jeudi 12 mai 2016

Épisode 2 - Pour vivre heureux, vivons cachés !

Réserve Naturelle Nationale d'Iroise

Les océanites se reproduisent toujours à l’abri, dans des cavités naturelles sous des blocs rocheux ou dans des fissures, ou dans d’anciens terriers de lapins. Ils ne construisent pas de nid et, une fois qu’ils ont élu domicile dans une anfractuosité ou un terrier, ils grattent juste une légère cuvette dans le sol, où la femelle pondra son œuf. Quelques couples agrémentent néanmoins leur cuvette avec des brindilles ou des morceaux de lichen.

Si les océanites ne se reproduisent pas à découvert, s’ils ne viennent à terre que pendant la nuit et s’ils évitent les périodes de pleine lune, c’est pour limiter les risques de prédation par les goélands, ou aussi par les labbes sur les colonies plus nordiques. Mais ce n’est pas suffisant pour être totalement en sécurité car certains goélands chassent aussi la nuit et attrapent les océanites au sol, avant qu’ils ne rentrent se mettre à l’abri dans les terriers. Dans l’archipel de Molène, il y a même des hérons cendrés qui chassent les océanites la nuit, à l’affût près des terriers !

Durant les fortes tempêtes hivernales, il arrive parfois que les paquets de mer détruisent les sites de reproduction des océanites, en renversant les blocs rocheux ou en remaniant les cordons de blocs empilés par les vagues sur le pourtour des îles. Mais, dans le même temps, ces remaniements de blocs créent aussi de nouveaux sites potentiels qui peuvent être rapidement colonisés par les oiseaux. Dans l’archipel de Molène, tous les sites occupés par les océanites ont été minutieusement cartographiés depuis les années 1970 et positionnés en 2006 grâce à un GPS avec une précision centimétrique, en collaboration avec le laboratoire universitaire Geomer. Cette nouvelle cartographie facilite grandement le travail de terrain pour les recensements, avec plus de 2 000 sites à inspecter tous les ans, mais qu’il faut retrouver dans la végétation ou parmi les blocs rocheux. Cela permet aussi de mener des analyses sur l’évolution de la répartition spatiale des zones occupées par les océanites sur les colonies, influencée par les modifications de l’habitat ou par la prédation.

L’inspection des terriers sur une zone témoin le 10 mai 2016 a permis à l’équipe de la Réserve naturelle de dénombrer 25 sites occupés par des couples ou des oiseaux seuls, dont un adulte qui couvait son œuf, le premier de la saison. En Bretagne, les premières pontes les plus précoces s’observent généralement au début du mois de mai, et elles vont s’étaler jusqu’au début du mois d’août.

 

Photo : L’inspection des terriers se fait la main, à la lampe ou à l’aide d’un endoscope, petite caméra que l’on insère dans le terrier. © Hélène Mahéo

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