpeur, avec une hypothermie temporaire pour limiter les dépenses énergétiques. Si les parents reviennent à temps dans les jours qui suivent, le poussin pourra reprendre des forces, mais sinon c’est la mort assurée…

Quand les ornithologues les manipulent, il est fréquent que les océanites régurgitent de l’huile, sur leurs mains ou sur leurs vêtements. Dans un ouvrage publié dans les années 1870, il était écrit que « la femelle défend son nid en lançant sur le dénicheur une matière huileuse et fétide, qui suinte des narines. Cette matière produit dans les yeux de ceux qui en sont atteints en effet terrible, et quelques fois elle occasionne la mort ». Fort heureusement, ces effets dramatiques ne sont que pure invention, et la médecine du travail ne s’inquiète guère pour la santé des ornithologues qui manipulent l’espèce ! 

À l’heure actuelle, nous ne savons pas du tout où les océanites vont s’alimenter et chercher de la nourriture pour leur poussin. Dans les années à venir, le Parc naturel marin d’Iroise devrait mettre en place un suivi des oiseaux en mer, avec des observations régulières depuis des bateaux, qui apportera des éléments particulièrement intéressants pour l’océanite, comme d’ailleurs pour toutes les autres espèces d’oiseaux marins de la mer d’Iroise. La pose de balises GPS miniaturisées sur les oiseaux est également une technique de suivi à envisager pour continuer à percer les mystères de la vie des océanites.

Durant le mois d’août, les poussins sont capturés dans leur terrier pendant la journée, puis ils sont bagués et pesés, ce qui permet de voir s’ils sont bien nourris, leur condition corporelle pouvant servir d’indicateur de l’état des ressources alimentaires dans le milieu marin.

En août, c’est aussi la troisième et dernière session de capture nocturne des océanites. À cette période de l’année, les jeunes prospecteurs sont beaucoup moins nombreux à visiter les colonies et ce sont surtout des reproducteurs qui sont capturés dans les filets. Bien que les nuits soient plus longues qu’en juin et juillet, le nombre d’oiseaux capturés est bien moins important.

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