mercredi 5 juillet 2017

Bonne nouvelle : les sternes se portent de mieux en mieux dans l’archipel des Glénan

Île aux Moutons

Suite au dénombrement des nids de sternes sur la colonie principale de l’île aux Moutons, l’une des îles de l’archipel, dans le Finistère, Bretagne Vivante se réjouit d’une bonne nouvelle : le nombre de nids a encore augmenté cette année. Preuve que les efforts de protection de la nature, ça sert à quelque chose !

Dénombrer les nids de sternes n’est pas une mince affaire. Une équipe de 17 personnes a été nécessaire : au total 2 866 nids de sternes ont été comptés, soit 535 de plus que l'année dernière !

La colonie est composée de différentes espèces, qui se répartissent ainsi : Sterne caugek = 2 552 nids (2 047 en 2016), Sterne pierregarin = 271 nids (238 en 2016) et Sterne de Dougall = 43 nids (46 en 2016) en sachant que certains couples s’installent souvent après la journée de comptage. Donc il se pourrait que d'autres sternes de Dougall aient la bonne idée de venir grossir les troupes.

Une sterne élégante (très rare dans nos contrées) a même été vue plusieurs semaines sur le site et une autre sterne élégante hybride a formé un couple avec une sterne caugek.

La colonie de sternes de l’île aux Moutons est la plus grosse colonie bretonne en nombre de couples reproducteurs. C’est aussi la première colonie française concernant la sterne de Dougall, espèce dont le statut de conservation est estimé « en danger critique d’extinction ». Enfin il s’agit de la seconde colonie française pour la sterne caugek après celle du Banc d’Arguin, en Gironde.

Mais pourquoi cette augmentation ? Un tel succès de reproduction est lié au cumul de différents facteurs : un site propice pour l’édification des nids, des ressources proches en nourriture et surtout une limitation des dérangements pour une espèce très sensible à la fréquentation humaine. Ces dérangements sont canalisés par la présence d’un « gardien », mise en place par Bretagne Vivante, d’avril à août sur l’île. Son rôle est de veiller à la tranquillité des oiseaux, à la réalisation des suivis scientifiques et à la sensibilisation des visiteurs débarquant sur l’île.

 

Mais au fait, comment ça se compte, des nids de sternes ?

Le groupe des compteurs était réparti en trois équipes, dédiées chacune à une seule espèce de sternes. Muni de carnets à souches de couleurs différentes, chaque compteur devait déposer un ticket dans chaque nid, avec le code couleur correspondant à l'espèce et au contenu du nid (1, 2 ou 3 œufs). Certains œufs avaient déjà éclos, avec parfois 1 ou 2 poussins. Le comptage a duré environ 50 minutes à cause du grand nombre de nids répertoriés et les sternes sont revenues sur leurs œufs peu de temps après notre passage.

Un travail pas facile ! Selon Catherine Chebahi, conservatrice bénévole de la réserve, « l'expression « marcher sur des œufs » risquait cette année, vu la densité des nids, de prendre tout son sens, obligeant les compteurs munis de leur carnets à souche à se livrer à des acrobaties et contorsions diverses pour réussir sans faire d'omelette à placer leurs pieds judicieusement dans les minuscules espaces libres ! Gros avantage pour les petites pointures. »

La bonne santé de cette colonie de sternes est indéniablement liée à la présence indispensable des membres de Bretagne Vivante sur le site durant toute la période de reproduction. Par le passé, la colonie a failli totalement disparaitre à cause de cette absence de surveillance et les sternes de Dougall ont déserté l’île pendant de nombreuses années. Nous nous réjouissons de pouvoir observer aujourd’hui le résultat de tous ces efforts.